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 Quand la Spéculation bat son plein..

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Golden Awaken
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MessageSujet: Quand la Spéculation bat son plein..   Jeu 29 Mai - 11:28

Quand la Spéculation bat son plein..

Comme dans les années trente, on est en train de jouer
« tout va très bien, Madame la marquise » : on danse joyeusement sur un volcan



~ L'histoire secrète de la crise financière ou comment la Fed domine le monde (Harold James, La Tribune) ~

Les bourses se portent bien, les marchés sont euphoriques, la dette des pays du sud de l’Europe se vend comme des petits pains, à des taux sans cesse plus faibles, les capitaux affluent en Europe ; l’argent est facile, les liquidités abondantes. Et qu’on ne s’inquiète pas, la BCE veille au grain. Mario Draghi est prêt à ouvrir encore plus les vannes monétaires et le FMI pousse la BCE à assouplir encore sa politique. Revoilà « les plans d’irrigation pendant le déluge » que dénonçait Jacques Rueff dans les années 60. L’essentiel n’est-il pas d’éviter la déflation ? Au risque de paraître politiquement incorrect, qui n’aurait pas le droit de crier au « casse-cou »?

De quoi nous plaignons-nous ? Tout va bien. En dépit des fluctuations de courte durée, les marchés financiers se portent bien. Les bourses sont euphoriques alors qu’objectivement la situation économique de l’Europe, voire des Etats-Unis, n’est pas bonne : le chômage est encore important. Pour la France, c’est pire encore : il n’y a pas eu de « retournement » structurel ; déficits et dettes sont toujours aussi élevées. Mais le Président nous assure que tout va changer. Bref, l’économie réelle est loin de se porter bien. Naturellement, le marché financier n’obéit pas nécessairement à la situation de l’économie réelle du moment ; il est fait pour anticiper et pour prendre des paris sur le futur. Mais une telle anticipation est-elle plausible aujourd’hui ? Les profits et les investissements des entreprises européennes sont-ils si importants ? Le cours des actions est-il en rapport avec les prévisions de résultats ? Et en France, où en est notre tissu industriel, notre compétitivité ? Que sont devenus les prélèvements obligatoires supportés par les Français, que sont devenues les contraintes fiscales et administratives sur les entreprises. Qui croit au choc de simplification ou à la fin du mille-feuille administratif ?

Une autre chose étrange, c’est que souvent en bourse on s’intéresse à une seule classe d’actif : à un moment les actions, à un autre les obligations (émises par les Etats ou les entreprises). Or, actuellement, c’est l’ensemble des classes d’actifs qui se porte bien. Les capitaux refluent massivement dans la zone euro, après s’être investis pendant des années dans les pays émergents. Ils ont quitté ces pays, après les avoir inondés, provoquant chez eux la récession, après l’inflation.

~ Espagne: le FMI recommande modération salariale et hausse d'impôts indirects (Les Echos) ~

On s’arrache les dettes souveraines

Voici que les liquidités actuellement disponibles découvrent curieusement les vertus des dettes souveraines, même celles des pays fragiles : le Portugal a pu revenir sur les marchés et emprunter à 10 ans à 3,575%, alors que Lisbonne était exclue des marchés à long terme depuis des années. Certes, le Portugal a réformé, mais la dette publique est encore de 130% du PIB. Plus extraordinaire : la Grèce a pu émettre plusieurs milliards d’obligations souveraines à cinq ans à 4,95%. Pas mal, pour un pays qui veut encore un allégement de sa dette (donc avec un risque énorme) et dont la dette publique, en dépit des mesures prises et des annulations, est encore à 175% du PIB ! Les préteurs seraient-ils devenus myopes, sans se préoccuper de la fiabilité des titres achetés ? Les marchés auraient-ils retrouvé une confiance irraisonnée? Naguère, ils pensaient que la zone euro allait éclater et s’ils prêtaient, c’était à des taux incluant une prime de risque énorme. Voici maintenant qu’ils prêtent à nouveau, et à des taux toujours plus bas. Même la France peut emprunter à des taux historiquement bas, alors que les réformes structurelles sont à l’état d’ébauche et de vagues promesses pour un avenir lointain. L’Agence du Trésor s’en réjouit. Mais pour combien de temps ?

L'Éco du soir: Italie: le PIB sera boosté par... par BFMTV
~ Drogue et prostitution pour sauver le PIB (Stéphane Montabert) ~

Déflation ou inondation monétaire ?

Comment expliquer cette étrange situation, ce « déroutant enthousiasme », « cette euphorie de la planète finance », pour reprendre les titres de la presse ? Pourquoi les marchés sont-ils « grisés » ? Curieusement, la presse, qui nous parle jour après jour du risque de déflation qui, paraît-il, nous menace, semble avoir ici une explication parfaitement contradictoire avec l’hypothèse de déflation : « l’abondance des liquidités », « l’argent facile », « l’inondation sur les marchés ». Etrange contradiction. Le même Monde qui, jour après jour, nous stresse à propos « du spectre » de la déflation et pousse la BCE à assouplir encore sa politique, dans les pages « économie et entreprise », trouve, cette fois dans les pages « marchés », une « explication pourtant simple » à ce qui se passe : « les investisseurs disposent aujourd’hui d’une telle masse de liquidités qu’ils ne pensent plus qu’à une chose : les placer là où les rendements sont les meilleurs ». Pouvons-nous suggérer aux journalistes du Monde de communiquer entre eux, puisque les uns disent le contraire des autres ? Mais si le risque était tel que le remboursement devienne problématique ? Cela n’aurait aucune importance, pensent-ils, car Mario Draghi a fait comprendre qu’il « fera tout ce qu’il faudra pour sauver la zone euro en cas de danger ». Pourquoi s’inquiéter ? La BCE veille et saura en cas de crise rajouter encore quelques liquidités, y compris en rachetant directement de la dette souveraine. Nous n’avons cessé, ici même, de dénoncer les risques de l’inondation monétaire. Le premier risque, c’est que le prix des capitaux, le taux d’intérêt, soit faussé par cet excès artificiel de liquidités : ces liquidités, en se précipitant sur les dettes grecques, portugaises, espagnoles, font artificiellement baisser les taux, qui ne reflètent plus le risque réel encouru. Ils deviennent des faux prix, manipulés par la création de liquidités.

~ London hosts world leaders in debate on 'fairer’ capitalism (Andrew Cave, The Telegraph) ~

Le jour où les bulles éclateront

Mais demeure un autre risque majeur : celui des bulles spéculatives. Ce qui se passe aujourd’hui rappelle étrangement la crise des subprimes : une banque centrale qui veut forcer la marche de l’économie en créant massivement des liquidités, en prêtant à des taux quasi-nuls et en assurant aux banques, inquiètes de la solvabilité de leurs clients, qu’en toute hypothèse elle serait là pour fournir plus de liquidités si c’était nécessaire. C’est exactement la situation actuelle. C’est ce qui avait provoqué, ici ou là, les bulles immobilières et qui en provoque encore, notamment à Londres. C’est ce qui a provoqué ces dernières années les bulles boursières, mais aussi sur les devises, dans les pays émergents.

Puis un jour, parce que les banques centrales ont laissé entendre qu’elles pourraient réfléchir à inverser le processus, la confiance s’effondre d’un seul coup, les bulles éclatent et les liquidités vont se placer ailleurs, en l’occurrence en Europe, qui a pris le relais des marchés émergents pour accueillir cette inondation monétaire. Il est de bon ton de dénoncer la spéculation. Ce n’est pas juste. Car il y a une spéculation utile, celle de ceux qui prennent des risques calculés, à la place des autres, avec leur propre argent, jouant un rôle d’assureur. Par contraste, il y a la mauvaise spéculation, celle des bulles artificielles, quand l’argent coule à flot des banques centrales et permet n’importe quelle fantaisie, en perturbant tous les indicateurs, à commencer par les taux d’intérêt.

C’est la situation actuelle, car nous avons bâti sur le sable et non sur le roc. Notre diagnostic est simple : les bulles spéculatives artificielles finissent toujours par éclater, le jour où la confiance s’envole ou le jour où on ferme le robinet. Il reste juste à savoir quand.
Jean Yves Naudet
Source de l'article : La machine à bulles spéculatives est en route ! via Contrepoints

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