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 De nouvelles mesures pour tenter de sauver la crédibilité de la BCE...

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MessageSujet: De nouvelles mesures pour tenter de sauver la crédibilité de la BCE...   Ven 11 Mar - 11:35

De nouvelles mesures pour tenter de sauver la crédibilité de la BCE...

Jeudi 10 mars, Mario Draghi a pris de nouvelles mesures d’assouplissement quantitatif.
L’enjeu sera de rassurer les marchés sur sa capacité à maîtriser le risque déflationniste.
Un défi de plus en plus difficile...




Marie Charrel a écrit:

(...) La troisième mesure clé est une nouvelle baisse du taux de dépôt, de – 0,3 % à – 0,4 %. Cela équivaut à augmenter la taxe sur les banques qui laissent dormir des liquidités à court terme auprès de la BCE. De quoi, en théorie, les inciter à augmenter leurs prêts à l’économie. Mais, en décourageant les capitaux tentés de se placer en zone euro, le taux de dépôt négatif vise également à tirer la monnaie unique à la baisse face aux autres devises. Ce qui est de nature à favoriser les exportateurs européens, et à augmenter le prix des produits importés, et, donc, l’inflation. Enfin, la BCE a également lancé de nouveaux targeted longer-term refinancing operations (TLTRO), ces prêts de long terme réservés aux banques de la zone euro qui prêtent à leur tour à l’économie. Depuis septembre 2014, plusieurs de ces prêts massifs leur ont déjà été accordés. « L’ennui, c’est qu’aujourd’hui les banques n’ont pas besoin de liquidités supplémentaires : elles ne savent déjà plus quoi en faire », explique Jean-François Robin, économiste chez Natixis. Les nouveaux TLTRO seront d’une durée de quatre ans. (...)

~ La BCE dévoile un nouvel arsenal de mesures pour soigner l’économie européenne (Le Monde)(Mars 2016) ~

C’est peu de dire que la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE jeudi 10 mars était attendue. Après le 3 décembre, où les annonces du président Mario Draghi avaient tant déçu, ce dernier a tenté de corriger le tir le 21 janvier en annonçant à mots à peine couvert une nouvelle vague de mesures en mars. Depuis, l’attente est devenue encore plus forte. Et pour cause : les indicateurs reviennent progressivement dans le rouge. Le sentiment économique de la zone euro se dégrade dans la foulée du ralentissement chinois depuis le début de l’année, le PMI manufacturier a ainsi reculé de 52,3 à 51,1 : encore en zone positive, mais en forte chute…

Or, dans l’esprit de l’institution, c’est le redressement de ces anticipations qui est la clé du succès de sa politique. Si le marché (et, donc, pour la BCE, les agents économiques) anticipe davantage d’inflation, les comportements s’ajusteront : le futur s’éclaircira, investir et embaucher sera plus simple. Sinon, les agents économiques s’attendront à un ralentissement de la baisse des prix. Ils se montreront davantage prudents et reporteront leurs actions, sans risque puisque l’inflation est faible. L’avantage du présent disparaîtra devant celui du passé et la logique déflationniste aura gagné. Il est donc impératif pour la BCE de convaincre les marchés qu’elle est déterminée à combattre l’inflation faible afin d’agir sur leurs anticipations. Et pour cela, il lui faut absolument faire oublier le « couac » du 3 décembre.


~ Zone euro : la BCE va plus loin que prévu pour soutenir l'économie (Chaîne YT d'Euronews)(Mars 2016) ~

Comment faire ? La BCE n’a cessé de dire qu’elle avait encore assez d’outils à sa disposition. Mais, jeudi, elle a surtout amplifier l’usage des outils déjà existants. Malgré une politique désormais très accommodante, la BCE demeure par essence une institution prudente, soumise à de multiples contraintes, parfois contradictoires. La difficulté de l’exercice consiste pour Mario Draghi à lancer un message fort, tout en restant dans des limites acceptables au regard de ses adversaires, notamment de la Bundesbank. Car si son président, Jens Weidmann, ne votera pas lors du Conseil des gouverneurs de ce jeudi, il sera présent et conserve une influence certaine sur l’assemblée.

La première mesure, la plus attendue, conserve le programme de rachat d’actifs publics, souvent identifié à l’assouplissement quantitatif (QE). Le 3 décembre, la BCE n’avait que prolongé jusqu’en mars 2017 ce programme, ce qui avait beaucoup déçu un marché qui attendait une augmentation du volume des rachats. « L’allongement de la durée du programme n’a pas d’effet immédiat, il ne répond pas aux inquiétudes actuelles. Les marchés ne s’occupent pas pour le moment de mars 2017, ils veulent des mesures efficaces maintenant », explique Frédérik Ducrozet qui considère que la date de fin du programme pourrait ne pas changer jeudi. Cette fois, la BCE rajoute en revanche sans doute entre 10 et 15 milliards d’euros au programme de rachat actuellement fixé à 60 milliards d’euros mensuels. Ceci représenterait une hausse de 17 à 25 % des injections de liquidités. En tout, d’ici à mars 2017, 110 à 165 milliards d’euros de plus. Frédérik Ducrozet imagine même une action plus forte : « la BCE pourrait augmenter temporairement les rachats à 20 milliards d’euros mensuels pour frapper fort, quitte à ralentir ensuite lorsque les inquiétudes actuelles seront passées. »



AFP avec Challenges a écrit:

(...) En outre, à partir d'avril, l'institution monétaire rachètera 80 milliards d'euros de dettes chaque mois, contre 60 milliards actuellement dans le cadre se son programme de "QE". En parallèle, elle a décidé de rendre éligibles à ces rachats des obligations émises par des entreprises non-financières de la zone euro, élargissant singulièrement le champ de son action. Enfin les banques seront à nouveau abreuvées de liquidités, avec de nouveaux prêts appelés TLTRO à long terme et taux très avantageux. L'objectif de toutes ces mesures est d'inciter les banques à faire circuler l'argent dans l'économie, pour faire repartir le crédit, les prix, et la croissance. Depuis trois ans la hausse des prix à la consommation en zone euro manque systématiquement l'objectif de la BCE, d'un chiffre proche de mais inférieur à 2%. (...)

~ Comment la BCE recharge son bazooka monétaire (Challenges)(Mars 2016) ~

C'est, en tout cas, le cœur du message de Mario Draghi : le QE2 est plus fort que le QE1. Reste une contrainte : les titres disponibles au rachat sont de moins en moins nombreux. La BCE s’est en effet donnée deux contraintes lors de la création de son QE : ne pas acheter des titres au rendement inférieur à son taux de dépôt et ne pas acheter plus de 33 % d’une dette pour ne pas influer sur le marché et ne pas être soumise aux clauses collectives qui, en cas de défaut, contraindrait la BCE à accepter une restructuration. Ces deux éléments étaient des gages donnés à l’Allemagne pour l’assurer que la BCE ne réalisait pas d’opérations « risquées » ou « à perte. » Dans le même esprit, les volumes des rachats par pays ont été fixés proportionnellement à la clé de répartition du capital de la BCE. L’Allemagne et la France sont donc les deux principales dettes concernées.

L’ennui, c’est que ces « garanties » données à la Bundesbank limitent considérablement le stock de titres à racheter. Aujourd’hui, la moitié des titres allemands sont inéligibles pour cause de baisse des taux et, comme l’Allemagne se désendette, la difficulté ne va cesser de croître. Pour rendre son action crédible, Mario Draghi devra donc l’accompagner de mesures permettant d’élargir le spectre des achats. Cet élargissement pourrait être l’occasion de rapprocher le QE de l’économie réelle en rachetant des prêts non titrisés, voire des actions d’entreprises européennes, mais aussi de cibler le QE sur des économies plus fragiles comme ceux du sud de l’Europe. Le problème, c’est qu’il s’agit d’une « ligne rouge » de la Bundesbank et qu’un tel élargissement pourrait provoquer une nouvelle plainte devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.

Le Temps a écrit:

(...) Un plan de désendettement de la zone euro consistant à déposer une partie des créances souveraines dans un pot commun sous l’autorité d’une institution financière? Pour Zsolt Darvas, cette idée ressemble beaucoup à la proposition d’émettre des euro-obligations pour alimenter le Fonds européen de stabilité financière mis en place pour aider les pays endettés. « En son temps, l’Allemagne, le plus grand bailleur de fonds de l’Union européenne (UE), y était opposée, rappelle l’économiste de Bruegel, un centre d’analyses politiques et économiques basé à Bruxelles. Il n’y a aucune raison qu’elle change d’avis et accepte finalement la mutualisation de la dette dans la zone euro. »

Ce plan de désendettement n’est autre que celui présenté la semaine dernière par les Genevois Charles Wyplosz, professeur d’économie, et Pierre Pâris, banquier. Nommé «Padre» pour ­Politically Acceptable Debt Restructuring in the Eurozone (Restructuration politiquement acceptable de la dette dans la zone euro), il préconise la création d’une agence qui reprendrait les dettes et les ferait disparaître en les transformant en obligations perpétuelles. Cette agence qui pourrait être la BCE organiserait le rachat des créances et l’opération serait financée par les marchés. Avec une annulation de 50% des créances, reparties en fonction des parts que les pays détiennent dans le capital de la BCE, la remise pour l’Allemagne reviendrait à 1234 milliards (45,1% de sa dette) et pour la Grèce à 128 milliards, soit 70,1% de sa dette. (...)


~ L’Allemagne, un obstacle au désendettement de la zone euro (Le Temps)(Février 2014) ~

On voit le dilemme de la BCE : ou ne rien faire et risquer une perte de crédibilité des mesures annoncées car le marché se posera la question de la faisabilité des rachats, ou agir et affronter l’Allemagne. Mario Draghi pourrait choisir d’agir prudemment en élargissant le QE à de nouvelles structures parapubliques (les « agences » dans le jargon de marché) comme ERDF ou RFE, par exemple. Mais, prévient Frédérik Ducrozet, il n’y aura pas d’élargissement massif des rachats à d’autres types de produits. « La BCE veut aussi se conserver des armes pour l’avenir », ajoute-t-il. Il sera, en tout cas, intéressant d’observer si Mario Draghi va plus avant dans son combat contre la Buba en s’attaquant à la clé de répartition des achats ou à la limite du taux de dépôt pour le rendement des titres rachetés. Dans les deux cas, Jens Weidmann pourrait y voir un casus belli qui favoriserait le financement des « mauvais élèves » de la zone euro et ferait prendre des risques aux contribuables allemands.

La BCE devrait également annoncer une nouvelle baisse de son taux de dépôt de 10 points de base, donc de -0,3 % à -0,4 %. « Cette nouvelle baisse est indispensable pour répondre aux attentes du marché », assure Frédérik Ducrozet. L’institution irait donc plus avant en territoire négatif, mais, en réalité, elle se contentera de s’ajuster aux attentes du marché avant le 3 décembre. Le but de cette baisse des taux est, rappelons-le, la même que celle d’une baisse du taux de refinancement en période « normale » : il s’agit de favoriser la circulation des excès de liquidités issues des rachats de la BCE pour faire baisser le taux interbancaire et favoriser ainsi les prêts à l’économie réelle. L’efficacité de ce schéma reste cependant à démontrer et l’ambition de ces taux négatifs est souvent plutôt de peser sur la devise. Or, la BCE a besoin d’urgence que l’euro s’affaiblisse davantage pour exercer une pression haussière sur l’inflation. Après l’entrée de la Banque du Japon en territoire négatif également, la réponse semblait devoir s’imposer.

Reste que, là aussi, le mouvement n’est pas simple. Ces taux négatifs agitent le marché qui craint un impact sur la rentabilité d’un secteur bancaire dont la santé n’est pas assurée. Une crainte alimentée, du reste, par le secteur lui-même, qui se plaint beaucoup des taux négatifs. Selon Frédérik Ducrozet, ces craintes sont exagérées : « j’estime le coût des taux négatifs à environ 2 milliards d’euros, ce qui est gérable au regard des bénéfices cumulés qui s’élèvent à 315 milliards d’euros. » Mais, là encore, l’effet psychologique joue. L’abaissement du taux négatif pourrait alimenter encore les craintes sur la rentabilité des banques. Nouveau dilemme, donc pour la BCE, soumise à un besoin de couper ses taux et à un risque de provoquer une crise du secteur bancaire.



Bruno Bertez a écrit:

(...) Les gens qui achètent ces dettes, qui prêtent cet argent considèrent que retrouver cet argent dans, mettons dix ans, est préférable à détenir du cash maintenant. Ils se séparent de leur cash qui ne rapporte rien et qui peut coûter ou être taxé ou confisqué et préfèrent la promesse faite par un gouvernement de les rembourser. Le coût du cash, ce n’est pas l’inflation, cela c’est une imbécillité de banquier, non le cout du cash c’est : le stockage, le risque de vol, le risque de démonétisation, le risque de taxation si il est en dépôt bancaire, c’est le risque de bail-in, c’est le coût que représente le racket de l’utilisation des cartes de crédit etc etc. Pourquoi acheter des fonds d’état si on est un particulier ? Parce que la signature de l’état est meilleure que celle de la banque. Parce que l’on veut à tout prix épargner même si cela n’est pas rémunéré. Parce que l’on est pessimiste sur ses ressources futures et on se dit qu’il vaut mieux conserver quelque chose, conserver un pécule pour plus tard, parce que l’on ne sait pas de quoi demain sera fait et surtout parce que l’on craint que les choses aillent encore plus mal. Accepter de ne pas être payé pour son épargne c’est un pari sur un avenir sombre ! La prévoyance a un coût, elle a un prix et vous devez maintenant payer pour essayer de conserver ressources pour plus tard. La logique qui prévalait dans les temps anciens, celle de la rémunération de l’épargne est renversée parce que l’avenir est sombre. Les taux négatifs sont un signe, un signal. Les idiots qui gouvernent voudraient que vous soyez optimistes mais ils agitent le drapeau rouge de la catastrophe à venir ! (...)

~ Les dessous de la grande crise bancaire silencieuse (Le Blog à Lupus)(Février 2016) ~

Pour le résoudre, une solution « à la suisse » semble se dessiner. Comme dans la Confédération, la BCE pourrait décider de ne taxer les excès de liquidités qu’au-delà d’une certaine proportion. Les banques disposeraient alors d’un « coussin de sécurité » et seraient moins touchées par le coût du taux négatif, même plus élevé. Benoît Cœuré, le membre français du directoire de la BCE, a évoqué ce mécanisme voici peu. Mais cela ne risque-t-il pas de réduire l’efficacité, déjà contestée, des taux négatifs ? « Pas vraiment, estime Frédérik Ducrozet, car sur les 700 milliards d’euros d’excès de liquidité, 300 milliards seulement sont « utilisés » pour faire baisser les taux. » Par ailleurs, les « excès de liquidité » concernent de « l’argent de banque centrale » qui ne circule qu’entre les banques et la banque centrale. Ce montant va logiquement augmenter avec le QE, réduisant l’impact du « coussin de sécurité. » Reste une dernière question, la plus centrale : la BCE peut-elle, malgré tout, encore convaincre ? La BCE a engagé sa baisse des taux en octobre 2013, elle a pris ses premières mesures non conventionnelles en juin 2014 et a lancé son QE en mars 2015. Et l’inflation reste désespérément basse. Même si la BCE conserve des armes, sa capacité à agir réellement s’émousse. Les outils qui demeurent à sa disposition commencent à s’amenuiser. On sait que les prochaines étapes seront plus délicates à mettre en place, en raison de l’opposition allemande. Surtout, les marchés commencent à prendre conscience que le QE n’a qu’un caractère « défensif » contre la déflation, mais que sa capacité à faire remonter l’inflation est faible. Or, dans un contexte international où les banques centrales sont fortement en concurrence pour « exporter » leur déflation, la tâche devient très difficile.

Rajouter 10, 15 ou 20 milliards d’euros mensuels au QE sera-t-il alors suffisants pour rétablir cette crédibilité ? Sans doute à très court terme pour rassurer les marchés et stabiliser la situation. Mais la BCE est en permanence sur la corde raide. « La BCE est crédible tant qu’il y aura une augmentation même lente de l’inflation sous-jacente », estime Frédérik Ducrozet. Mais plus l’inflation reste faible longtemps, plus il est difficile de redresser les anticipations, et plus l’inflation demeure faible : c’est la principale leçon de l’histoire récente du Japon. Or, la BCE, isolée, utilise et renforce un outil qui a montré son incapacité à redresser l’inflation. Et si le problème n’était pas quantitatif, mais qualitatif ? De plus en plus, il semble évident que sans utilisation du levier budgétaire, la bataille de la BCE est perdue d’avance. Elle combat une réalité qu’elle maîtrise de moins en moins bien. « Sans recours à une politique d’investissement public forte, le QE conduit à des mauvaises allocations des ressources et a un impact faible sur l’inflation et l’action de la BCE semble vaine », remarque Christopher Dembik, économiste chez Saxo Bank. Lequel redoute un scénario à la japonaise : « Au Japon, l’action budgétaire a été trop tardive et redresser les anticipations des agents économiques relève de la gageure, c’est ce qui menace désormais la zone euro. » Tout se passe comme si la politique monétaire, sur laquelle les Etats se sont quasi exclusivement appuyés depuis 2007, arrivait au terme de ses possibilités.

Sauf que, dans le cadre budgétaire de la zone euro, encore renforcé en 2011 et 2012, le levier budgétaire est inopérant. Il l’est d’autant plus que l’Allemagne, qui dispose de marge de manœuvre, refuse d’agir. Et la BCE est prise dans un piège. En tant qu’institution, elle ne peut remettre en cause le cadre budgétaire et, mercredi 2 mars, Benoît Cœuré a ainsi martelé qu’il n’y a pas de marge de manœuvre budgétaire. Et pourtant, elle ne peut plus être efficace sans ce levier budgétaire. Elle est donc prise dans ses contradictions. Le risque, c’est que le marché ne croit plus à sa capacité à agir seule. Comme la politique budgétaire ne viendra pas, la BCE risque de ne plus convaincre à terme. Et la reprise en zone euro, déjà faible, sera désormais en grand danger.

Romaric Godin

Source de l'article :
La BCE va tenter de sauver sa crédibilité avec de nouvelles mesures (La Tribune)(Mars 2016)

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