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 Ces politiques dites d’« austérité » qui ont été mises en place depuis 2010...

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Golden Awaken
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MessageSujet: Ces politiques dites d’« austérité » qui ont été mises en place depuis 2010...   Mar 14 Oct - 14:30

Ces politiques dites d’« austérité » qui ont été mises en place depuis 2010...

La dernière note de conjoncture de l’INSEE insiste sur l’atonie de la croissance en France.
C’est un constat, et il n’est pas discutable. Cette atonie peut être liée à des politiques dites d’« austérité »...



~ Extraordinaire : l'austérité est une erreur mathématique ! (FYI) ~

Mais, sur ce point, le débat est beaucoup plus important. Certains, et non des moindres, contestent même le qualificatif d’« austérité » au prétexte que les déficits publiques continueraient de croître. Ce point est indiscutable. Mais peut-on en inférer une absence de l’austérité ? Car, si les déficits se maintiennent et s’amplifient, ils n’ont pas eu toujours le même sens, et ils ne reflètent pas les mêmes politiques. En fait, cette question pose le problème de savoir à quoi sert la croissance à un moment donné. On propose alors de distinguer les situations suivantes dans l’économie :

• Une situation d’expansion de la consommation, qui se traduirait par le fait que celle-ci croîtrait plus vite que le PIB, auquel cas on pourrait dire que « le pays vit au-dessus de ses moyens ».
• Une situation où l’investissement croît plus vite que le PIB (qu’il s’agisse de l’investissement des ménages, c’est à dire le logement, de celui des entreprises non-financières ou des administrations publiques). Dans ce cas on peut parler de « surchauffe » de l’économie, ce qui peut être plus ou moins justifié (par exemple dans le cas où l’investissement a été très faible dans les années précédentes, ou si existent des besoins collectifs impliquant un fort effort d’investissement des administrations publiques).
• Une situation où le PIB s’accroît plus vite que la consommation et l’investissement, ce qui correspond à la définition rigoureuse d’une politique d’austérité.


On applique cette méthodologie dans le cas de la France tout d’abord aux statistiques de ces trente dernières années (1984-2014), puis on regarde plus particulièrement l’évolution depuis la crise de 2008 (crise financière internationale dite « des subprimes »).


~ Inside Job (documentaire) : une analyse exhaustive de la crise financière mondiale (FYI) ~

Un contexte austéritaire de longue période

Un premier constat s’impose si l’on regarde les trente dernières années, c’est que la France a vécu plutôt sobrement. La croissance du PIB a été plus rapide que celle de la consommation, et en particulier la consommation des ménages. On constate d’ailleurs que les consommations collectives (consommation totale-consommation des ménages) ont en particulier permis la stabilisation de la consommation de 1992 à 1994. Ce n’est que pendant la crise financière, en 2008 et 2009, qu’il y a eu une relance délibérée par la consommation. Mais, ce mouvement s’est arrêté dès 2010 et l’écart entre le PIB et la consommation des ménages n’a cessé de croître depuis 2010. Il est ainsi faux de prétendre que les français vivraient « au-dessus de leurs moyens ». On constate plutôt, que ce soit sous des gouvernements de droite comme de gauche, que la consommation reste modérée.


~ Comment nos existences ont été industrialisées (Yovan Menkevick, Reflets) ~

Mais, il est intéressant de constater que l’on peut faire un constat assez différent si l’on regarde l’investissement, à l’exception notable de l’investissement des ménages (FBCF des ménages). En fait, en début de période (1984-1990) la FBCF des ménages est largement au-dessus du PIB. Elle tombe avec la crise immobilière de 1991, mais elle voit alors sa contraction compensée par un investissement très important des administrations publiques. En fait, de 1986 à 1992, les administrations publiques vont fortement accroître leurs investissements. Il en va de même pour les entreprises qui, partie de très bas en 1984, accroissent aussi fortement leurs investissements. Tout se passe comme si l’économie française consacrait alors une part importante de ses ressources à l’investissement. C’est une France de « fourmis » et non de « cigales » que l’on observe alors. Par contre, de 1992 à 1997, l’investissement croit moins vite que le PIB. A nouveau, de 1997 à 2000 on assiste à une forte poussée de l’investissement, qu’il s’agisse des entreprises ou des ménages. Mais, alors que les ménages vont continuer leurs efforts après 2000, l’investissement des entreprises retombe et ne redémarrera qu’en 2007, pour une période courte car ce mouvement sera cassé par la crise. Par contre, on voit que la FBCF des ménages s’accroit bien plus vite que la PIB de 2002 à 2007. Cela correspond à une situation particulière dans l’immobilier, qui a été créés à l’aide de déductions fiscales.



Seb Musset et Rémi Andréoletti a écrit:
(...) Les prix décollent une première fois de 1998 à 2003. Puis, de 2003 à 2008 ils entament une seconde phase d’accélération plus prononcée jusqu’au contrecoup européen de la crise des "subprimes". Mais, à la différence des autres pays où l’immobilier ne se redressera pas, chez nous les prix repartent à la hausse moins d’un an après, jusqu’au premier trimestre 2012 où ils redescendent. (...) La bulle immobilière française n’est pas comme les autres. Plus longue, plus soutenue, elle n’a pas une raison, mais des raisons. Si l’avidité généralisée a son poids, on y trouve aussi des motifs psychologiques, un mélange de craintes et de manipulations sur fond de croyances, puis, en fin de ligne, un soutien fiscal appuyé du précédent gouvernement. (...)

~ Petite histoire de la bulle immobilière française (Enquête de Rémi Andréoletti) ~



Fondamentalement, l’investissement n’a pas été sacrifié sur longue période, même si l’on observe des mouvements de compensations entre l’investissement des entreprises, celui des ménages et celui des administrations publiques. Par contre, il est significatif que l’introduction de l’Euro (fin 1999) ait entrainé une forte chute de l’investissement des entreprises. Globalement, de même que ‘on ne peut pas dire que les français aient « vécu au-dessus de leurs moyens », on ne peut pas dire non plus, sauf en début de période, qu’ils aient faits des efforts extraordinaires pour l’investissement.

La situation actuelle

La crise financière a été combattue par le gouvernement de François Fillon et de Nicolas Sarkozy par une politique relativement agressive de grands travaux (investissements des administrations publiques) et un soutien à la consommation. Mais, à partir de 2010, le changement de politique est très net. On voit l’investissement des administrations publiques chuter (résultats d’une austérité budgétaire), celui des ménages s’effondrer aussi, tandis que l’investissement des entreprises, après une reprise qui dure 18 mois environ stagne, voire décroît à partir de 2013.







Ceci traduit une politique d’austérité budgétaire évidente. Si l’on combine ce résultat à l’évolution de la consommation, et en particulier de la consommation des ménages à la même époque, on est bien dans un cadre général d’austérité. En fait, dans un contexte européen déprimé, avec une crise sérieuse en Espagne et en Italie, la politique budgétaire du gouvernement français aurait dû être expansive. Mais, on sait que cela aurait entraîné des problèmes de compétitivité encore plus graves que ceux auxquels nous faisons face. En réalité, c’est ici que nous mesurons le drame du cadre de l’Euro. Sans l’Euro, la France pourrait pratiquer une politique de relance tout en dépréciant sa monnaie par rapport à l’Allemagne et aux pays de la zone Dollar. Cette relance se ferait à compétitivité constante voire croissante vis-à-vis de ces pays, mais elle aurait donné le surplus de demande dont l’Italie et l’Espagne avait (et ont) besoin. C’est donc en réalité le cadre contraignant de l’Euro qui oblige les pays de la zone d’imiter non pas les conditions structurelles de l’Allemagne mais les symptômes apparents. De fait, la politique de l’Allemagne visant à obtenir un fort excédent courant, dans un cadre international de faible croissance, s’avère profondément destructrice pour ses voisins. Nous sommes dans une situation analogue à celle de la fin des années 1920 et du début des années 1930 quand certains pays étaient prisonniers de l’étalon-Or. L’Euro a les mêmes effets macroéconomiques que ce dernier. On sait que la solution fut une sortie, en ordre dispersé, de l’étalon-Or.

Nicolas Kokel a écrit:
Lew Rockwell : Si nous devions établir un étalon-or réel, la famille Américaine moyenne en retirerait d’extraordinaires bénéfices : en premier lieu, il y aurait plus d’emplois, de meilleurs emplois, des emplois plus sûrs, plus d’opportunités économiques, plus de cycles économiques, plus de récessions ni de dépressions ; les économies des individus seraient sécurisées ; vous ne devriez plus vous inquiéter lorsque vous économisez pour vos vieux jours que la valeur de vos économies vous soit dérobée par la banque centrale et par le gouvernement central, comme elle l’est à ce jour.

Dans le cadre d’un étalon-or à 100%, il n’y aurait plus de place pour le système des réserves bancaires fractionnaires. Pour valider les comptes et autres dépôts de valeurs, les banques seraient tenues de conserver les réserves à disposition pour répondre à la demande des déposants. Les banques recevraient des honoraires de leurs clients pour conserver leur or. Dans l’industrie des prêts bancaires, les investisseurs prêteraient leur monnaie contre intérêts pour une durée déterminée. Lorsque l’étalon-or sera mis en place, les déposants auprès des établissements bancaires auraient toujours accès à leur monnaie, et les investisseurs seraient tenus informés par leur balance des paiements, tandis qu’au niveau national, les dépenses gouvernementales en seraient fermement bridées.                  

Ron Paul : Vous obtenez, en comparaison, une stabilité des prix. Vous obtenez un valeur marchande stable de la monnaie. Vous éliminez les cycles d’activité économique. Vous obtenez des taux d’intérêt raisonnables plutôt que des taux en perpétuelle oscillation, et vous vous débarrassez des manipulations politiques des taux intérêts et de la manipulation politique de l’offre monétaire. Et tout ceci, dès lors, préserve la richesse et construit de la richesse et permet la croissance économique.

C’est aussi simple que cela : une monnaie tangible est synonyme de prospérité économique et gouvernement limité ; la monnaie intangible est synonyme d’inflation, de récessions et de dépressions, et de gouvernement omnipotent. Quel type de système souhaitez-vous pour votre famille ? Ne désirons nous pas la prospérité et la sécurité que nous pourrions transmettre aux générations futures ? La transition vers un étalon-or ne sera pas facile, mais comme le disait Murray N. Rothbard : « L’alternative est bien pire ». « Depuis 1980, la Fed a bénéficié du privilège du pouvoir absolu pour faire littéralement tout ce qu’elle veut : non seulement acheter des valeurs mobilières du gouvernement US, mais aussi n’importe quel actif, ou n’importe quelle quantité d’actifs, et d’inflater le crédit selon son bon vouloir. Il n’y a aucune contrainte qui pèse sur la Réserve Fédérale. La Fed est le maitre de tous ses contrôles. »

~ La monnaie, le système bancaire et le Système de la Réserve Fédérale (Les Investissements) ~
Pour ceux désireux de voir la vidéo d'où sont tirés les commentaires ci dessus : Cliquez Ici

De ce point de vue, les politiques de « super-austérité » qui sont prônées par des hommes politiques comme François Fillon et, dans une moindre mesure, Alain Juppé, sont l’équivalent de la politique de Pierre Laval. Mais, la politique actuelle du gouvernement n’est qu’une variante « molle » de cette même politique. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que la croissance soit atone, avec les conséquences évidentes sur le déficit budgétaire et la dette publique, mais aussi en termes de chômage de masse. L’impasse politique dans laquelle le gouvernement s’est lui-même enfermé, comme un grand et sans l’aide de personne, risque d’aboutir à relativement court terme à une explosion sociale et des ruptures politiques majeures. Les forces politiques qui auront le courage de sortir de l’Euro en tireront tout le bénéfice politique, tout comme ce fut le cas pour les forces politiques qui eurent le courage de liquider l’étalon-Or, et cela ne sera que justice.

Jacques Sapir

Source de l'article : Austérité ? (RussEurope)

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MessageSujet: Le jour où la finance a tué l'économie...   Mer 29 Oct - 20:02

Le jour où la finance a tué l'économie...

Eva Zaki est conseillère financière et chercheuse en alternatives économiques.
La conférence est donnée au Palais Mascotte (Genève),
dans le cadre des Soirées de la Rime (par Sylvie Rime), le 9 septembre 2014...




Source Vidéo : La Chaîne YT des Nos-Alignés

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