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 Supertrash : Plongée dans l'univers de nos poubelles (en salles le 9 octobre 2013)

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MessageSujet: Supertrash : Plongée dans l'univers de nos poubelles (en salles le 9 octobre 2013)   Ven 13 Sep - 16:25

Supertrash : Plongée dans l'univers de nos poubelles
(en salles le 9 octobre 2013)


Plongée dans l'univers de nos poubelles, le film Supertrash, en salles le 9 octobre, lève le voile sur une situation accablante, aberrante, celle du traitement de nos déchets.



Pendant quatorze mois, Martin Esposito a filmé une décharge à ciel ouvert dans le sud de la France, et témoigne d'une triste réalité peu connue jusqu'à présent. C'est le film coup de poing de la rentrée. "Supertrash", qui sort en salles le 9 octobre prochain, porte bien son nom. Plus que du dégoût, il nourrit un véritable sentiment de révolte chez le spectateur. Durant quatorze mois, son réalisateur, Martin Esposito, ex-champion de windsurf passionné de photo, a filmé une décharge à ciel ouvert dans les Alpes-Maritimes.


Résultat : pendant plus d'une heure, les images qui défilent sur l'écran sont à peines descriptibles. Cercueils d'enfants en fin de concession, mêlés à des produits toxiques, sur des tonnes de nourriture encore consommables, foie gras, poulets fermiers, hydrocarbures, médicaments sortis d'usine et... tapis rouges de Cannes. "Bienvenue en enfer", résume la voix off de Martin Esposito, qui se filme, caméra au poing et masque sur le nez, au milieu de ce no man's land surréaliste.

SUPER TRASH LE FILM que fait VEOLIA des... par Marianne2fr

A l'origine de ce projet, il y a donc Martin, 35 ans. Son film, curiosité cinématographique, à mi-chemin entre le documentaire et le long métrage, était à la base un projet bien plus vaste : "après avoir vu le film d'Al Gore, "Une vérité qui dérange", sur le réchauffement climatique, j'ai eu envie de filmer des décharges à travers le monde", nous explique-t-il.  Son point de départ : la décharge de la Glacière, à Villeneuve-Loubet, à côté de laquelle il a grandi petit. Il ne la quittera finalement pas pendant deux ans. Allant jusqu'à s'y nourrir, s'y loger, quitte à mettre son corps à l'épreuve. "A chaque découverte, j'ai su que je ne pourrai pas partir. Tout ce que je voulais montrer au monde était là, ici, en France", raconte-t-il.


Témoignage de la "folie humaine"

Alors il filme tout : les barils d'hydrocarbure balancés sans autorisation, les poubelles de plastique, issues d'un triage, jetées par centaines au milieu de la nourriture, des métaux, du verre, des milliers d'emballages neufs, de beaux livres... et de l'arsenic. Déversé n'importe où, il finira par se retrouver dans les rivières avoisinantes, où un homme pêche tranquillement. Des aberrations qui se comptent à l'infini. "On nous parle de recyclage, mais cela ne représente que 5% de nos déchets", s'insurge le réalisateur, d'une voix lente. "Il faut aller dans une décharge pour découvrir la folie humaine". Et la Glacière ne fait pas exception : "des décharges comme ça, on en trouve partout, sur les 2.000 que compte la France", souligne Martin Esposito.


Pire, "la Glacière n'est pas une décharge improvisée, nous explique-t-il, mais bien un lieu organisé par un acteur de l'environnement et de la propreté". Veolia. Son nom est flouté sur les dizaines camions que l'on voit déverser tour à tour leurs déchets, comme dans un ballet interminable. "C'est pour changer les choses, réveiller les consciences, mais aussi les obliger à changer leurs méthodes" que Martin a fait ce film. Les nombreux témoignages des salariés sont accablants. Ils savent bien que ce qui se passe là n'est pas normal.

SUPER TRASH bande annonce officielle par Marianne2fr

"Veolia a vu le film, et l'a mal pris, c'est dommage", résume, dans un euphémisme, le jeune cinéaste. L'entreprise, que nous avons sollicitée, n'a pas tenu à régir. "Il le faudra bien un jour, nous répond, sévère, Martin Esposito. Pour le moment, on est sympa, mais après on va devoir passer à l'étape suivante, plus forte", nous raconte, énigmatique, celui qui dit avoir de nombreux "projets en tête". Et de conclure : "je m'en fous, moi, je n'ai rien à perdre, et je ne veux pas vivre dans ce monde-là".
Source de l'article : Supertrash, le film coup de poing de la rentrée

A lire également : Thierry Frémaux : «Martin Esposito a raison sur le fond et tort sur la forme»

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MessageSujet: Comment les grandes villes peuvent s’attaquer au problème des déchets... sans les multinationales...   Dim 7 Déc - 11:20

Comment les grandes villes peuvent s’attaquer au problème des déchets...
sans les multinationales...


« Trop compliqué, trop d’habitants, impossible à gérer... » :
c’est ainsi que de nombreuses municipalités françaises, dont Paris, justifient leur absence d’efforts
en matière de recyclage des déchets, et leur choix de recourir aux grandes multinationales du secteur,
Veolia et Suez en tête, pour gérer le problème...



~ Zero Waste France dévoile son scénario (Communiqué de presse) ~

Résultat : décharges, incinérateurs et pollutions continuent de se développer. Et les coûts d’augmenter sans cesse pour les citoyens. Pourtant, plusieurs grandes agglomérations, de Milan à San Francisco en passant par Lorient, se sont lancées dans une politique de récupération et de recyclage de presque tous leurs déchets. Alors, zéro déchet, mission impossible ? « Ce serait dommage que les bio-déchets qui sont composés à 80 % d’eau finissent à l’incinérateur. » C’est l’automne, et l’association « le Sens de l’Humus » organise une formation sur le compostage, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Frédéric Géral, maître-composteur, détaille le fonctionnement et l’utilité du compost. Après une petite heure d’explications et d’observations, le public dispose de toutes les informations pour recycler ses matières organiques. Pour obtenir un bon compost, il faut respecter l’équilibre entre matière carbonée (copeaux de bois, herbe sèche, carton) et matière azotée (restes alimentaires principalement). Vous pouvez également ajouter du marc de café ou des coquilles d’œufs pour faire plaisir aux vers de terre. Évitez en revanche les épluchures d’agrumes, l’ail ou les oignons qui éloignent les bactéries. Depuis cinq ans, le Sens de l’Humus organise des événements autour d’une compostière de quartier. Un petit baraquement de bois avec un joli slogan, « libérez les lombrics », dans un coin de square. Ce samedi, c’est également le moment du retournement trimestriel. Une vingtaine d’habitués se rassemblent autour du baraquement et écoutent d’une oreille distraite les dernières explications du maître-composteur. À 11h, une habitante, qui vient déposer un sac d’épluchures de légumes, lance sans le savoir le signal du départ. « Allez, on commence le retournement ! » Les pelles et les fourches sont brandies. Il s’agit de vider le contenu du bac sur une bâche, avant de le remettre en place, une fois aéré et mélangé. Les lombrics vont être libérés ! Et s’il n’y avait que les lombrics : une multitude de petites bestioles grouillantes se bousculent, cherchant vainement à retrouver une place au chaud à l’abri du tas de déchets en décomposition. La face cachée de la biodiversité... Mais c’est là qu’on reconnaît un bon compost : il est grouillant et mouvant. On y trouve des cloportes, des vers de terre (de plusieurs sortes avec des noms latins différents), des larves variées et surtout beaucoup de bactéries, qui grouillent aussi même si on ne les voit pas. Le bon compost est chaud (jusqu’à 70°C) et dégage un léger fumet de forêt et de champignons.

L’opération de retournement est finie vers 13h. Les habitants se sont succédé pour déposer un petit sac d’épluchures, pour récupérer un peu du compost obtenu avec les déchets de l’année dernière, ou simplement pour discuter. Frédéric Géral est fier de cette compostière de quartier qu’il a contribué à créer : « C’est un lieu qui est intéressant écologiquement et socialement, c’est un lieu qui vit. » Désormais, une centaine de familles l’alimentent de leurs déchets alimentaires, lors des « permanences dépôt ». Le compostage n’est qu’une des multiples façons de traiter les déchets plus durablement qu’en les incinérant ou en les déposant en décharge. Pour tous les militants en faveur d’un meilleur traitement des déchets, la collecte séparée des « fermentescibles », les végétaux, les restes alimentaires, les cartons, les papiers et les textiles qui peuvent être traités par compostage ou méthanisation, est une étape essentielle. Ces déchets représentent en moyenne 63 % des déchets non-triés, selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) qui a analysé le contenu des poubelles françaises. Plusieurs villes se sont déjà lancées dans la collecte des fermentescibles.


~ Campagnes de sensibilisation (ORDIF) ~

La région parisienne à la traîne...

Mais ce n’est pas en région parisienne qu’il faut chercher les meilleurs exemples de traitement des déchets. Le programme local de prévention des déchets, adopté en 2012 par la ville de Paris, évite soigneusement la question d’une collecte séparée des matières organiques et insiste beaucoup sur la lutte contre le gaspillage alimentaire. Le précédent plan, validé en 2007, précisait clairement que cette collecte n’était pas envisageable à cause d’une trop grande densité de population et de l’exiguïté des locaux poubelles.

Wikipédia a écrit:

(...) La fraction fermentescible des ordures ménagères pose un gros problème de collecte. En effet, il est difficile de conserver plus de trois à quatre jours un bioseau de déchets fermentescibles sans qu'il se mette à dégager des odeurs pestilentielles. La FFOM est riche en eau et il convient de la déshydrater en la déversant dans des bacs spéciaux : les compostainers. Ce sont des conteneurs à double paroi, le bas interne se terminant par une paroi horizontale ajourée qui laisse s'écouler les lixiviats au fond du conteneur externe qui est ventilé. Des déchets peuvent se conserver plus de 15 jours dans ces bacs aérés sans dégager d'odeurs méphitiques. (...) La FFOM doit être issue de déchets ménagers organiques triés à la source et être exempte de toutes substances solide. Le compostage domestique est aisé à pratiquer en habitat individuel pourvu d'un jardin. Le compostage industriel est pratiqué dans des installations de grande taille appelées plateformes de compostage. Plateformes de compostage ou usines de méthanisation font passer le FFOM dans des Bio-réacteurs stabilisateurs. Des déchets verts broyés sont mélangés à la FFOM ainsi que des débris de cartons. L'ajout de bois broyés tels que ceux des palettes est formellement déconseillé. Ces bois sont traités avec des biocides. Or, l'objectif final est d'obtenir un compost utilisable en agriculture. (...)

~ Valorisation des déchets (Wikipédia) ~

Milan fait bien mieux que Paris...

Des citoyens sont convaincus du contraire. Des militants des collectifs qui se battent contre le projet de nouvel incinérateur à Ivry-sur-Seine et contre l’usine de tri mécano-biologique et de méthanisation à Romainville sont allés voir ailleurs. Ils sont partis faire un tour dans des villes italiennes qui ont mis en place une collecte beaucoup plus sélective. En marge d’un rassemblement devant le conseil régional d’Île-de-France, Gianni raconte : « Ce n’est qu’en arrivant à Milan qu’on s’est rendu compte que la collecte des bio-déchets était tout à fait possible en zone dense. En faisant un gros travail d’information de la population et en créant des poubelles adaptées et de petite taille, la ville a réussi à mettre en place un système de tri efficace ». Milan, malgré ses 1,3 millions d’habitants, organise cinq collectes différentes : les déchets alimentaires, les papiers, les métaux et plastiques, les verres et le reste (appelé ordures résiduelles). Encombrants, déchets électroniques et déchets verts sont pour leur part collectés en déchetterie. Et les résultats sont éloquents. Fin 2012, la ville de Milan annonçait une augmentation du volume de déchets triés et recyclés de 33 % par rapport à l’année précédente. « Tout ceci pour un coût inférieur à celui du système précédent, sans collecte des déchets alimentaires », assure Enzo Favoino, responsable scientifique du mouvement Zero Waste Europe.


~ Gérer ses Déchets : L'exemple de ceux qui le font avec succès (Milan et son Agglomération)(pdf) ~

Lorient et ses éco-citoyens...

Lorient (212 000 habitants) est l’une des quelques villes françaises engagées dans une perspective de réduction des déchets. Serge Gagneux, vice-président de l’agglomération lorientaise chargé de la réduction et de la valorisation des déchets, présente fièrement ses chiffres. Depuis 2007, la ville bretonne a fait passer le taux de recyclage de 25 % à 44 %. La masse de déchets mis en décharge est en constante diminution. Quand on lui demande pourquoi avoir engagé cette démarche, il cite deux éléments cruciaux : les objectifs de réduction des déchets du Grenelle de l’environnement et l’envolée des coûts d’enfouissement en décharge. Cependant, pour un meilleur traitement des déchets, il ne suffit pas de développer les systèmes de collecte, le recyclage et le compostage. Il faut également limiter au maximum le remplissage de nos poubelles. Toutes les personnes interviewées le rappellent : « Le meilleur déchet et celui qui coûte le moins cher, c’est celui qu’on ne produit pas ». À Lorient, l’agglomération organise dans ce but des activités de sensibilisation à l’éco-consommation et de lutte contre le gaspillage alimentaire. Un concours scolaire pour dessiner le nouvel autocollant « Stop pub » a également suscité un regain d’intérêt pour ce petit geste écologique. Presque un foyer lorientais sur quatre affiche leur refus de la publicité, alors que 10 ans après son lancement national l’initiative de ces autocollants n’a atteint, en France, qu’un ménage sur dix.

Un annuaire du réemploi et de la récupération...

Troisième leçon pour les futurs éco-consommateurs : apprenez à éviter les déchets. Prospectus publicitaires, emballages, sur-emballages et sacs plastiques. Toutes choses éphémères et inutiles : sitôt achetées, sitôt à la poubelle. Il faut donc les éviter. Un autocollant « Stop pub », un cabas, et le tour est joué ! Un peu plus dur maintenant : certains magasins acceptent de vendre en vrac dans des contenants apportés par les acheteurs. Il n’y a plus qu’à trouver la bonne adresse près de chez soi pour supprimer une nouvelle série de sacs plastique. Limiter le remplissage de nos poubelles, c’est aussi l’objectif des Amis de la Terre qui ont mis en ligne un annuaire du réemploi et de la récupération. Une multitude de petites structures y sont référencées, que ce soit des bibliothèques, des réparateurs de téléphones, ou des associations qui reprennent les vêtements (à l’exemple de cette entreprise de textile à Caen, ou des Ateliers du Bocage, près de Cholet, pour l’électronique). Alors que les appareils électroniques et les vêtements sont difficilement recyclables, ils peuvent ainsi être réparés et gagner une seconde vie. Autant d’objets en moins dans les décharges.


~ La Consommation Collaborative, vous connaissez?... (FYI) ~

Quid des ordures résiduelles ?...

Composter, Recycler, Réutiliser, Réduire. À ces quatre verbe, Enzo Favoino ajoute un cinquième verbe en « R » (composter se dit rot en anglais) : Re-concevoir les produits. Car, il reste toujours un petit quelque chose à « sauver » de la décharge et de l’incinération. Même à Capannori, en Italie, qui peut facilement se vanter de son pourcentage de tri de déchets d’environ 82 %, il reste des ordures ménagères qui ne trouvent pas de solution de traitement et qu’on appelle ordures résiduelles. Depuis 2010, le « Centre de recherche Zéro Déchets » travaille donc, à Capannori, sur ces « restes » pour améliorer encore le traitement des déchets. « Quand nous sommes devant un sac d’ordures résiduelles, nous le séparons en trois catégories. D’un côté, ce qu’on pourrait recycler (papier, plastique, fraction organique) et qui se retrouve là suite à une erreur de tri. De l’autre, les objets réparables et réutilisables qui ne sont donc pas véritablement des déchets. Enfin, les objets non-recyclables. Pour nous, ce sont des erreurs de design industriel », explique Patrizia Lo Sciuto, membre du centre de recherche Zéro Déchets et coordinatrice de Zero Waste Italy. Paul Connett, chimiste américain, militant pour le Zero Waste depuis près de trente ans et également président du conseil scientifique du centre de recherche, est catégorique : « Si ça ne peut pas être recyclé, ni réutilisé, ça ne doit pas être produit ! » Le défi du centre de recherche est alors de trouver une solution satisfaisante. Paul Connett en appelle à la créativité pour concevoir des objets recyclables afin de remplacer ceux qui encombrent les étagères des chercheurs de Capannori, sans autre possibilité de réutilisation. En 2011, les membres du centre de recherche remarquent la multitude de capsules de café dans la fraction résiduelle des déchets. Certaines capsules sont un savant mélange de plastique, de papier huilé et de café. Après usage, il est impossible de séparer les matériaux pour les recycler. À Capannori, l’étude des capsules café commence … Quelques mois plus tard, les producteurs présentent des capsules éco-compatibles, faites avec du matériel biodégradable ou compostables. Un producteur va même jusqu’à inventer des capsules comprimées, comme une aspirine. La solution idéale, pour Patrizia Lo Sciuto, puisqu’il n’y a que très peu d’emballages avec ces capsules.

San Francisco : première ville sans déchets au monde ?...

Avec cette « stratégie des cinq R », le mouvement espère réduire l’incinération et la mise en décharge à néant. Zero Waste a connu ses premières grandes victoires au début des années 2000. En 2002, la ville de San Francisco a ainsi annoncé son intention de devenir la première ville sans déchets au monde en 2020. Même si ce n’est pas, encore, le cas de Milan et Lorient, d’autres villes affichent également le même objectif, notamment en Italie et au pays basque. Dans la province basque du Gipuzkoa, c’est l’opposition des citoyens à un projet d’incinérateur qui a ainsi permis de lancer l’objectif « Zero Zabor ». Paris et l’Île-de-France resteront-elles au bord du chemin ?

Florent Lacaille-Albiges

Source de l'article :
Composter, recycler, réutiliser, réduire : face aux déchets, ... (Basta!)

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MessageSujet: Re: Supertrash : Plongée dans l'univers de nos poubelles (en salles le 9 octobre 2013)   Lun 8 Déc - 0:33

Très intéressant tout ça, je pense que les grandes villes devrai utiliser les déchets pour chauffer des bâtiments. La technique existe et fonctionne apparemment à merveille.



VADEC SA Réseau de valorisation des déchets - Arc jurassien est l'entreprise régionale d'intérêt public chargée de la gestion globale des déchets dans le centre de l'Arc jurassien suisse.





Sa zone d'activité couvre un territoire englobant l'ensemble des cantons du Jura et de Neuchâtel, ainsi que le Jura bernois et une partie du Nord vaudois et concerne plus de 370 000 habitants de 193 communes.

L'entreprise exploite en propre deux centres de traitement à La Chaux-de-Fonds (où elle a son siège) et à Cottendart/Colombier NE.

VADEC est active sur l'entier de la chaîne de gestion des déchets, que ce soit au travers de ses propres prestations ou de celles de ses partenaires régionaux: sensibilisation à la réduction et au tri des déchets, mise en place et gestion de systèmes logistiques de collecte, développement et mise en œuvre de concepts techniques de traitement, valorisation des matières, production d'énergies, neutralisation et stockage final des déchets non-valorisables...


D'une économie linéaire à une économie circulaire


Agir localement, penser globalement. Le rôle de VADEC s'inscrit dans cette approche, aujourd'hui indispensable, de notre monde et de ses exigences vitales.
Les déchets, c'est... la vie! Tout processus naturel, toute activité humaine, génère une part de déchets. Il faut donc les intégrer efficacement à l’organisation de nos activités, et leur vouer la considération due à tout élément constitutif des cycles vitaux.





Les déchets que nous produisons ne peuvent plus être considérés comme des rebuts à éliminer. Il s’agit de matières premières transformées.

Or, elles n'existent qu'en quantité limitée sur notre planète. Pour ne pas épuiser ces ressources indispensables à la vie, nous devons en maîtriser l’utilisation dans le cadre d’un circuit optimalisé, compatible avec les équilibres naturels.
C'est le principe de l’économie «circulaire», qui se fonde sur une régénération permanente des ressources, en opposition à l’économie «linéaire» de l’usage unique (produire, utiliser, jeter).

Minimiser les gaspillages, les pertes de valeur des matières, c’est aussi maximiser la stabilité économique, favoriser un développement durable de notre civilisation. Une exigence écologique vitale peut donc être vue en même temps comme un formidable atout économique.

A son échelle, dans sa région, Vadec inscrit son action dans cette perspective: contribuer à régénérer au maximum les matières parvenues en fin d'un premier cycle d'utilisation; contribuer ainsi à la substitution durable d'une économie circulaire à une économie linéaire.



Incinération des déchets non recyclables et production d’énergie



Vadec achemine vers ses deux centres de traitement, et y incinère, 110 000 tonnes de déchets urbains par année, ainsi que 14 000 tonnes de boues de STEP du canton de Neuchâtel et du Nord vaudois (périmètre STRID).
La chaleur fournie par l’incinération alimente les réseaux de chauffage à distance de La Chaux-de-Fonds, exploité par Viteos, et du Littoral ouest neuchâtelois, exploité par Cadbar. Ceux-ci assurent le chauffage de plusieurs centaines d’immeubles: bâtiments publics, habitations, usines, écoles, etc. équivalant à l'approvisionnement en énergie thermique d'environ 20 000 habitants, et une économie de quelque 9 millions de litres de mazout par an. Les deux usines de valorisation thermique produisent également de l’électricité: environ 55 000 MWh/an.

Une partie est consommée sur place pour leurs besoins propres, le solde est injecté dans le réseau de distribution de Viteos et permet de couvrir la consommation annuelle de quelque 9000 personnes.




Le processus: maximum d’efficacité, minimum de nuisances!



Les deux usines sont des installations industrielles importantes, complexes et de technologie avancée. Fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, elles sont évidemment équipées pour assurer non seulement une exploitation optimale de l’énergie des déchets mais aussi une épuration optimale des rejets, afin de respecter les normes très strictes de la protection de l’environnement. Toutes les opérations sont informatisées. Le schéma explicatif illustre l’exemple de l’usine de La Chaux-de-Fonds, mais celle de Colombier présente des caractéristiques et capacités similaires.





Déchiqueteur




Les déchets trop volumineux pourraient obstruer l'entrée du four.
Tous les déchets dont la dimension dépasse un sac poubelle de 110 litres sont réceptionnés dans la fosse à déchets encombrants.
Les déchets encombrants sont fractionnés par déchiquetage et déversés dans la fosse principale.





Réception des déchets et halle de déchargement




Chaque jour ouvrable, 150 à 200 tonnes de déchets sont réceptionnées.
Tous les véhicules sont pesés à l'entrée et à la sortie.

Pour des raisons de sécurité et de contrôle, le déchargement se fait sous la surveillance d'un coordinateur.
La halle de déchargement est maintenue en dépression, c'est-à-dire que l'air circule uniquement de l'extérieur vers l'intérieur, afin de protéger le voisinage du bruit, de la poussière et des odeurs.



Stockage des déchets: fosse principale




Une fois déchargés et déchiquetés si nécessaire, les déchets sont déversés dans la fosse principale. C'est là qu'ils attendent d'être incinérés. Grâce à ses grandes dimensions (voir ci-dessous), la fosse peut absorber de gros arrivages de déchets.

Elle constitue ainsi une réserve de combustible permettant à l'usine de produire de l'énergie (chauffage et électricité) sans interruption.

La fosse est mise en dépression pour éviter la diffusion des odeurs et de la poussière.

En cas d'incendie, un système de générateurs de mousse est prêt à entrer en action.



Four et alimentation




Le grappin saisit les déchets dans la fosse et les dépose dans la trémie d'alimentation du four. C'est une sorte de gros entonnoir par lequel les déchets se déversent dans le four.

La fréquence d'alimentation du four est gérée automatiquement ou manuellement.

Cette masse compacte de déchets qui s'écoulent garantit l'étanchéité entre la chambre de combustion et l'extérieur du four.

A leur arrivée dans le four, les déchets se retrouvent sur une grille inclinée mobile qui fonctionne comme un tapis roulant. Elle est munie de deux pistes, ce qui permet de brasser les déchets pendant qu'ils brûlent.

De l'air est injecté à travers la grille pour réguler la combustion et aussi sur la partie supérieure du foyer (postcombustion) pour l'attiser.

La température du foyer est contrôlée à l'aide d'une caméra infrarouge.



Chaudière




La chaudière est constituée de rideaux de tubes d'acier dans lesquels circule de l'eau en circuit fermé.

Elle transforme l'énergie contenue dans les gaz de combustion en une énergie utilisable: la vapeur.

La vapeur naît de l'échange de chaleur entre les gaz chauds produits par la combustion des ordures et de l'eau froide dans les tubes de la chaudière et dans le ballon de chaudière. Cette vapeur surchauffée, dite "vapeur sèche", permet d'entraîner une turbine pour produire de l'électricité et aussi d'apporter de l'énergie au chauffage à distance.

Les tubes de chaudière dans la chambre de combustion sont protégés par un revêtement en céramique (partie basse) et par une couche d'alliage résistant à la corrosion et l'usure (partie haute).



Epuration des fumées par voie sèche: l'électrofiltre



L'électrofiltre permet de capturer les cendres dites «volantes» entraînées par les gaz de combustion.

Il est formé d'électrodes qui génèrent un champ électrique à haute tension. Les particules de poussière sont ainsi piégées puis récupérées à la base de l'installation.

Ce processus permet de récupérer une grande partie des éléments nocifs comme les cendres. Son efficacité pour capter les cendres volantes est de 99.9%.



Epuration par voie humide: le laveur de fumées




12 étages de pulvérisateurs forment des rideaux d'eau qui captent les poussières résiduelles, les gaz acides (HCl, HF) et les anhydrides de soufre (SO2, SO3).

La neutralisation de l'acidité de l'eau de lavage est réalisée par l'adjonction de lait de chaux puis de soude caustique.

Les gaz traversent ensuite un ensemble de venturi électrofiltrants. Ce sont des tuyères à fort champ électrique (jusqu'à 120’000 volts) où l'eau est condensée sur les plus fines particules de poussière. Celles-ci sont évacuées par un dernier rideau d'eau.



Circuit eau-vapeur




La vapeur surchauffée est acheminée à vitesse supersonique (340 mètres par seconde) aux installations de production d'énergie thermique (échangeur chauffage à distance) et électrique (turbine).

Après avoir transmis son énergie, la vapeur est condensée et revient sous forme liquide dans la bâche alimentaire, le réservoir d'alimentation de la chaudière.




Catalyseur de dénitrification



Ce processus permet l'élimination des oxydes d'azote (NO, NO2) et des dioxines. L'injection d'eau ammoniacale en amont du catalyseur induit les réactions suivantes:

4 NO + 4 NH3 + O2 > 4 N2 + 6 H2O

2 NO2 + 4 NH3 + O2 > 3 N2 + 6 H2O

Ce qui sort de la cheminée est donc de l'azote et de la vapeur d'eau.

Les concentrations de CO, NOx et SO2 sont mesurées en continu. Un contrôle indépendant des rejets atmosphériques est assuré par le Service de l'énergie et de l'environnement (SENE) et des rapports d'auto-contrôle lui sont fournis mensuellement.




Production d'électricité




Une partie de l'énergie thermique dégagée par l'incinération des déchets est transformée en électricité. Cette production couvre les besoins internes de l’usine. Le reste est acheté par Viteos SA, société publique de distribution d’électricité actionnaire de Vadec. Le courant électrique produit par Vadec est ainsi injecté dans le réseau.

En dehors de la couverture de leurs besoins internes (machines, éclairage, sécurité, bureaux…), les usines produisent surtout de l'électricité pendant la belle saison, lorsque la demande de chauffage est moins importante. Le but est d'utiliser l'énergie thermique dégagée par l'incinération indépendamment du temps qu'il fait.





Chauffage à distance




La plus grande partie de l'énergie dégagée par la combustion des déchets à Vadec est utilisée pour produire de la chaleur et chauffer des bâtiments. Pour l'usine de La Chaux-de-Fonds, cette énergie thermique est vendue à Viteos, qui exploite le CAD (chauffage à distance), le plus grand chauffage central de la ville. Celle de l’usine de Colombier est vendue à Cadbar, qui exploite le CAD de la Basse-Areuse. De nombreux bâtiments publics, scolaires, industriels, commerciaux ainsi que des quartiers d'habitation entiers sont raccordés à ce réseau et chauffés essentiellement par les déchets. C’est autant de cheminées individuelles qui peuvent être ainsi «économisées», mais surtout des quantités appréciables de mazout.

La distribution de chaleur s'opère par une succession d'échangeurs autonomes en circuit fermé. Celui de l’usine transmet l'énergie à celui du CAD, qui la cède à ceux de chaque immeuble ou groupe d'immeubles raccordé. Lorsque Vadec ne peut pas fournir assez d'énergie pour répondre à la demande (en cas de grand froid, de panne ou lors de révisions), une centrale d'appoint fonctionnant au gaz naturel prend le relais. En revanche, lorsque la demande est moins importante, par exemple en été, l'énergie thermique dégagée par l'incinération est essentiellement utilisée pour produire de l'électricité. Une partie sert cependant à la production d'eau chaude sanitaire.




Epuration des eaux et traitement des cendres




Epuration des eaux


Les eaux usées produites par les différents processus sont épurées en 5 phases:

1 Basification
2 Précipitation des métaux lourds et boues
3 Floculation
4 Décantation
5 Neutralisation des eaux épurées (PH de 8.5)

Les eaux épurées sont rejetées à l'égout.

Un prélèvement continu permet de constituer un échantillon journalier qui est analysé par un laboratoire indépendant.


Traitement des cendres et boues

Les cendres capturées dans le flux des gaz de combustion sont mélangées avec les boues d'épuration des eaux.

Les cendres et boues sont asséchées à 70% par vacuum.

Elles sont acheminées dans un centre de traitement où elles sont stabilisées et stockées dans une décharge contrôlée.



http://www.vadec.ch/






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MessageSujet: Re: Supertrash : Plongée dans l'univers de nos poubelles (en salles le 9 octobre 2013)   Jeu 11 Déc - 2:11

Norvège : par ici les déchets !




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La Norvège génère plus de 10 millions de tonnes de déchets par an, dont deux millions de tonnes d’ordures domestiques. Le pays fait la part belle au recyclage et à la récupération de matériaux. Et ce qui ne peut être réutilisé, tout ce qui dans la plupart des pays finirait en décharge, est ici transformé en énergie.



La municipalité d’Oslo vient d’investir 200 millions d’euros pour financer l’extension et la modernisation de l’un des deux incinérateurs de la ville. 310 000 tonnes de déchets y sont brûlées tous les ans, ce qui permet de chauffer 90 000 foyers et d’éclairer plus de 30 000 personnes. Les bénéfices sont multiples : les ordures partent en fumée, elles fournissent une alternative aux énergies fossiles, et les émissions polluantes sont extrêmement réduites.

Mais cette stratégie de substitution des énergies fossiles se heurte aujourd’hui à une improbable difficulté : la Norvège, championne du tri sélectif, manque d’ordures pour alimenter ses incinérateurs. Le troisième exportateur mondial de pétrole et de gaz est désormais importateur de déchets….



De Sévérine Bardon, Franck Vrignon et Olivier Marzin – ARTE GEIE / Baozi Productions - France 2014  






http://info.arte.tv/fr/norvege-par-ici-les-dechets







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MessageSujet: Re: Supertrash : Plongée dans l'univers de nos poubelles (en salles le 9 octobre 2013)   

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Supertrash : Plongée dans l'univers de nos poubelles (en salles le 9 octobre 2013)

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