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 Les Livres Conseillés sur les Réalités Historiques

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MessageSujet: Les Livres Conseillés sur les Réalités Historiques   Lun 9 Juin - 15:13

Wall-Street et la révolution bolchevique

En 1917, avant l'éclatement de la révolution bolchevique en Russie,
des entreprises de Wall Street notamment, ont pu indirectement mettre en place des opérations
visant à permettre l'avènement de cette révolution.




Wall Street et la Révolution Bolchevique
Auteur : Anthony Sutton
Editeur : Le Retour Aux Sources (26 Août 2012)
ISBN : 2355120447
Prix : 19,00 € (378 pages)


Tout d'abord avec l'accord du président de l'époque Woodrow Wilson, qui fournit un droit d'asile à Trotsky tout en sachant qu'il prévoyait de poursuivre la révolution et de l'amener à son terme. L'auteur note également, d'après les travaux d'autres auteurs, le fait que Lénine a été financièrement soutenu par le gouvernement allemand, et que les partis bolchéviques et menchéviques ont également été financés et organisés par ce gouvernement. Le gouvernement allemand avait pour objectif de sortir la Russie de la guerre, et de contrôler le marché russe d'après guerre. Les entreprises de Wall Street quant à elles ont financé la révolution bolchevique par l'intermédiaire d'Olof Aschberg, propriétaire de la banque suédoise Nya Banken. Olof Aschberg était considéré comme « le banquier de la révolution ». Il fournit aussi bien des fonds suédois, allemands, anglais, qu'américains pour financer les bolcheviques. Le financement américain venait en partie de la Guaranty Trust Company, une organisation défendant dans un premier temps les intérêts de J.P. Morgan. Ce soutien financier permit ainsi à la Nya Banken et à la Guaranty Trust Company d'avoir un certain poids dans la direction de la banque bolchevique créée en 1922, la Ruskombank. En effet, Olof Aschberg fut son directeur, quant à Max May, vice-président de la Guaranty Trust Company, il fut le directeur des opérations internationales de la Ruskombank. Le financement des bolcheviques par Wall Street peut également être mis en relation par la mission de la Croix Rouge américaine en Russie en 1917. Cette mission, censé avoir des fins humanitaires, était composée de représentants de toutes les grandes entreprises de Wall Street, que ce soit la Réserve Fédérale, la Chase National Bank, ou encore la National City Bank of New York. Cette mission fut supervisée par William Boyce Thompson président de la Réserve Fédérale de New York qui avait pour objectif de permettre la liberté de prêt, et de créer un programme de propagande pour l'avènement de la révolution bolchevique. Il voulait également maintenir la Russie en guerre contre l'Allemagne afin d'empêcher les entreprises de ces dernières d'entrer sur le marché russe au profit des entreprises américaines, en envoyant des révolutionnaires bolchéviques et des équipes de propagande en Allemagne en 1918.

~ Gouvernement provisoire, très provisoire (La Guerres des Moutons) ~

Antony Sutton explique l'ensemble de ces connexions entre les entreprises de Wall Street et les personnages clés ayant amené la révolution bolchévique à éclater, par le fait que les entreprises de Wall Street ont pour objectif de s'implanter dans le marché soviétique afin d'exploiter commercialement la Russie. Cette implantation s'effectuera notamment au travers de l'American International Corporation qui est une organisation regroupant en premier lieu les intérêts de J.P. Morgan, de James Stillman le président de la National City Bank of New York, et des Rockefeller. D'ailleurs ces financements ont été annoncés par Lénine lui-même, avant le dixième Congrès du Parti Communiste Russe du 10 mars 1921, comme étant une nécessité tant la situation économique du pays était catastrophique et que le système ne pouvait perdurer sans ces fonds. À la suite de l'ensemble des faits exposés par l'auteur sur l'implication d'un pouvoir économique et politique, américain notamment, pour promouvoir intentionnellement la révolution bolchevique, Antony Sutton a surtout voulu expliquer les moyens dont jouissaient les entreprises de Wall Street pour mettre en place cette révolution. Ces entreprises ont en effet, d'après les travaux de l'auteur, provoqué la révolution bolchevique par l'intermédiaire de certaines sphères des pouvoirs politiques et économiques. Antony Sutton a également voulu explorer la théorie selon laquelle Trotsky était un élément clé pour faire naître cette révolution, et qu'il ne fut en fin de compte qu'une création de certaines entreprises de Wall Street, dans le sens où sans leur soutien, Trotsky n'aurait jamais pu avoir l'influence qu'il a eue pour faire éclater la révolution bolchevique. C'est le même cas pour Lénine qui fut financé par le gouvernement allemand. Finalement ce sont les partis bolchéviques et menchéviques qui ont pu avoir autant d'importance grâce aux financements américains et allemands. L'auteur évoque enfin les intérêts qui ont poussé ces entreprises à vouloir faire naître cette révolution, qui sont des intérêts purement financiers en surface, du fait de l'opportunité de voir naître de nouveaux marchés. De plus les financiers internationaux profiteront davantage d'un pouvoir centralisé et international afin de pouvoir négocier plus facilement avec le pouvoir en place, c'est ce que permet le communisme, notamment au travers de Trotsky qui est avant tout un internationaliste. Toutefois lorsque l'on met en relation l'influence dont jouit la sphère économique sur la sphère politique aux États-Unis notamment, il est envisageable d'évoquer l'hypothèse selon laquelle la révolution bolchevique avait également pour intérêt de permettre d'étendre cette domination sur le territoire russe. C'est tout du moins ce que va vouloir démontrer Antony Sutton sur l'ensemble de son œuvre.

Tirant ses informations de l’examen de dossiers du Département d’État, des archives personnelles de personnages clés de Wall Street, de biographies, d’articles de presse et de livres d’historiens classiques, Sutton nous révèle :
• Le rôle que jouèrent les dirigeants des banques du groupe Morgan dans l’acheminement illégal d’or bolchevique vers les États-Unis.
• Le détournement de la mission de la Croix-Rouge américaine en Russie par les puissants de Wall Street .
• L’intervention de Wall Street pour obtenir la remise en liberté de Léon Trotski, le révolutionnaire dont l’objectif était de renverser le gouvernement russe.
• Les accords passés par de grandes entreprises afin de capter l’énorme marché russe, quinze ans avant la reconnaissance officielle du gouvernement soviétique par les États-Unis.
• Le soutien au communisme, actif mais secret, par des hommes d’affaires de premier plan, lesquels se faisaient publiquement les champions de la libre entreprise.
Sources (extraits) utilisées pour ce billet :
Antony Cyril Sutton (Wikipédia)
Wall Street et la Révolution Bolchevique (Le Retour aux Sources)

Pour aller plus loin, de larges extraits peuvent être consultés aux liens ci-dessous :
Wall Street et la révolution bolchévique (Professeur Antony Sutton)(Le Blog de Résistance 71)

~ 1ère Partie ~
~ 2ème Partie ~
~ 3ème Partie ~
~ 4ème et dernière partie ~

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MessageSujet: Les Armées Secrètes de l'OTAN   Jeu 8 Jan - 17:31

Les Armées Secrètes de l'OTAN

L'existence de "Gladio", l'armée secrète italienne,
fut révélée par le Premier ministre Giulio Andreotti en 1990 ; à la suite de quoi la presse
parla du « secret politico-militaire le mieux gardé, ... depuis la fin de la deuxième guerre mondiale »
et nota que : « L'histoire semble tout droit sortie des pages d'un thriller politique »...


Hebergeur d'image

Les Armées Secrètes de l’OTAN :
Réseaux Stay-Behind, Opération Gladio et Terrorisme en Europe de l’Ouest

Auteur : Daniele GANSER
Préface : John PRADOS
Traduit de l’anglais par : Thomas JAMET
Titre original : NATO’s Secret Armies, paru chez Franck Cass.
N° ISBN : 978-2-917112-00-7
Nouvelle édition (30 août 2011)(Les Editions Demi-Lune)
Prix : 22€00


Historien spécialisé dans l'histoire contemporaine et les relations internationales depuis 1945, Daniele GANSER enseigne à l'université de Bâle. Ses travaux actuels portent sur la prétendue « guerre contre la terreur » et le pic pétrolier. Invité à maintes reprises par le Parlement et la télévision nationale suisses pour partager son expertise en matière de politiques étrangère et de sécurité, Ganser voit ses livres, articles scientifiques, articles de journaux et interviews publiés dans différents pays.

Ce livre raconte comment, après la seconde guerre mondiale, la CIA et le MI-6 britannique mirent en place des armées secrètes anti-communistes dans tous les pays d’Europe de l’Ouest, et par quels processus ces réseaux Stay-Behind de l’OTAN s’allièrent dans certains pays à des groupes terroristes d’extrême droite, avec des conséquences particulièrement tragiques. Depuis, ces armées secrètes de l’OTAN, ont également été découvertes en France, en Belgique, au Luxembourg, en Suisse, en Espagne, au Portugal, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark, en Norvège, en Suède, en Finlande, en Autriche, en Grèce et en Turquie. Au niveau international, leurs actions étaient coordonnées par le Pentagone et l’OTAN et leur dernière réunion connue se déroula à Bruxelles en octobre 1990. À l’heure de la menace de "l’hyperterrorisme", ce livre de référence revient sur les attentats de la gare de Bologne, de la Piazza Fontana, les attaques des tueurs fous du Brabant, l’enlèvement et l’assassinat d’Aldo Moro et demande s’il s’agit d’actes de terrorisme sous fausse bannière, fabriqués pour accroître la stratégie de la tension…

Professeur Georg Kreis a écrit:

Fruit du travail de 4 années de recherches, ce livre courageux d'un brillant spécialiste suisse rompt enfin le silence qui a longtemps prévalu sur les armées secrètes de l'OTAN.


Professeur Rohan Gunaratna a écrit:

Avec l'intensification de la menace terroriste en Europe, les événements choquants relatés dans le livre remarquable de Ganser pourraient se répéter à notre époque.


Professeur Andréas Wenger a écrit:
Ganser ouvre un ensemble de questions inexplorées sur l'OTAN et la partie cachée de la guerre froide.


Nigel West a écrit:
Une page jusqu'ici inconnue de l'histoire secrète de la guerre froide est maintenant révélée.


Professeur Jussi Hanhimaki a écrit:
Les découvertes du Dr Ganser posent des questions fondamentales sur la nature de la guerre froide et le rôle des services de renseignement dans les sociétés démocratiques.


Noam Chomsky a écrit:
Cette étude méticuleuse et soignée, incisive, révèle pour la première fois l'ampleur, la noirceur et les implications menaçantes des armées secrètes créées par l'OTAN. La lecture de ce livre important de Ganser s'avère une urgence, particulièrement dans la période que nous traversons.



Source Vidéo : 1950-1990 Les armes secretes de l'OTAN (Chaîne YT de BMS1151 .)

Sources utilisées pour ce billet :
Les Armées Secrètes de l’OTAN (Les Editions Demi-Lune)
Les Armées Secrètes de l’OTAN : Réseaux Stay-Behind, Opération Gladio et Terrorisme en Europe de l’Ouest (ReOpen 9/11)

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MessageSujet: Re: Les Livres Conseillés sur les Réalités Historiques   Lun 2 Nov - 21:19

La cendre et la braise : Le réseau OAS-Est en métropole (1961-1962)






Naissance, vie et mort d'un réseau de l'OAS dans la France métropolitaine : action, arrestation, condamnation, prison : voici le témoignage tardif d'un Pieds-noirs, de l'un de ceux qui, il y a une quarantaine d'années, ne voulaient pas rendre la place et qui, s'ils ont été vaincus, n'ont pas failli aux leurs. L'OAS fut leur Résistance contre la trahison gaulliste.

Ce livre-témoignage replace l'action du réseau dans son contexte, explique aussi les motivations d'un engagement et dresse un réquisitoire contre les monuments en carton-pâte de l'histoire officielle, contre les mensonges et les oublis de cette même histoire qui, des vaincus, se plaît à faire des coupables. Certes, au regard de l'immense drame qui a broyé tant d'existences et suscité tant d'héroïsme, cette contribution paraîtra modeste, et modeste le sacrifice de quelques années de leur jeunesse.

Ils ont tissé dans l'ombre, dans une vaine course contre le temps et avec des moyens dérisoires, quelques fils d'une histoire tragique, d'une histoire d'amour. C'était il y a plus de cinquante ans, c'était hier. Aujourd'hui, c'est à ce titre qu'il prend place, en toute modestie, dans l'histoire et la mémoire de l'Algérie française. Pour que vive le souvenir.



de Gérard Lehmann  (Auteur), Pierre Montagnon (Préface)
http://www.amazon.fr/La-cendre-braise-métropole-1961-1962/dp/2353742548



Entretien avec Gérard Lehmann, auteur de La Cendre et la Braise. Le réseau OAS-EST en métropole (1961/1962), éditions Dalpha, préface de Pierre Montagnon.

(Propos recueillis par Fabrice Dutilleul ; entretien paru dans le quotidien Présent)


Légende : Fabrice Dutilleul      Gérard Lehmann

Vous témoignez sur votre activité dans l’OAS métropolitaine. Qu’est-ce qui vous a poussé à évoquer ce passé après si longtemps ?


La raison est la même que celle qui a poussé ceux de ma génération à revenir sur la tragédie de l’Algérie française : le désir de laisser un témoignage pour les générations à venir, de raconter l’histoire d’un engagement et ses motivations, de transmettre un autre message que celui d’un politiquement correct qui, aujourd’hui plus que jamais, est dans l’air du temps ou, plus exactement l’empoisonne !

Pourquoi  alors, avoir attendu si longtemps ?


Il est vrai que de longues années ont passé depuis 1964, année où je suis sorti de prison. J’y avais commencé des études de lettres, allemand et langues scandinaves, je les ai poursuivies à l’étranger, au Danemark où je me suis installé, où j’ai fondé une famille et où j’ai poursuivi une longue carrière universitaire. Il a fallu un déclic, un grave accident de santé pour que je me dise : il est plus que temps de laisser un témoignage. Après tout, l’OAS reste la marque visible de la résistance des Français d’Algérie et des Français de la Métropole à l’abandon d’une terre française.

Mais  La cendre et la braise n’est pas seulement un témoignage sur l’activité du réseau OAS dans l’Est de la métropole ?

J’ai voulu raconter et aussi expliquer. D’ailleurs, mon livre est sous-titré « réflexions et souvenirs », les deux se tiennent. Il était naturel de replacer l’action de notre réseau dans son cadre national, dans cette histoire de la France souillée par un personnage qui était un militaire, mais certainement pas un soldat, personnage soutenu par les idéologues d’un univers totalitaire, en pleine guerre froide. Mais notre histoire est avant tout une histoire d’amour.

Y a-t-il une leçon à tirer de votre passé ?

Certainement. Regardez ce qui se passe depuis une cinquantaine d’années de l’autre côté de la Méditerranée, et regardez aussi ce qui se passe dans une société menacée par la disparition de ce qui est l’âme de notre peuple et même de notre nation telle que les siècles l’ont façonnée. Je salue les premiers signes d’une renaissance d’un combat pour l’identité de la France. Notre combat pour l’Algérie française se situait également dans cette perspective. Il se poursuit aujourd’hui sous d’autre formes, mais dans le même esprit.


La suite c'est ici :   http://www.francephi.com/cgi-bin/ava_mail/mail.cgi?flavor=archive;list=fphi;id=20151029061006






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MessageSujet: Qui mène la danse ? (La CIA et la guerre froide culturelle)   Mar 1 Mar - 11:32

Qui mène la danse ?
(La CIA et la guerre froide culturelle)


La traduction française de « Who paid the Piper ? », de Frances Stonor Saunders
nous montre comment la CIA a utilisé la culture comme arme contre la gauche
au sortir de la deuxième guerre mondiale...




Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle
Auteure : Frances Stonor Saunders
Traduction de l'anglais : Delphine Chevalier
Editeur : Collection Impacts chez Denoë
Parution : 6 Juin 2003
ISBN : 220725416X
Prix : 24,85 €


Qui dit « guerre froide » pense course aux armements, rideau de fer, voire chasse aux sorcières, mais rarement à la culture, qui en a pourtant été un des principaux champs de bataille. Dans son ouvrage, Saunders fournit des preuves évidentes d’un plan soigneusement mûri par la CIA et dont le but était d’inféoder la vie culturelle et intellectuelle de l’après-guerre à l’impérialisme américain et aux conceptions de mise durant la guerre froide. En fait, la CIA s’était transformée en mécène des arts d’une envergure qui aurait fait pâlir d’envie les Médicis eux-mêmes. Si j’écris cette critique, c’est parce je suis désemparée de me rendre compte que mon développement intellectuel, en apparence autonome, est en réalité le résultat d’un plan secret soigneusement mijoté par un service de renseignement étranger.


~ Modern art was CIA 'weapon' (Frances Stonor Saunders, The Independant)(Octobre 1995) ~

« A l’apogée de la guerre froide, le gouvernement américain a investi des moyens gigantesques dans un programme secret de propagande culturelle en Europe occidentale. Nier l’existence d’un tel programme est devenu une composante importante du projet lui-même, exécuté dans le plus grand secret par la CIA. Au coeur de ce programme se trouvait le CCF (Congress for Cultural Freedom), dirigé de 1950 à 1967 par Michael Josselson, un agent de la CIA. Ses résultats, et surtout sa durée, furent tout sauf négligeables. A son apogée, le CCF employait des dizaines de personnes dans 35 pays, il publiait plus de vingt revues prestigieuses, montait des expositions, possédait son propre service de presse, son propre service cinématographique, organisait d’importantes conférences internationales et récompensait musiciens et artistes par des prix et des performances publiques. Sa tâche consistait à séduire les intelligentsias occidentales, demeurées longtemps sous le charme du marxisme et du communisme, pour leur faire adopter progressivement une attitude plus accommodante vis-à-vis des façons d’agir américaines. »

Pour les chevilles ouvrières du CCF, la guerre froide a été essentiellement une guerre culturelle. Afin d’assurer l’autocratie des Etats-Unis, il convenait de soutenir idéologiquement l’aide économique à une Europe exsangue, affamée et en ruines. En décembre 1947, Georges Kennan, l’architecte du plan Marshall, introduisait le concept du « mensonge nécessaire » en tant que pierre angulaire de la diplomatie américaine : on défendrait la vérité en recourant au mensonge, la liberté en recourant à la manipulation, la démocratie par le biais d’une oppression impitoyable, l’ouverture du régime par des opérations secrètes et sournoises.



Ernesto Carmona a écrit:

(...) La revue Encounter (Rencontre) fut le « navire amiral », ou plutôt le transatlantique de luxe, du Congrès, puisqu'elle paya voyages, hôtels, bourses, articles, éditions de livres, concerts et expositions. Peu d'artistes et d'intellectuels ont résisté à s'afficher dans la « famille » des 50 revues « culturelles » de la CIA et du CLC, à publier leurs textes en grand tirage, à ce que leurs pièces soient exécutées en Europe par le Symphonique de Boston ou à ce que leurs œuvres soient montrées dans les expositions européennes du Musée d'Art Moderne de New York. Le « mensonge nécessaire » de la CIA a dupé ou utilisé en connaissance de cause les intellectuels d'Europe et d'Amérique latine pendant plus de deux décennies. Quand le New York Times a levé le couvercle, en mai 1967, tout le monde a dit « on ne savait pas ». Encounter s'effondra cette même année, lentement, comme le Titanic, mais… fut remis à flot en Espagne en 1996 en tant qu'Encuentro, mot qui a la même signification. A l'exception de Jean-Paul Sartre, Albert Camus et quelques rares autres, « l'Europe pensante » tomba dans les filets de la façade culturelle ourdie par l'agent Michael Josselson. Les intellectuels se montrèrent prêts à ingérer le discours de la liberté culturelle et à rejeter tout ce qui sentait l'Union Soviétique lorsqu'elle communia avec la supériorité de l' « American Way of Life. » (...)

~ "Paris était une fête" : les intellectuels vendus à la CIA (Vox NR)(Février 2005) ~

Les soutiens principaux de ce renversement angoissant des valeurs n’étaient nullement des idéologues de droite ni des nazis réhabilités au lendemain de la guerre, mais bien des prétendus gens de gauche s’affirmant comme « non communistes ». Le stratège le plus important fut Arthur Koestler. [url=L’écrivain, admiré en Occident pour sa condamnation du stalinisme]L’écrivain, admiré en Occident pour sa condamnation du stalinisme[/url], avait été recruté afin de décider des intellectuels progressistes à surmonter leur confusion de pensée et à vaincre leur attitude distante vis-à-vis de la politique. Koestler allait convaincre la CIA que la meilleure manière de lutter contre le communisme était de recourir aux services d’anciens communistes, décrits comme « des personnes qui avaient été déçues par le communisme mais qui étaient restées fidèles aux idéaux du socialisme. » C’est ce qui allait décider la CIA à tenter l’aventure avec les socialistes. Trois textes-clés témoignent de cette stratégie : The Vital Centre, d’Arthur Schlesinger, The God That Failed, d’Arthur Koestler et Nineteen Eighty-Four (1984) de George Orwell. Hormis ce trio, le philosophe Isaiah Berlin, l’homme politique Averell Harriman, le compositeur Nicholas Nabokov et l’écrivain et critique Melvin Lasky étaient les forces vives de tout ce projet. La plupart d’entre eux avaient des lettres de créance de gauche, censées conférer à leurs points de vue la crédibilité nécessaire.

Une tentative de mise sur pied d’une section américaine du CCF allait tourner en eau de boudin en raison du tollé des intellectuels américains et de l’attitude intègre d’un certain nombre de personnes, parmi lesquelles le dramaturge Arthur Miller et la femme de lettres Mary Carthy (la philosophe sociale Hannah Arendt, par contre, en fut l’une des plus chaudes partisanes). On n’allait pas connaître de tels remous en Grande-Bretagne, où des intellectuels, des artistes et des hommes politiques se bousculèrent dans une course effrénée aux cadeaux et firent la promotion de leur petite personne dans l’espoir de pouvoir séjourner quelques jours dans un palace ou de décrocher l’un ou l’autre petit voyage d’agrément outre-mer. La revue Encounter, éditée par le poète Stephen Spender, fut l’organe principal de la guerre froide. Sa carrière fut torpillée pour de bon par certaines révélations à propos du soutien apporté par la CIA. Par contre, George Orwell, lui, fut un agent très habile des services secrets britanniques. Moyennant rétribution, il dressa des listes de noms de ses anciens camarades du Parti Communiste tout en menant une lutte rabique contre la gauche dans ses banales oeuvres de fiction à la réputation des plus surfaites.

Jacqueline Kay

Source de l'article : Le “mensonge nécessaire” : la CIA et les grands écrivains (Global Research)(Juillet 2003)

Voir également (en complément) : Franck Lepage - L'art contemporain (Chaîne de Deep Green Resistance France - Le Partage)(Février 2016)

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