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 Howard Zinn sur la désobéissance civile (1970)...

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Golden Awaken
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MessageSujet: Howard Zinn sur la désobéissance civile (1970)...   Jeu 9 Oct - 15:05

Howard Zinn sur la désobéissance civile (1970)...

Howard Zinn était un historien et un politologue américain
qui a beaucoup écrit au sujet de la lutte pour les droits civiques. Pendant la Seconde Guerre mondiale,
il s'engage dans l'armée de l'air et est nommé lieutenant bombardier naviguant.
Son expérience dans l'armée a été le déclencheur de son positionnement politique pacifiste
qui élève au rang de devoir la désobéissance civile.



~ La désobéissance civile au XXIème siècle (larges extraits)(Résistance 71) ~

Le problème c’est l’obéissance civile... Je pars de l’hypothèse que le monde est sens dessus-dessous, que les choses vont mal, que ceux qui ne devraient pas être en prison le sont et ceux qui le devraient ne le sont pas, que ceux qui ne devraient pas être au pouvoir le sont et ceux qui devraient avoir plus de pouvoir n’en ont pas, que les richesses, non seulement dans ce pays, mais dans le monde entier, sont distribuées de telle façon qu’il ne s’agit pas de faire une petite réforme, mais une refonte totale du système de redistribution des richesses. Je pars de l’hypothèse que nous n’avons pas grand-chose à dire là-dessus : il nous suffit de nous pencher sur l’état du monde actuel pour réaliser que c’est le chaos. Daniel Berrigan, prêtre catholique et poète pacifiste, est en prison tandis que J. Edgar Hoover est libre. David Dellinger, qui dénonce les guerres depuis tout petit avec toute son énergie et sa rage, risque fort de se retrouver en prison, alors que les responsables du massacre de My Lai ne font l’objet d’aucune poursuite en justice. Ils sont à Washington, où ils occupent divers postes plus ou moins importants en relation avec le déclenchement de massacres, qui les étonnent quand ils se produisent. A l’université d’état du Kent, quatre étudiants ont été tués par la garde nationale et des étudiants ont été inculpés. Dans chaque ville de ce pays, lors de manifestations, ceux qui sont présents, qu’ils aient manifesté ou pas, quoi qu’ils aient fait, sont agressés et matraqués par la police, puis sont arrêtés et détenus pour avoir agressé un policier.


~ Ferguson : Proof That America is Turning Into a Militarized Police State (The Vigilant Citizen) ~

J’ai analysé ce qui se passe tous les jours dans les tribunaux de Boston, Massachussetts. Vous seriez suffoqué, ou peut-être pas si vous êtes au courant, si vous avez connu cela, si vous avez réfléchi à la question, si vous avez été choqué par la série d’injustices quotidiennes qui s’insinuent au sein de cette merveilleuse institution qu’on appelle la procédure en bonne et due forme. Eh bien, c’est là-dessus que je fonde mon raisonnement. Il vous suffit de lire la correspondance depuis la prison de Soledad de George Jackson, condamné à une peine de prison allant d’un an à la perpétuité, et qui est resté dix ans en prison pour avoir braqué une station-essence pour 70 dollars. Et puis, il y a ce sénateur qui est soupçonné de prélever 185 000 dollars par an, ou quelque chose d’avoisinant, sur les déductions d’impôts pour épuisement des réserves pétrolières. Pour l’un c’est du vol, pour l’autre c’est légal. Il y a un problème, il y a un énorme problème quand on véhicule dans tout le pays 10 000 bombes bourrées de gaz neurotoxiques et qu’on s’en va les larguer dans le jardin du voisin pour ne pas endommager le nôtre. Alors, au bout d’un moment, on perd toute notion. Si on ne réfléchit pas, si on ne s’informe qu’à la télévision ou en lisant les publications universitaires, on finit par se dire que la situation n’est pas si catastrophique que cela et que les problèmes ne concernent que des questions marginales. Mais si on prend un peu de recul, on se rend compte que c’est l’horreur. Et c’est donc la raison pour laquelle nous devons partir de l’hypothèse que tout est véritablement chaotique.

Winston Churchill a écrit:

« Je ne comprends pas les réticences en ce qui concerne l’utilisation de gaz. Nous avons définitivement adopté à la Conférence de paix la position de retenir le gaz comme méthode permanente de guerre... Je suis fortement en faveur de l’usage de gaz toxiques contre des tribus qui ne sont pas civilisées » (Winston Churchill, War Office Minute, 12 mai 1919).

~ Armes de destructions massives : 5 guerres, 3 continents et les mêmes mensonges (Felicity Arbuthnot, Investig'Action) ~

Et le sujet de réflexion, la désobéissance civile, est pris à l’envers. Dès qu’on parle de désobéissance civile, on se dit que le problème, c’est la désobéissance civile. Ce n’est pas cela, notre problème… le problème, c’est l’obéissance civile. Notre problème, c’est le nombre incalculable de gens qui ont obéi aux diktats de leurs dirigeants et qui sont partis en guerre partout dans le monde entier, et que cette obéissante s’est traduite par des millions de morts. Notre problème, c’est cette scène du film « A l’Ouest rien de nouveau », où on voit des écoliers défiler consciencieusement pour aller faire la guerre. Notre problème, c’est que les gens sont soumis, partout dans le monde, face à la pauvreté, à la famine, à la bêtise, à la guerre et à la cruauté. Notre problème, c’est que les gens obéissent et que les prisons sont pleines de petits délinquants, tandis que les grands truands gèrent le pays.


~ Le Nouvel Ordre Mondial n'a aucune chance de voir le jour (Le Dormeur doit se Réveiller) ~

C’est cela, notre problème. On comprend cela quand il s’agit de l’Allemagne nazie. On sait que le problème, c’est la soumission, que les gens ont obéi à Hitler. Les gens ont obéi, c’était mal. Ils auraient dû se rebeller et résister au système et si seulement nous avions été là, nous leur aurions montré. Même dans la Russie de Staline, on constate cela : les gens sont dociles, ce sont des moutons. Mais l’Amérique est différente. C’est ce qu’on nous a inculqué depuis toujours. Depuis que nous sommes tout petits, j’entends encore ce discours résonner dans les instructions de M. Frankel, choisissez une, deux, trois, quatre, cinq choses plaisantes concernant l’Amérique et que nous ne voulons pas trop voir bousculées. Mais si nous avons appris quoi que ce soit ces dix dernières années, c’est que ces belles choses concernant l’Amérique n’ont jamais été belles. Depuis le début, nous sommes expansionnistes, agressifs, et cruels envers les autres. Et nous sommes agressifs et cruels envers les gens de ce pays, et nous redistribuons les richesses de manière très injuste. Et il n’y a jamais eu de justice dans les tribunaux pour les pauvres, pour les Noirs, pour les contestataires. Comment peut-on prétendre fièrement que l’Amérique est unique ? Elle n’est pas unique. Absolument pas. L’obéissance civile ; eh bien, c’est ce dont nous allons parler, c’est notre problème. La loi est très importante. Nous parlons ici d’obéissance à la loi : la loi, cette merveilleuse invention des temps modernes, que nous attribuons à la civilisation occidentale et dont nous parlons avec fierté. Le droit, oh, comme ils sont extraordinaires tous ces cours sur la civilisation occidentale, donnés dans tout le pays. Souvenez-vous de l’époque sinistre où la population était exploitée par le régime féodal. Tout était abominable au Moyen-âge, mais maintenant, nous avons la civilisation occidentale, l’état de droit. Le droit a normalisé et exploité au maximum l’injustice qui existait avant lui, c’est cela qu’a fait le droit. Examinons tout d’abord le système de manière réaliste et non pas avec cette satisfaction métaphysique avec laquelle nous le considérons depuis toujours.


~ Ces banques au-dessus des lois (Le Dormeur doit se Réveiller) ~

Quand, dans tous les pays du monde, le droit est le chouchou des dirigeants et un fléau pour le peuple, alors nous devons commencer à reconnaître ceci. Nous devons dépasser les frontières nationales dans notre réflexion. Nixon et Brejnev ont plus en commun entre eux que nous avec Nixon. J. Edgar Hoover a plus en commun avec le chef de la police secrète soviétique qu’avec nous. C’est cet engagement international aux lois qui crée de solides liens d’amitié entre eux. C’est pour cela que nous sommes toujours surpris de voir que, lorsqu’ils se retrouvent, ils sourient, se serrent la main, fument le cigare ensemble, s’apprécient mutuellement, et cela, indépendamment de leurs discours officiels. C’est comme les partis républicain et démocrate, qui prétendent qu’il y aura un grand changement si l’un ou l’autre l’emporte, et pourtant, c’est toujours la même chose. Au bout du compte, c’est eux contre nous. Yossarian avait raison, vous vous souvenez dans Catch 22 ? Il avait été accusé d’avoir fourni de l’aide et du réconfort à l’ennemi, ce dont personne ne devrait jamais être accusé et Yossarian avait alors dit à son ami Clevinger : « L’ennemi c’est celui qui te fera tuer, de quelque camp qu’il soit ». Mais comme ces paroles n’avaient provoqué aucune réaction, il avait ajouté : « mets-toi bien ça dans le crâne, sinon, un jour ou l’autre tu vas te retrouver mort ». Et, souvenez-vous, peu de temps après ça, Clevinger était tué. On ne doit jamais oublier que nos ennemis ne sont pas séparés par les frontières, que ce ne sont pas des gens qui parlent une langue différente et qui vivent dans des territoires différents. Les ennemis sont ceux qui veulent nous tuer.

On nous dit : « et si tout le monde désobéissait à la loi ? » Mais il vaudrait mieux poser la question : « et si tout le monde obéissait à la loi ? » La réponse à cette question est bien plus facile à trouver car nous avons énormément de preuves empiriques de ce qui se passe quand tout le monde obéit à la loi, ou même quand la majorité de la population le fait. Ce qui se passe, c’est ce qui s’est passé, ce qui se passe actuellement. Pourquoi les gens se prosternent-ils devant la loi ? Et c’est ce que nous faisons tous, même moi je dois lutter, car c’est ancré au plus profond de moi-même depuis que je suis petit, du temps où j’étais louveteau. Une des raisons qui font qu’on se prosterne devant la loi, c’est son ambivalence. À l’époque actuelle, on se retrouve avec des mots, des expressions qui ont plusieurs significations, comme par exemple « sécurité nationale ». Ah oui, il faut agir au nom de la « sécurité nationale ». Ok, qu’est-ce que cela veut dire ? La sécurité nationale de qui ? Où ? La loi recèle bien des choses. La loi, la Déclaration des Droits, en fait, c’est ce à quoi on pense en vénérant la loi. La loi est censée nous protéger, la loi, ce sont nos droits, la loi, c’est la constitution. Le jour de la célébration de la « déclaration des droits », il y a un concours de dissertations sur le sujet organisé par la Légion Américaine, c’est ça, la loi. Et c’est ça qui est bien.


~ Le retour de George Orwell et la guerre de Big Brother... (Jofhn Pilger via El Correo) ~

Cela a commencé il y a bien longtemps. Quand la Déclaration des Droits a été adoptée pour la première fois, vous vous rappelez, dans le premier gouvernement de Washington ? Super ! La Bill of Rights a été votée ! Gros battage médiatique. Et, parallèlement, le programme économique d’Alexander Hamilton était adopté aussi. Sympa, discret, l’argent pour les riches, je schématise, mais pas tant que cela. C’est avec le programme économique d’Hamilton que tout a commencé. On peut relier directement son programme économique à la loi sur les réductions d’impôts pour l’épuisement des réserves de pétrole, et les dégrèvements d’impôts pour les entreprises. C’est de cela qu’il s’agit, depuis le tout début. Matraquage pour la Déclaration des Droits, discrétion pour les lois sur l’économie. Vous savez, faire respecter les différentes parties de la loi est aussi important que la publicité faite autour des différentes parties de la loi. La Déclaration des Droits est-elle respectée ? Pas vraiment. On s’aperçoit que la liberté d’expression en droit constitutionnel est une notion difficile et ambiguë. Personne ne peut vraiment dire à quel moment on peut s’exprimer librement et quand on n’en a pas le droit. Lisez simplement toutes les décisions de la cour suprême des Etats-Unis. Parlons-en du caractère prévisible du système quand on n’a aucune idée de ce qui va arriver si on se met à haranguer les gens sur la place publique ! Cherchez les différences dans les affaires Terminiello et Feiner et essayez de deviner comment elles se sont conclues. En passant, il y a une partie de la loi qui, elle, n’est pas vague du tout et qui concerne le droit des citoyens de distribuer des tracts dans la rue. La cour suprême a été très claire là-dessus. A chacune des décisions qu’elle prend, elle rappelle le droit inaliénable des citoyens à distribuer des tracts dans la rue. Faites le test. Descendez dans la rue distribuer des tracts. Un policier va venir vous voir pour vous dire de partir, vous lui répondez alors : « Ah ah ! Vous ne connaissez pas l’arrêt que la Cour Suprême a rendu à la suite de l’affaire Marsh contre l’état d’Alabama en 1946 ? » C’est cela la réalité de la Déclaration des Droits. C’est cela la réalité de la Constitution, cette partie du droit qu’on nous décrit comme un système extraordinaire. Et sept ans après l’adoption de la Déclaration des Droits, qui indique clairement qu’il est interdit au Congrès de voter des lois visant à limiter la liberté d’expression, le Congrès votait une loi qui limitait la liberté d’expression. Rappelez-vous. C’était la loi appelée « Sedition Act » de 1798.


~ En route vers un Patriot Act mondial ? Résolution 2178 de l’ONU (Les Crises.fr) ~

Et donc, on n’a pas fait appliquer la Déclaration des Droits. C’est le programme d’Alexander Hamilton qui a prévalu, parce que lorsque les producteurs de whisky se sont révoltés, en 1794 en Pennsylvanie, rappelez-vous, c’est Hamilton en personne qui s’est déplacé pour réprimer la révolte afin de veiller à ce que la loi sur l’impôt sur le revenu soit appliquée. On retrouve la même chose tout au long de l’histoire jusqu’à nos jours, il y a les lois qui sont appliquées et celles qui ne le sont pas. Il faut donc être prudent quand on dit : « Je suis pour la loi, je la respecte profondément et je lui obéis ». De quelle facette de la loi parle-t-on ? Je ne suis pas contre toute loi. Mais j’estime qu’il faut commencer à bien comprendre ce que font les lois et pour qui. Il y a d’autres problèmes concernant la loi. C’est curieux, les gens pensent que la loi amène l’ordre. C’est faux. Comment savoir que la loi n’amène pas l’ordre ? Il suffit de regarder autour de soi. Nous vivons dans un Etat de droit. Et quel ordre avons-nous ? On vous dit qu’il faut se méfier de la désobéissance civile car elle conduit à l’anarchie. Regardez bien le monde actuel, où prévaut l’état de droit. Nous sommes dans une période qui se rapproche le plus de ce que les gens pensent être l’anarchie, le chaos et le banditisme international. Le seul ordre qui soit véritablement valable ne vient pas de la mise en application de la loi, il vient de la construction d’une société juste, où sont établis des rapports harmonieux et où seule une réglementation minimum est nécessaire pour créer un ensemble de dispositions concernant les rapports entre les gens. Mais l’ordre qui s’appuie sur le droit et la force de la loi, c’est l’ordre de l’état totalitaire, qui conduit inévitablement soit à une injustice totale, soit, finalement, à la rébellion, en d’autres termes, à un très grand désordre.

Résistance Authentique a écrit:

Deux infos qui montrent comment pense l’élite (et l’influence de plus en plus ouverte de l’eugénisme), avec la ministre de la santé lettonne , pour qui l’euthanasie est une bonne solution pour les pauvres, non vous ne rêvez pas ; et donc comment elle passe à l’attaque (l’élite), avec un dévoilement grandissant et ostentatoire de leur idéologie,  la militarisation accrue de la police et des agents de sécurité, l’utilisation d’armes létales … et on apprend à l’instant que le Congrès US propose une loi interdisant le gillet pare balles ! Objectif : créer une armée, tout en désarmant de plus en plus le peuple américain pour … « l’Euthanasier » ? !! (...)

~ L’oligarchie mondiale passe à l’attaque ! (Résistance Authentique) ~

Nous grandissons tous avec l’idée que la loi est sacrée Après avoir mis le feu à des registres du bureau de conscription, probablement un des actes les plus violents de ce siècle, pour protester contre la guerre, Daniel Berrigan avait été condamné à la prison, comme il se doit pour un criminel. Ils ont demandé à sa mère âgée de plus de 80 ans ce qu’elle pensait du fait que son fils avait violé la loi. Elle a regardé le journaliste droit dans les yeux et lui a répondu : « Ce n’est pas la loi de Dieu ». Et ça, on l’oublie. La loi n’a rien de sacré. Pensez à qui fait les lois. La loi n’est pas faite par Dieu, elle est faite par Strom Thurmond. Si on a le moindre sentiment de ce qui est saint, beau et révérencieux dans la loi, il suffit de bien regarder les élus du pays, ceux et celles qui font les lois. Aller assister à une session législative de son état, aller assister à une session du congrès, car ce sont ces gens-là qui font les lois que nous sommes ensuite censés vénérer. Tout ceci est fait dans un décorum destiné à nous berner. C’est le problème. A l’époque, c’était confus. On ne savait pas. Maintenant, on sait, tout est écrit dans les livres. Aujourd’hui, nous avons les procédures en bonne et due forme. Aujourd’hui, il se passe ce qui se passait avant, sauf que nous respectons les procédures légales. A Boston, un policier s’est rendu dans un hôpital et a tiré à cinq reprises sur un Noir qui lui avait donné un coup de serviette de toilette sur le bras et l’a tué. Au cours de l’audience, le juge décidait que l’acte du policier était justifié, parce que s’il n’avait pas réagi, il aurait perdu l’estime de ses collègues. C’est cela qu’on appelle un jugement en bonne et due forme, à savoir que le type ne s’en est pas tiré comme ça. Il y a bien eu un procès en due forme et tout s’est arrangé. Le décorum, la bienséance de la loi nous leurrent.

Le pays, à l’époque, a été fondé sur le non respect de la loi, et c’est ensuite qu’il y a eu la constitution et la notion de stabilité comme les appréciaient Madison et Hamilton. Ensuite, nous avions découvert à certaines périodes cruciales de notre histoire que le cadre juridique ne suffisait plus, et afin d’abolir l’esclavage, nous avons dû sortir de ce cadre juridique, comme nous avions dû le faire à l’époque de la Révolution ou de la guerre de Sécession. L’union a dû sortir du cadre juridique pour établir certains droits dans les années 1930. Et actuellement, où nous sommes dans une période peut-être encore plus critique que la révolution ou la guerre de Sécession, les problèmes sont si abominables qu’ils nous poussent à sortir du cadre légal pour faire une déclaration, pour résister, pour commencer à créer les institutions et les relations que doit avoir toute société qui se respecte. Non, il ne s’agit pas simplement de démolir, mais de construire quelque chose. Mais même si on cherche à construire ce qui n’est pas censé l’être, si on essaie, par exemple, de créer un parc populaire gratuit, ça, ce n’est pas détruire, on construit quelque chose, mais c’est interdit, alors, la police privée arrive pour vous obliger à partir. C’est la forme que va prendre de plus en plus la désobéissance civile : des gens qui tenteront de construire une nouvelle société au sein de l’ancienne.


~ Andalousie : des centaines d’ouvriers se réapproprient des terres livrées à la spéculation (Philippe Baqué, Basta!) ~

Et le droit de vote et les élections ? La désobéissance civile ? Il n’y en pas besoin, nous dit-on, parce que nous pouvons passer par le processus électoral. Nous devrions le savoir, depuis tout ce temps, mais peut-être que non, car nous avons grandi avec la notion que le bureau de vote était un lieu sacré, presque comme un confessionnal. Vous entrez dans le bureau de vote, vous en ressortez, on vous prend en photo et votre visage au sourire béat est publié dans toute la presse. Vous venez de voter, c’est ça, la démocratie. Mais si on lit ce que disent les politologues (mais qui en est capable ?) du processus électoral, on constate que c’est une supercherie. Les états totalitaires adorent les élections. Ils font déplacer les gens pour voter et enregistrent leur bénédiction. Je sais qu’il y a une différence, ils n’ont qu’un parti, nous, nous en avons deux. Vous voyez… Nous avons un parti de plus qu’eux…

Ce que nous tentons de faire, je suppose, c’est de revenir véritablement aux principes, aux objectifs de la Déclaration d’Indépendance. L’esprit de la résistance à l’autorité illégitime et à des forces qui privent les gens de leur vie, de leur liberté, de leur droit à la quête du bonheur et donc, dans ces conditions, il incite au droit de réformer ou d’abolir la forme actuelle de leur gouvernement, et surtout d’abolir. Mais pour établir les principes de la déclaration d’indépendance, il va falloir sortir du cadre légal, cesser d’obéir à des lois qui imposent de tuer ou qui répartissent les richesses de la façon dont cela a été fait, ou qui mettent les gens en prison pour des petits délits et laissent en liberté des gens qui ont commis des crimes abominables. Mon espoir c’est que cet esprit de résistance naîtra non seulement dans ce pays, mais également dans d’autres pays car ils en ont tous besoin. Les peuples de tous les pays ont besoin de cet esprit de désobéissance à l’Etat, qui n’est pas un concept métaphysique mais une entité qui allie force et richesses. Il nous faut une sorte de Déclaration d’Interdépendance entre les peuples de tous les pays du monde qui luttent pour la même chose.

Howard Zinn

Source de l'article :
le problème, selon Howard Zinn, c’est l’obéissance civile (Ligue des Droits de l'Homme) via Le Cercle des Volontaires

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MessageSujet: Quelques extraits tirés du livre « Se Révolter si Nécessaire »...   Mer 19 Nov - 11:44

Quelques extraits tirés du livre « Se Révolter si Nécessaire »...

Militant politique puis universitaire militant, Howard Zinn
n’a jamais redouté de s’engager au service des Américains, dont il a écrit l’histoire « par en bas »,
mémoire du peuple plutôt que mémoire des Etats. Radical, pacifiste, Zinn voyait
« dans les plus infimes actes de protestation les racines invisibles du changement social »...



~ Se révolter si nécessaire (Editions Agone) ~

Pour lui, les héros des Etats-Unis n’étaient ni les Pères fondateurs, ni les présidents, ni les juges à la Cour Suprême, ni les grands patrons, mais les paysans en révolte, les militants des droits civiques, les syndicalistes, tous ceux qui s’étaient battus, parfois victorieux, parfois non, pour l’égalité. Son Histoire populaire des Etats-Unis, publiée en 1980, a été lue par des millions d’Américains et traduite presque partout dans le monde, y compris tardivement en France (éditions Agone). Elle constitue une lecture irremplaçable. (Howard Zinn est mort, Le Monde Diplomatique)


~ Howard Zinn, une histoire populaire américaine Bande-annonce VF (Allo Ciné)(Février 2015) ~

Noam Chomsky a écrit:

Howard Zinn a milité de façon réellement ininterrompue jusqu’à la toute fin de sa vie, même pendant les dernières années, marquées par l’infirmité et le deuil, ce qu’on aurait difficilement deviné en le rencontrant ou en le voyant discourir infatigablement, face à un public captivé, d’un bout à l’autre du pays.  À chaque combat pour la paix et la justice, il était là, en première ligne, avec son enthousiasme indéfectible; son intégrité, sa sincérité, son éloquence et son intelligence édifiantes; sa légère touche d’humour face à l’adversité; son engagement pour la non-violence; et son absolue décence. On peut difficilement imaginer le nombre de jeunes gens dont les vies ont été marquées, en profondeur, par ce qu’il a accompli dans son œuvre et sa vie.



Premier Extrait :

Les problèmes des états-unis ne sont pas périphériques et n’ont pas été résolus par notre génie de la réforme. Ils ne s’expliquent pas par un excès, mais par la normalité. Notre problème de racisme, ce n’est pas le Ku Klux Klan ou le Sud, mais ce principe fondamental du libéralisme qui fait du paternalisme sa panacée. Notre problème économique, ce n’est pas la récession mais le cours normal de l’économie, dominée par les grands groupes et le profit. Notre problème avec la justice, ce n’est pas un juge corrompu ou un jury acheté, mais le fonctionnement ordinaire, quotidien, de la police, des lois, des tribunaux, qui font primer la propriété sur les droits de l’homme. Notre problème de politique étrangère ne tient pas à une entreprise particulièrement insensée comme la guerre hispano-américaine ou la guerre du Vietnam, mais à la permanence historique d’un ensemble de présupposés quant à notre rôle dans le monde, notamment l’impérialisme missionnaire et la croyance en la capacité des états-unis à résoudre des problèmes sociaux complexes.

En admettant tout ceci, alors l’activité normale de l’universitaire, de l’intellectuel, du chercheur, contribue à maintenir ces normes corrompus aux états-unis; de même qu’en se contentant de faire son petit travail, l’intellectuel a entretenu le fonctionnement normal de la société allemande, russe ou sud-africaine. Par conséquent, on peut attendre de notre part la même chose que ce que nous avons toujours attendu des intellectuels dans ces situations terribles: une rébellion contre la norme.

(...) Dans cette société, toute profession intellectuelle est politique. L’alternative ne se situe pas dans le fait d’être politisé ou non; elle réside entre le fait de suivre la politique de l’ordre établi, c’est-à-dire d’exercer sa profession selon les priorités et les orientations fixées par les puissances dominantes de la société, ou bien de promouvoir ces valeurs humaines de paix, d’équité, de justice, que n’applique pas la société actuelle.

Deuxième Extrait :

Le professionnalisme est une forme puissante de contrôle social. Par professionnalisme j’entends le fait d’être presque totalement immergé dans son métier, le fait d’être tellement absorbé par l’usage quotidien de ces compétences que l’on a plus vraiment le temps, l’énergie ou le désir de réfléchir à la fonction que remplissent ces compétences dans le système social plus vaste. Je dis bien presque totalement immergé, car si l’immersion était totale, cela nous rendrait méfiants. C’est cet entre-deux qui nous permet de la supporter, ou du moins, il nous embrouille suffisamment pour que nous ne fassions rien, (...).

Par contrôle social, j’entends le maintien des choses telles qu’elles sont, la préservation des arrangements traditionnels, le fait d’empêcher toute redistribution significative de la richesse et du pouvoir dans la société.

(...) Cette séparation étanche qui veut qu’on passe son temps à bûcher tout en ne s’occupant de politique qu’à ses moments perdus repose sur l’idée qu’exercer une profession ne serait pas intrinsèquement politique. Il s’agirait d’une activité neutre.



Troisième Extrait :

À partir de ma modeste expérience, je me considère en mesure d’énoncer les points suivants, et vous laisserai poursuivre le débat à partir de là:

• Dans notre société, l’existence, la conservation et la disponibilité d’archives, de documents et de témoignages sont largement déterminées par la distribution de la richesse et du pouvoir. En d’autres termes, les plus puissants et les plus riches sont les mieux placés pour trouver et conserver des documents, et décider ce qui sera ou non accessible au Oxford History public. Aussi l’état, les grands groupes et l’armée sont-ils en position dominante.
• L’une des façons pour l’état fédéral de contrôler l’information et de restreindre la démocratie consiste à dissimuler au public des documents importants, à tenir secrète leur existence même ou à les censurer (cf. les batailles menées pour obtenir des informations sur le golfe de Tonkin, la baie des cochons, le bombardement du Laos, les activités de la CIA au Guatemala). Et si le but avoué d’un tel niveau de confidentialité est toujours la sécurité de la nation, le but véritable est presque toujours la sécurité politique des dirigeants de la nation.


Quatrième Extrait :

Que ce soit en tant qu’enseignant ou écrivain, je n’ai jamais été obsédé par « l’objectivité », qui ne m’a paru ni possible ni désirable. J’ai compris assez tôt que ce qu’on nous présente comme « l’histoire » ou « l’actualité » a nécessairement été sélectionné parmi une quantité infinie d’informations, et que cette sélection reflète les priorités de celui qui l’a réalisée.

(...) Chaque fait présenté dissimule un jugement, celui qu’il était important de mettre ce fait-là en avant, ce qui implique, par opposition, qu’on peut en laisser d’autres de côté. Et tout jugement de ce genre reflète les croyances, les valeurs de l’historien ou de l’historienne, quelles que soient ses prétentions à « l’objectivité ».



Cinquième et dernier Extrait :

Il est dit explicitement que célébrer Christophe Colomb, ce n’est pas seulement célébrer ses exploits maritimes, mais aussi le « progrès », car son débarquement aux Bahamas marque le début de ces cinq siècles de « civilisation occidentale » dont on a dit tant de bien. Mais ces concepts doivent être réexaminés. Quand on demanda à Gandhi ce qu’il pensait de la civilisation occidentale, il se contenta de répondre: « l’idée est bonne ». Il ne s’agit pas de nier les avantages du « progrès » et de la « civilisation », en matière de technologie, connaissances, sciences, santé, éducation, qualité de vie. Mais une question doit être posée: le progrès, oui, mais à quel prix humain? Le « progrès » doit-il simplement être mesuré par les statistiques de développement industriel et technologique, indépendamment de ses conséquences pour les humains? Accepterions-nous que des russes justifient l’ère stalinienne, y comprit son immense tribut en souffrances humaines, au motif que Staline a fait de la Russie une grande puissance industrielle?

Je me souviens de mes cours d’histoire américaine au lycée: l’après-guerre de Sécession, c’est-à-dire en gros les années la séparant de la première Guerre Mondiale, était présentée comme « l'âge de la dorure », l’ère de la grande révolution industrielle, le moment où les états-unis étaient devenus un géant de l’économie. Je me souviens quel enthousiasme éveillait en nous le récit du développement spectaculaire des industries métallurgique et pétrolière, la constitution des grandes fortunes et le quadrillage du pays par les voies ferrées. Personne ne nous a parlé du coût humain de ce grand progrès industriel : du fait que la gigantesque production de coton reposait sur le travail d’esclaves noirs; que l’industrie textile s’est développée grâce au travail de fillettes qui entraient à l’usine à 12 ans et mourraient à 25; que les voies ferrées furent construites par des immigrés irlandais et chinois que l’on tua littéralement au travail, dans la chaleur de l’été et le froid de l’hiver; que les travailleurs, immigrés et natifs, durent se mettre en grève, se faire tabasser par la police et enfermer par la garde nationale avant d’obtenir la journée de huit heures; que les enfants de la classe ouvrière, dans des quartiers misérables, devaient boire de l’eau polluée et mourraient en bas-âge de malnutrition et de maladies. Tout ceci au nom du « progrès ».

Et certes, l’industrialisation, la science, la technologie, la médecine ont apporté de grands bienfaits. Mais jusqu’ici, en cinq siècles de civilisation occidentale, de domination occidentale sur le reste du monde, la plupart de ces bienfaits n’ont profité qu’à une infime partie de l’espèce humaine. Des milliards d’individus dans le Tiers Monde sont toujours confrontés à la famine, à la pénurie de logements, aux maladies, à la mortalité infantile. L’expédition de Christophe Colomb a-t-elle marqué le passage de la sauvagerie à la civilisation? Qu’en est-il des civilisations indiennes qui s’étaient constituées sur des milliers d’années avant l’arrivée de Christophe Colomb? Las Casas et d’autres s’émerveillèrent de l’esprit de partage et de générosité qui caractérisait les sociétés indiennes, les constructions communales dans lesquelles ils vivaient, leur sensibilité esthétique, l’égalitarisme entre hommes et femmes.



En Amérique du Nord, les colons britanniques furent stupéfaits de la démocratie qui avait cours chez les Iroquois, qui occupaient l’essentiel des états de New York et de Pennsylvanie. Gary Nash, historien américain, décrit la culture de ces indiens: « Ni lois, ni décrets, shérifs ou policiers, juges ou jurés, avant l’arrivée des européens, dans les régions boisées du Nord-Est, on ne retrouvait aucun des instruments de l’autorité propres aux sociétés européennes. Pourtant, les limites du comportement acceptable étaient fermement établies. Tout en mettant fièrement en avant l’autonomie individuelle, les Iroquois maintenaient un ordre moral stricte… ». En s’étendant vers l’Ouest, la jeune nation américaine vola les terres des Indiens, les massacra quand ils opposèrent résistance, détruisit leur moyen de se loger et de se nourrir, les repoussa dans des portions de plus en plus exiguës du territoire et s’employa à une destruction systématique de la société indienne. Dans les années 1830, l’une des centaines offensives lancées contre les indiens d’Amérique du Nord, Lewis Cass, gouverneur du territoire du Michigan , qualifie de « progrès de la civilisation » le fait de leur avoir soustrait des millions d’hectares. « Un peuple barbare, dit-il, ne peut cohabiter avec une communauté civilisée ».

On peut mesure l’étendue de la « barbarie » de ces Indiens à la législation préparée par le Congrès dans les années 1880: diviser en parcelles privées les terres communales sur lesquelles ils continuaient à vivre, opération que d’aucuns qualifieraient aujourd’hui avec admiration de « privatisation ». Le sénateur Henry Dawes, à l’origine de la loi, visita la nation Cherokee qu’il décrivit ainsi: « (...) Il n’y avait pas une famille dans toute cette nation qui n’eut une maison à soi. Il n’y avait pas un miséreux, et la nation n’a pas un dollar de dette, (...) car elle bâtit elle-même ses propres écoles et hôpitaux. Pourtant, le défaut du système est manifeste. Ils sont allés aussi loin qu’ils le pouvaient étant donné qu’ils possèdent leur terre en commun (...) mais il n’existe aucune initiative pour rendre une maison plus belle que celle du voisin. L’égoïsme, qui est au fondement de la civilisation, n’existe pas. »

Ce fondement de la civilisation, qui n’est pas sans rappeler ce qui animait Christophe Colomb, est également à rapprocher d’une autre valeur très prisée aujourd’hui, « la motivation du profit », dirigeants politiques et médias n’expliquent-ils pas que l’Occident rendra un grand service à l’union soviétique et à l’Europe de l’Est en s’introduisant chez eux? On concède qu’il existe peut-être des situations dans lesquelles la motivation du profit peut contribuer au développement économique, mais dans l’histoire du « libre marché » occidental, elle a eu des conséquences catastrophiques, alimentant, pendant ces siècles de « civilisation occidentale », un impérialisme effréné. (...) La quête effrénée du profit a conduit à d’immenses souffrances humaines; elle a causé l’exploitation, l’esclavage, la violence sur les travailleurs, les conditions de travail dangereuses, le travail des enfants, la destruction des terres et des forêts, l’empoisonnement de l’air que nous respirons, de l’eau que nous buvons, de la nourriture que nous mangeons.

Dans son autobiographie, rédigée en 1933, le chef indien Standing Bear écrivait: « Il est vrai que l’homme blanc a apporté de grands changements. Mais les divers fruits de sa civilisation, aussi colorés et attirants soient-ils, sont porteurs de maladie et de mort. Si mutiler, piller et entraver font partie de la civilisation, alors qu’est-ce que le progrès? Je gage que l’homme qui s’asseyait par terre dans son tipi pour méditer sur le sens de la vie, qui reconnaissait le lien de parenté unissant toute les créatures et son unité avec l’univers des choses, infusait dans son être la véritable essence de la civilisation ».

Le mot de la fin...

Réinterroger notre histoire, ce n’est pas seulement se pencher sur le passé, mais aussi s’intéresser au présent et tenter de l’envisager du point de vue de ceux qui ont été délaissés par les bienfaits de la soi-disant civilisation. (...) Nous devons y parvenir au moment d’entrer dans ce nouveau siècle si nous voulons qu’il soit différent, si nous voulons qu’il soit, non pas le siècle de l’Amérique, le siècle de l’occident, le siècle des blancs ou celui des hommes, ou celui de quelque nation, de quelque groupe que ce soit, mais le siècle de l’espèce humaine.

Source de l'article :
Howard Zinn – Se Révolter Si Nécessaire (Le 4ème Singe)

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MessageSujet: Tabula rasa...   Dim 25 Sep - 16:06

Tabula rasa...

Lorsqu’on observe les réactions aux événements d'aujourd'hui, qui relèvent des faits divers ou de la géopolitique,
on peut souvent y sentir la stupeur devant l’incroyable progression du chaos mondial...



~ Warren Buffett a-t-il raison quand il affirme que la lutte des classes existe... (Vincent de Gaulejac, Atlantico)(Décembre 2012) ~

Syti a écrit:
(...) Une nouvelle guerre mondiale a commencé. C'est une guerre sociale et intérieure, une guerre d'élimination menée par les élites dirigeantes contre une population devenue trop nombreuse et inutilement coûteuse. Cette guerre se caractérise par l'instauration d'un nouvel esclavage appelé "libéralisme", et simultanément, par l'accroissement de la répression contre le citoyen ordinaire afin d'obtenir sa soumission. (...) L'un des objectifs stratégiques des Maîtres du Monde est de parvenir à un contrôle entièrement automatisé de la production de l'énergie et des ressources, en remplaçant progressivement l'ensemble des salariés par des machines. Le document sur les "Armes silencieuses pour guerres tranquilles" est très clair à ce sujet: "Si l'ascension des classes inférieures peut être contenue assez longtemps, l'élite peut parvenir à la dominance de l'énergie, et le peuple, par consentement, ne tiendra plus alors une position de ressource énergétique essentielle. Jusqu'à ce qu'une telle dominance de l'énergie soit absolument établie, le consentement du peuple à travailler et à laisser les autres prendre en main leurs affaires doit être pris en considération, dans la mesure où un échec en ce domaine amènerait le peuple à interférer dans le transfert final des sources d'énergie au contrôle de l'élite." (...)

~ La guerre sociale est déclarée (Syti)(2004) ~

Mais aussi un tenace penchant à les interpréter selon la grille de lecture classique du bipartisme, quel qu’il soit… Ce trait de psychologie collective remonte aux plus anciennes formes de monothéisme. Sa traduction dans l’exercice du pouvoir public ne s’est toutefois manifesté que plus récemment. En France, au milieu du XIXe siècle avec la constitution de la deuxième république, dont les représentants se répartissaient déjà entre deux partis principaux : l’un progressiste, défenseur de la classe ouvrière, et l’autre traditionaliste, garant de la propriété terrienne et des privilèges établis. De la même façon qu’en Angleterre, le parti travailliste s’est vu fondé en opposition à celui des conservateurs ainsi qu’aux États-Unis les républicains à celui des démocrates. Le tout dans une tradition dialectique propre à recueillir dans un sens l’adhésion du «populo» et dans l’autre celle du « nanti »… La mondialisation n’est pas nouvelle. Ses méthodes et moyens de coercition non plus.

Sous couvert d’incarner le rapport de force tout à fait réel entre les possédants et les possédés, la totalité de cette caste dirigeante est issue des mêmes familles, formée dans les mêmes écoles, conseillée par les mêmes « spécialistes » et financée par les mêmes actionnaires. Ce financement constitue d’ailleurs en lui-même un moyen de corruption permettant par suite l’exercice d’un chantage constant sur ceux qui ont bénéficié de ces mannes : tant qu’ils obéissent à leurs donneurs d’ordre, leur position se trouve assurée, mais s’ils avisent de déroger tant soit peu au programme voulu, alors ils tombent sous tel ou tel coup d’arrêt judiciaire, ou pour les plus gradés, disparaissent littéralement… L’alternance au pouvoir des deux partis permet, un coup sous un quelconque prétexte philanthropique, un autre dicté par des « nécessités » libérales, de légiférer de sorte à systématiquement privilégier leurs intérêts et ceux de leurs comparses. Et cela va plus loin, puisque les mesures adoptées par un gouvernement vont créer de toutes pièces ou alimenter les problèmes tapissant une voie royale au suivant. Lequel se proposera de les résoudre en apportant les « solutions » (économiques, sécuritaires, éducationnelles et autres) décidées en amont par les mêmes sponsors. Un tel mécanisme verrouille de fait toute possibilité d’émancipation populaire au sein du système, tout en maintenant les masses endormies dans l’illusion démocratique.


Chronique d'une fin annoncée d'une Chimère par GoldenAwaken

C’est par le même procédé que le cartel politico-financier tient et agite les rênes de la gouvernance internationale. Le « choc des civilisations » actuellement promu par les médias n’est ni le premier, ni ne sera le dernier tant que durera la guerre menée contre les peuples par les élites autoproclamées. On sait désormais que tous les grands conflits ont été soutenus par l’oligarchie financière, pérennisant ainsi son hégémonie sur le sort des nations et réalisant de juteux profits par les intérêts des prêts accordés. Que la City londonienne a par exemple favorisé la révolution bolchevique, tandis que Wall Street a largement subventionné le réarmement allemand et l’accession au pouvoir du parti nazi. Ces deux formes de dictature ; l’une versée dans le culte absolu de l’individu, l’autre dans celui du collectivisme, ont en premier lieu servi de grands laboratoires d’expériences de contrôle social, mais surtout formé les deux mâchoires de la thèse et de l’antithèse qui, une fois refermées sur les peuples, doivent donner lieu à la synthèse totalitaire absolue.

C’est aussi en ce sens que s’inscrivent l’ingérence et la spoliation ininterrompues, depuis la colonisation, des pays du Sud par ceux du Nord, l’armement et le soutien de réseaux terroristes à travers le monde afin d’extension de zones de pouvoir, les guerres civiles fomentées par le département d’État US et autres officines de charité bien chrétienne… Tout cela devait entraîner mécaniquement le retour de flamme que nous connaissons : à savoir l’afflux sur nos sols des ressortissants de pays mis à sac par nos gouvernements. Il est clair que ces déportations massives de populations visent dans un premier temps à rentabiliser au maximum l’exploitation de la main d’œuvre par les multinationales. Mais également à plus long terme de s’assurer de la disparition de toutes les cultures. En effet, une longue tradition esclavagiste a enseigné aux globalistes qu’un peuple sans racine est plus facile à soumettre… Là encore, on mesure combien le chaos leur est lucratif.


~ En notre nom (Zénon, Résistance 71)(Août 2016) ~

Thierry Meyssan a écrit:

(...) L’Occident reste à peu près le même aujourd’hui, tandis que l’adversaire n’est plus l’Est, mais l’Orient. Ces concepts n’ont rien à voir, ni avec la géographie, ni avec la culture, mais uniquement avec la propagande. Ainsi, l’Australie et le Japon sont politiquement occidentaux, comme d’ailleurs deux États européens à population musulmane, la Turquie et la Bosnie-Herzégovine. On se heurte d’ailleurs là au plus gros problème : dans de nombreux États, et particulièrement alentour de la Méditerranée, il est impossible de distinguer actuellement civilisation judéo-chrétienne et civilisation arabo-musulmane. La guerre des civilisations suppose donc que l’on suscite des guerres civiles pour séparer les populations. De ce point de vue, une expérience réussie a été réalisée en Yougoslavie. (...) (Voir Les insuffisances du concept de civilisation chez Huntington)

~ La « Guerre des civilisations » (Réseau Voltaire)(Juin 2004) ~

La récente évolution des rapports de force entre les « puissants » n’échappe aucunement à la règle. D’aucuns se réjouissent du Brexit, du coup d’État manqué en Turquie, de la dé-dollarisation des échanges internationaux, ou s’amusent des ridicules rodomontades militaires états-uniennes comparées aux raids aériens russes contre les chiens de paille de la CIA. Il est vrai que nous assistons à un transfert de pouvoir et de compétences de l’Occident vers l’Orient. Bien des signes nous en sont donnés : le PIB chinois dépassant officiellement celui des États-Unis depuis l’an dernier, l’accueil d’Obama par un agent de sécurité sur le tarmac du dernier G20 et l’annonce récente franco-allemande de l’échec des négociations sur le Pacte transatlantique. Citons enfin l’accord diplomatique obtenu le 9 septembre à Genève en vue d’une trêve des conflits en Syrie, malgré l’intérêt d’Israël à la création d’un État kurde dans la région et malgré les tentatives de sabotage interne par plusieurs officines gouvernementales US… Le phénomène est bien réel. Pour autant, il se déroule sur le terrain officieux des rapports entre les « États profonds » des nations concernées. C’est-à-dire des milieux d’affaires et de la finance, des lobbyistes, des hauts fonctionnaires, conseillers ministériels et membres de cabinets dont les actions ne sont jamais soumises à l’examen public… Pas plus le spectre d’une apocalypse nucléaire que l’actuelle remise en question du leadership américain ne doivent nous faire oublier que l’enjeu réel reste l’asservissement de tous les peuples ; non les querelles de façade entre marionnettes politiciennes. Ce petit monde ne saurait risquer de compromettre sur un désaccord de pure forme ni son hégémonie, ni le succès de ses plans.

On observe ainsi, loin des élucubrations médiatiques, une collaboration plus étroite que jamais entre pays pourtant déclarés concurrents, dans les domaines des technologies militaires, des dispositifs de contrôle des populations, de la recherche scientifique ou de la diffusion d’organismes génétiquement modifiés… Citons notamment la collusion d’ingénieurs chinois avec ceux de Google pour concevoir les nouveaux téléphones et ordinateurs-espions commercialisés ce mois-ci, l’acquisition par l’Arabie saoudite d’un système israélien de puce RFID-GPS à destination des pèlerins de la Mecque, les accords de libre-échange économique entre Pékin et Tel-Aviv, ou bien la toute récente signature d’accords militaires entre la Russie et le Qatar. Un autre exemple ? Les dirigeants de tous ces pays sont unanimes à plaider pour un renforcement des prérogatives d’institutions globalistes comme l’ONU, le FMI, la Banque mondiale ou la BRI. Lesquelles n’ont depuis leur création eu de cesse d’employer toutes les méthodes possibles pour assujettir les populations aux lois du marché. Dans cette optique, l’intensification des conflits partout sur le globe durera tant que l’instabilité sera nécessaire à justifier l’instauration d’un ordre mondial policier. Une fois les survivants suffisamment hagards et traumatisés, celui-ci s’imposera comme l’ultime remède à des catastrophes montées de toutes pièces, selon la méthode décrite plus haut. Il est nécessaire d’insister sur la perpétuation du projet globaliste à travers les derniers mouvements géostratégiques. Car le pouvoir est le pouvoir. Sa nature intrinsèque reste la même qu’il soit exercé par un Russe, un Chinois ou par un Américain. Et sa vocation, de toujours vouloir s’étendre à tout territoire et toute dimension… Son renforcement ne devrait jamais être perçu comme une bonne nouvelle par les peuples. Si nous tombions dans la naïveté de croire qu’une intervention étrangère serait la clef de notre salut, nous deviendrions une nouvelle fois les plus grands cocus de l’Histoire.


~ Pourquoi tolérons-nous la menace d’une nouvelle guerre mondiale qui se mène en notre nom ? (John Pilger via FYI)(Mai 2014) ~

Il est clair qu’aucune solution ni amélioration de nos situations, qu’il s’agisse de santé publique, de droit du travail ou de justice sociale, n’est à espérer d’une classe politique corrompue de l’épiderme jusqu’à la moelle. Pas plus que d’un transfert de délégation supranational, même si l’affaiblissement de l’hydre atlantiste est une bonne nouvelle. Ce n’est pas parce qu’une méthode ou présentation paraît moins brutale qu’elle invalide la finalité du projet. Il peut encore sembler à certains se trouver protégés, par la nature de leur emploi, leur niveau de revenus ou leur statut social, des multiples menaces pesant sur nos libertés et sur notre intégrité à tous les niveaux. Considérons donc un instant la vie quotidienne encore menée par beaucoup d’entre nous. À un degré moindre quoique peut-être plus pernicieux, partout règne cet état de conflit larvé, latent, alimenté par le système actuel depuis notre prime enfance et jusqu’à la tombe des âmes perdues… Par notre mise en compétition d’office. L’incitation de toutes parts à l’individualisme et au culte de soi. Par l’exclusion sous toutes ses formes. Par l’impératif constant de rentabilité, de productivité aussi bien dans l’entreprise que dans la plupart des secteurs publics. De «performance» jusque dans les loisirs et la sphère intime chez les plus atteints du syndrome du larbin. Par l’injonction permanente au paraître ; à se conformer au discours ambiant, à la norme quelle qu’elle puisse être, sans se poser de questions. Par les « guerres et rumeurs de guerres » dont l’ensemble des médias abreuvent le quidam. Par la bêtise, la violence et le mensonge érigés en arts de vivre par la télévision et les magazines. Par la virtualisation des rapports humains, l’atomisation de toute vie sociale aussi bien en ville que dans les campagnes, et enfin par la psychiatrie ; ultime prise en charge des millions de solitudes incapables de se rencontrer…

Notre vieil empire croulant continuera pour se maintenir de semer le trouble, le doute et la division jusqu’à la consécration de son prochain avatar. Nous verrons toujours d’ici-là fleurir les mensonges et les manipulations. Grandir et se propager la haine sous l’effet de leur propagande. Les conflits et ressentiments ethniques. Entre chrétiens et musulmans. Entre prétendus croyants et ceux qui se disent athées. Entre salariés du public et ceux du privé. Entre les puent-la-sueur et les crèvent-la-dalle… Ce jusque dans la sphère du foyer, d’abord entre générations par la subversion de l’éducation, parallèle à celle des esprits, puis dans l’amour à la fois le plus fort et le plus fragile qui soit : celui de l’homme et de la femme ; par la surproduction de clichés télévisuels, les pseudo-études publiées dans les magazines, par le narcissisme psychanalytique et par le mouvement féministe. Lequel a réussi à faire en quelques décennies de la Femme, autrefois porteuse du sens sacré de la Vie, l’égale de l’Homme en sa volonté de prééminence et son aptitude à s’auto-réduire en simple consommateur… Croyez-vous réellement que tous les tourments de notre Monde puissent être le fait d’une nature humaine intrinsèquement prédatrice ? Ou bien doit-on considérer qu’ils résultent d’influences diverses mais coordonnées de sorte à entretenir ce climat de « guerre de tous contre tous » ? Et si tel est le cas, comment dès lors éviter le piège qui nous est tendu ?


~ Trahir sa raison plutôt que son groupe d’appartenance (Agence Science Presse via FYI)(Octobre 2013) ~


~ Est-ce la nature humaine ? Est-ce notre état naturel ? (Chaîne YT de Golden Awaken)(Juin 2012) ~

Un début de réponse consiste à retourner nos faiblesses en forces ; utilisant pour ce faire leurs propres armes contre eux. Ils s’escriment à diviser les peuples car ils connaissent parfaitement les possibilités que permet l’Union. Eux la pratiquent avec le succès qu’on connaît depuis des siècles, voire des millénaires… Ils savent que l’un des sept principes universels est que « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Et craignent donc l’application par la base des enseignements qu’ils se réservaient jusqu’alors. La directe mise en commun de nos savoirs-faire suffirait à faire tomber les murs de Babel. Comme l’essence purement mentale de la réalité que nous percevons leur permet de la modeler, il nous est possible d’agir volontairement à la transformer. Comme ils utilisent l’éternel principe de polarité à nous maintenir dans de faux dilemmes, apprenons à comprendre notre opposé pour mutuellement nous élever. La loi de causalité, manipulée par tous les dealers d’opinions depuis l’aube des temps, nous permet aujourd’hui de les exposer sans qu’ils n’y puissent rien. Ce que l’on a coutume d’appeler « magie » est le pouvoir (neutre par nature) d’interagir sur le plan subtil avec notre environnement. Son art ne consiste pas à se faire maître des éléments, comme ces charlatans s’y essaient notamment avec le climat, mais à inscrire nos gestes dans leur courant. Sa pratique possède infiniment plus de potentiel que les rituels guignolesques observés dans leurs confréries.

L’imposture démocratique nous occulte un fait historique : la dynamique du Monde a toujours été le fait d’une toute petite minorité agissante… N’attendons plus d’être une majorité pour nous donner raison et nous décider à agir. Devenons nous-mêmes cette minorité dont l’action, par son simple exemple, saura inspirer à d’autres l’envie de s’y joindre. Jouons ensemble… Soyons créatifs ! Ils veulent nous faire entendre que le droit serait aboli ? Faisons valoir celui naturel des peuples à disposer d’eux-mêmes, non plus cette fois sur le papier, mais dans les faits. À la verticalité du pouvoir, du cloisonnement de l’information et de la structure hiérarchique, opposons l’horizontalité de nos rapports par le don, par l’échange, par l’appropriation publique et spontanée des biens spéculatifs ou encore par la libre expression de notre parole, contre le mutisme et autres tabous que l’on nous impose. Il nous incombe de faire notre deuil des structures et formes passées ; seul commencement efficace à l’apprentissage par soi-même… Notre avenir ne dépendra que de la proportion d’individus conscients au sein de chaque société, de notre capacité d’organisation, et de notre volonté d’opposer inlassablement l’Union des humbles à celle des puissants. Il nous appartient également de nous départir de notre conditionnement judéo-chrétien à l’obéissance, nous ayant conduits de génération en génération à tout accepter, jusqu’à l’inacceptable où nous nous trouvons. De désobéir non seulement à toute injonction, de quelque entité qu’elle émane, mais également de prêter main-forte à quiconque essaie à son tour de se libérer de son joug. Il s’agit encore, à un niveau précédant l’intellect, de ne plus offrir de prise aux manipulations d’aucune sorte en restant centré sur son intuition ; meilleure guide et meilleure maîtresse qui soit. De ne plus alimenter en nous-mêmes ces parasites que sont la peur, l’anticipation permanente et l’auto-jugement. C’est bel et bien en nous-mêmes que la révolution doit se faire. Une bonne nouvelle, car il y en a aussi, est que cette révolution a déjà commencé.


~ A Virus Called Fear (Chaîne YT de Ben Fama Jr.)(Mai 2012) ~

En effet, excepté aux États-Unis, jamais le taux d’alphabétisation de l’humanité n’a été si fort. Jamais aussi faible la tranche de population encore confiante en ses dirigeants. Ni si élevée la part de jeunes boudant un salariat sans avenir pour créer leur propre activité. Jamais l’abstention ni le boycott n’avaient atteint de tels records. Enfin, jamais l’exode urbain n’avait aussi vite gagné de terrain. Tout le monde est unanime à admettre que la résilience passe par le retour à la Terre. Il faut dans la mesure du possible quitter les grandes agglomérations, devenues au fil des années de vraies succursales de l’enfer, au profit de territoires plus propices à l’autonomie. Qu’on la découvre gosse ou bien sur le tard, l’observation de la Nature nous enseigne qu’une part de chaque animal compose l’être humain. Que l’un prédomine en chacun de nous, et que leur complémentarité est à l’image de la nôtre… Aux quatre coins du pays, amateurs et professionnels se retrouvent et mutualisent. On voit le chômeur monter une AMAP ou entretenir un jardin partagé, le kiné pratiquer ses soins en échange d’un coup de main sur sa toiture, le mec des douanes volantes rencarder l’agriculteur sur le moyen d’éviter les taxes. De plus en plus de jeunes ouvrent des épiceries coopératives, des lieux de rencontres culturels en rase campagne ou restaurent des villages entiers… Les idées fusent et font des émules. Lorsque bientôt l’argent n’aura plus cours, il nous restera nos compétences et tout notre temps pour les développer. Partout les gens redécouvrent entre eux la confiance et la dignité d’agir par eux-mêmes… Qu’attendez-vous ? Non seulement l’émancipation est à la portée de tous, mais elle est notre vocation en ce monde. Parce que nous ne sommes pas nés pour être esclaves, ni n’avons grandi pour servir de chair à canon. Parce que l’existence atrophiée, soumise qu’on nous impose est indigne de l’Amour que l’on se porte… Parce que le plus petit d’entre nous est plus grand qu’on veut nous le faire croire. Parce que l’égalité, la justice sont des conditions sine qua non à la paix. Parce que la guerre nous est déclarée qu’on le veuille ou non et qu’attendre docilement que la déflagration nous touche serait suicidaire. Ils peuvent essayer de nous traquer et de nous traiter comme ils veulent, jamais ils n’arriveront à tous nous éliminer ni à éteindre notre mouvement. Car si ce n’est pas moi, ce sera mon frère. Nous sommes jour après jour un peu plus nombreux, et rien ne saura nous faire renoncer.

Quand nous comprendrons enfin que non seulement la peur n’évite pas le danger, mais qu’elle le favorise les trois quarts du temps, nous prendrons conscience de l’ampleur de la manipulation, de notre part de responsabilité dans ce qui nous arrive, mais également du formidable potentiel d’action dont nous disposons, principalement limité jusqu’alors par nos croyances… La désillusion peut être une phase douloureuse. Elle est cependant la première étape nécessaire d’une reprise en main de nos destinées. Dans le monde qui se préfigure, nous verrons s’opposer d’un côté l’armée de clones et de robots élaborée à grands frais par les oligarques, et qui pour sophistiquée qu’elle soit, n’en sera jamais que plus vulnérable à toutes les attaques ; de l’autre les défenseurs de la Vie ; omniprésente et inhérente même à la Création. La Vie qui s’est constamment adaptée aux cataclysmes, extinctions massives et autres bouleversements. Qui a donné naissance à toute la variété des espèces recensées et gravé au fil de millions d’années le lit des rivières dans la roche. Cette force indicible capable de nous porter malgré la douleur et malgré les deuils, dont l’évolution a fait de nous ce que nous sommes, et que nous devons en retour nous battre pour protéger. Alors, si j’étais politicien, marchand d’armes ou même journaliste, j’aurais probablement du mal à dormir la nuit. Car ils le savent, et nous sommes de plus en plus à l’avoir compris : la fin de leur pouvoir est déjà écrite.


~ Le Nouvel Ordre Mondiale n'a aucune chance de voir le jour (1ère version)(Chaîne RU Tube de Golden Awaken)(Mai 2013) ~

Zenon

Source de l'article : Tabula rasa(Le Saker Francophone)(Septembre 2016)

Note de Golden Awaken : Tabula rasa (philosophie) est un concept philosophique épistémologique selon lequel l'esprit humain naîtrait vierge et serait marqué, formé, « impressionné » (au sens d'« impression sensible ») par la seule expérience. La principale caractéristique de l'esprit serait sa passivité face à l'expérience sensible. Il s'agit donc d'un concept opposé à l'innéisme des idées, et à l'activité de l'esprit... (Wikipédia)

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