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 Les abeilles sont menacées de disparition de partout sur la planète...

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MessageSujet: Les abeilles sont menacées de disparition de partout sur la planète...   Ven 25 Avr - 10:14

Les abeilles sont menacées de disparition de partout sur la planète...

Si les acteurs industriels, agro-industriels et les politiques ont une grande part
de responsabilité dans ce phénomène et doivent faire quelque chose pour s’en emparer,
les citoyens ont pourtant une opportunité unique de démontrer leur capacité au changement concret



~ Le mystère de la disparition des abeilles (Le Dormeur doit se Réveiller) ~

L’utilisation des pesticides et l’introduction de plantes génétiquement modifiées sont au cœur de la disparition progressive des abeilles. Les grandes entreprises comme Monsanto, sont accusées de favoriser l’extinction de ces insectes pourtant indispensables à l’équilibre environnemental. Puisque leurs insecticides, pesticides et OGM, sont pointés du doigt, ces firmes ont donc décidé d’être en pointe pour « sauver les abeilles ». Les politiques, sous pression des lobbies agro-chimiques et agricoles tardent à prendre des mesures, qui si elles ne permettraient pas de reconstituer le stock d’abeilles perdues, pourrait au moins stopper leur éradication. Si dans la lutte environnementale, le citoyen est souvent impuissant et ne peut que constater l’étendue des dégâts causés par la pollution, il est pourtant des domaines où il peut agir concrètement et participer activement à améliorer l’écosystème, voir le sauver du désastre. C’est le cas dans la problématique de la disparition des abeilles.



Indignation Vs Action

Depuis plusieurs années la tendance citoyenne face aux problèmes environnementaux est celle de l’indignation appuyée par des actes « écologiques » quotidiens : fermer le robinet pendant que l’on se brosse des dents, éteindre les lumières inutiles ou les appareils en veille, rouler « propre », et dénoncer le « système industriel polluant ». La population française achète pourtant massivement du MacDonald ou des plats préparés industriels. Tout en s’engageant contre la pollution et pour une société qui protège l’environnement ? Cette contradiction, entre un mode de vie qui favorise la pollution mais avec des indignations qui appellent, à l’inverse à stopper cette même pollution, couplées à des micro-actions anti-gaspillage dans le domaine de la vie quotidienne, sont une tendance lourde qui incite à penser que la protection de l’environnement n’en sortira pas gagnante. Pourtant, dans de nombreux domaines, les citoyens pourraient participer à la protection de l’environnement, avec un effet réel et ainsi prendre en main leur engagement. Concrètement.


Interview de Markus Imhoof Des Abeilles et des... par denise237

Markus Imhoof "cherche simplement à comprendre pourquoi les abeilles meurent" et,
pour le réalisateur suisse, le chemin passe par l'intimité des ruches où il a introduit sa caméra,
offrant un troublant face-à-face avec des reines et des ouvrières filmées "un peu comme des hommes".

Pour ceux désireux de (re)voir ce documentaire : Cliquez Ici

Les abeilles, les plantes mellifères, les arbres fruitiers et les gens…

Pour reconstituer le cheptel français d’abeilles qui subit une mortalité de 30% (au lieu de 5% il y a 15 ans), il suffirait que les citoyens possédant un jardin, installent une ruche sur leur terrain. Cette affirmation est tout à fait réaliste et possible à engager. Quelques millions de ruches chez des particuliers pourraient permettre reconstruire le cheptel d’abeilles qui baisse dramatiquement chaque année sur le territoire. Si ces quelques millions de français décidaient aussi de placer des plantes mellifères dans leur environnement, ainsi que des arbres fruitiers attirant les abeilles, et des haies variées, de nombreux changements positifs surviendraient dans l’écosystème. Des associations, et même un FabLab, l’OpenBeeLab sont investis dans cette nécessité de repeuplement des abeilles.


~ Disparition des abeilles : et après ? (Oriane Raffin, Arté) ~

Actuellement, la tendance au niveau de la « gestion environnementale » des habitations possédant un espace vert est majoritairement la même : une pelouse et quelques parterres de fleurs. Un grand espace constitué d’une herbe uniforme la plus rase possible. Ces espaces voient 6 mois de l’année, des Français, souvent un peu bedonnants, les sillonner sur des tondeuses autoportées, leur postérieur confortablement posé sur le siège de l’engin à moteur thermique. Cette tendance que l’on peut nommer « tendance du terrain de golf » va à l’inverse du bon sens : les insectes, comme les oiseaux, ne peuvent s’y épanouir, et sans arbres, l’écosystème ne peut fonctionner correctement. Il y a donc des changements que pourraient opérer la population, pour peu qu’elle soit consciente des enjeux réels qui sont en cours. Comme de leur capacité à modifier la donne, chez eux, par leurs propres actions.

Monsanto, l’indignation et nous


~ Monsanto veut contrôler le business des abeilles (Marie Astier, Reporterre) ~

Si la multinationale Monsanto est bien connue pour ses tentatives d’imposer ses semences OGM, de breveter le vivant, et de généraliser le Roundup sur la planète entière, il est naïf de croire que l’entreprise s’est résolue à être pointée du doigt comme un ennemi de l’environnement. Il suffit d’aller sur le site de Monsanto pour vérifier que l’éthique est la première préoccupation de cette entreprise, et la sauvegarde des abeilles, un enjeu mondial que va tenter de relever la firme. Monsanto a racheté une entreprise, Beelogics, spécialisée dans le génie-génétique des abeilles en 2011. Monsanto est une firme qui a une grande vocation à protéger l’environnement, ce qui est bien connu… L’université de Harvard travaille elle aussi à régler le problème des abeilles, mais par la création d’abeilles-robots qui remplaceront, pour la pollinisation, le malheureux insecte disparu.


~ Molécules Néonicotinoïdes : les industriels au bord du gouffre (Alerte-Environnement) ~

Les citoyens rêvent d’un monde meilleur, et malgré ce qui est souvent renvoyé, ils sont en mesure de participer à sa construction, d’y agir : c’est là, dans l’action positive concrète qu’est très certainement le meilleur moyen de lutter contre les abus du « système » tant décrié, et pourtant « nourri » quotidiennement par les actions du plus grand nombre. Ecouter le flot incessant de propagande médiatique consumériste et contradictoire qui se déverse chaque jour sur les écrans plats géants pourrait-il aider, pour ensuite agir concrètement à sa propre échelle ?

Yovan Menkevick
Source de l'article : La disparition des abeilles, Monsanto, et nous… (Reflet Infos)(Avril 2014)

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MessageSujet: Mortalité des abeilles : on connait maintenant le coupable...   Mar 5 Mai - 11:35

Mortalité des abeilles : on connait maintenant le coupable...

Deux études scientifiques viennent de démontrer la nocivité
des néonicotinoïdes sur les abeilles, alors que les ruches connaissent
ce printemps une mortalité impressionnante...




Philippe Ménard a écrit:

(...) La filière en est au stade du recensement et des analyses. Les symptômes sont curieux. Isabelle Geay a retrouvé des ruchers disposant de larges réserves de nourriture, mais il ne restait qu’une poignée d’abeilles mortes. Pas de cadavres non plus au pied de leur logis. Les insectes se sont évanouis dans la nature, y compris certaines reines qui, normalement, ne quittent jamais leur nid. (...) « On est extrêmement soigneuses dans nos pratiques. La seule variable qui a changé c’est l’apparition, il y a une dizaine d’années, des pesticides néonicotinoïdes, neurotoxiques et perturbateurs endocriniens qui enveloppent les semences. Les abeilles perdent la boule, c’est un peu comme si elles étaient atteintes de la maladie d’Alzheimer ». (...)

~ Charente et Charente-Maritime : c'est l'hécatombe dans les ruches d'abeilles (Sud Ouest)(Mars 2015) ~

Quels sont ces produits au nom compliqué ? Des insecticides nouvelle génération. Enquête sur ces molécules dangereuses qui continuent à être déversées dans la nature. Bambi, Equinoxe, Cruiser, Gaucho, Poncho, Confidor, Proteus : autant de produits phytosanitaires comprenant des molécules néonicotinoïdes aux noms tout aussi barbares (acétamipride, clothianidine, dinoturéfane, imidaclopride, nitempyrane, thiaclopride et thiaméthoxane). Ils visent à éliminer des insectes dits « ravageurs » qui menacent les cultures agricoles. Inodores, insipides, invisibles, on en retrouve un peu partout dans la nature, et dans nos assiettes à faible dose. Ces sept molécules néonicotinoïdes entrent aujourd’hui dans la composition d’une dizaine d’insecticides, eux-mêmes dérivés en plusieurs formulations. Ces molécules agissent sur le système nerveux des invertébrés et entraînent leur paralysie jusqu’à la mort. La première d’entre elles a été découverte au début des années 1990 et la mise sur le marché a commencé en 1994. Depuis, elles ont rencontré un fort succès, au point de représenter aujourd’hui plus de 40 % des insecticides vendus dans le monde chaque année.

Des insecticides qui pénètrent dans les plantes et agissent de l’intérieur


~ Dossier de Presse (UNAF)(pdf) ~

Pourquoi cet engouement ? Principalement en raison du mode d’utilisation des néonicotinoïdes. Ils ont la particularité d’être ce qu’on appelle des insecticides systémiques : une fois appliqués sur les cultures, ils pénètrent dans les plantes et en rendant toxiques (« protègeant » disent les fabricants) la totalité, pendant toute leur durée de vie. Il existe quatre principales méthodes d’application de ces produits : « Enrobage de semences, traitement aérien, traitement des sols et injection dans les troncs », nous explique Jean-Marc Bonmatin, chercheur en biophysique moléculaire au CNRS. La plus courante, l’enrobage, consiste à… eh oui, enrober les graines d’insecticide avant de les semer en plein champ. Ainsi, pendant tout son développement, la plante absorbe ces molécules par ses racines et les transporte dans sa sève, si bien qu’elles imprègnent bientôt tout son organisme. Les insectes ravageurs qui passeraient par là, quelle que soit la partie de la plante qu’ils grignotent, sont intoxiqués et tués. Résultat : les cultures sont « protégées » une fois pour toutes. L’enrobage permet même un traitement à la fois préventif et ne demandant pas de travail supplémentaire. Plus besoin pour les agriculteurs de surveiller l’arrivée de ravageurs dans leurs champs, plus besoin de faire des passages pour pulvériser les insecticides plusieurs fois sur une même culture selon les risques en présence.

« En fonction de l’état actuel de la science »,
les néonicotinoïdes ne menacent pas la biodiversité



~ Abeilles : des experts européens alertent sur le danger des pesticides néonicotinoïdes (Cathy Lafon, Blog Ma Planète, Sud Ouest)(Avril 2015) ~

Par ailleurs, les néonicotinoïdes sont nocifs même à des quantités très faibles. Par exemple, le thiaméthoxame, l’imidaclopride et la clothianidine sont respectivement 5 400, 7 300 et 10 800 fois plus toxiques que le DDT (insecticide très utilisé entre les années 1940 et 1970) à doses égales. Une cinquantaine de grammes de clothianidine suffit par exemple pour traiter un hectare entier. Action systémique, forte toxicité et usage à faible dose, usage préventif avec l’enrobage : l’intérêt des agriculteurs pour ces produits se comprend. Vive le progrès scientifique serait-on tenté de dire ! Les néonicotinoïdes, leaders des insecticides, « protègent » à la fois les céréales, légumes, arbres fruitiers, mais aussi les charpentes contre les termites, les animaux de ferme et les animaux domestiques contre les puces. Un sacré marché.

Pourtant, les laboratoires ne semblent pas se vanter de l’efficacité de leurs néonicotinoïdes. Peut-être afin de ne pas éveiller le doute sur leur spécificité et leurs éventuels inconvénients. Eugénia Pommaret de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), une organisation regroupant les laboratoires qui commercialisent des produits phytosanitaires (Bayer, CropScience, BASF, DuPont, Syngenta…), ne fait pas de hiérarchie : « Les différents produits sont adaptés à certains stades et certains ravageurs. Les néonicotinoïdes permettent de diversifier les modes d’action. » Mais pourquoi alors sont-ils les insecticides les plus vendus dans le monde ? Par ailleurs, Eugénia Pommaret défend leur spécificité d’action : « Chaque produit a dû passer par l’autorisation de mise sur le marché de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) qui évalue le rapport entre l’efficacité et l’innocuité ainsi que les conditions d’emploi, de manière à maîtriser les risques en fonction des ravageurs et de la phase de culture durant laquelle il est utilisé ». Si on la suit, « les critères européens permettent de maîtriser les risques, en fonction de l’état actuel de la science ».

Les études décisives publiées par "Nature"


~ L'Assemblée vote l'interdiction des insecticides néonicotinoïdes en 2016 (Le Monde)(Mars 2015) ~

Ça n’est pas l’avis de tout le monde. Les apiculteurs ont été les premiers à s’inquiéter de l’arrivée des néonicotinoïdes. Et cela dès 1995, selon le porte-parole de l’Union national des apiculteurs français (UNAF), Henri Clément : « Sur les miellés de tournesol, dont la production était très régulière à l’époque, on a eu une chute brutale de 50 % de la production et une explosion de la mortalité hivernale. Ces changements ont été observés dans les zones où les néonicotinoïdes étaient utilisés sur le tournesol et le maïs notamment. » En ce printemps 2015, les apiculteurs constatent une fois de plus d’énormes pertes dans leurs ruches : 50 % à 60 % des populations seraient mortes pendant l’hiver, selon les premières enquêtes. Au même moment, la revue Nature publie deux articles sur les néonicotinoïdes dans sa livraison du 23 avril. La première montre que les abeilles ne sont pas repoussées par les fleurs imbibées de ces pesticides. En laboratoire, elles ont même tendance à consommer les solutions sucrées (semblables au nectar des fleurs) qui contiennent des néonicotinoïdes, plutôt que celles qui n’en ont pas. La seconde établit que les néonicotinoïdes font baisser les populations d’abeilles, entravent la croissance et la reproduction des colonies. Mais le rôle des néonicotinoïdes dans la forte mortalité des abeilles demeure controversé. Le laboratoire Syngenta assure par exemple (sur son site) que les cultures qui n’offrent ni pollen ni nectar aux abeilles peuvent être traitées sans danger, et que pour les autres (les plantes mellifères) la quantité d’insecticide dans les parties consommées par les abeilles est trop faible pour leur causer du mal. Quant à Bayer, il se défend en expliquant que ses molécules ne font aucun tort aux abeilles quand elles sont utilisées « correctement et avec responsabilité » et qu’il faut s’intéresser aux autres causes de mortalité.

Comment faire la part entre les causes « naturelles », les néonicotinoïdes, et les autres pesticides dans l’hécatombe d’abeilles ? « Il est impossible de déterminer la part de chacun des facteurs », répond Jean-Marc Bonmatin. Selon lui, les trois principaux sont les parasites varroas, les maladies et les pesticides (insecticides et fongicides). « La plupart du temps, ces facteurs agissent ensemble en interaction. Le principal étant selon moi les insecticides. En effet, soumis aux pesticides, les abeilles sont bien plus sujettes aux infections et supportent moins bien leurs parasites varroas. » Même Eugénia Pommaret admet que les insecticides peuvent jouer un rôle : « C’est une question multifactorielle, y compris avec des effets non maîtrisés des phytosanitaires. Mais je pense qu’on les met trop en avant par rapport au reste. Il y a aussi des problèmes dans des zones sans agriculture, et certaines choses restent inexpliquées. »

Toute la biodiversité est touchée

« Les abeilles sont la partie visible, et les apiculteurs sont très attentifs », explique Jean-Marc Bonmatin, parce qu’ils ont là un intérêt commercial réel. « Avant 1995, on produisait encore 32 à 33 000 tonnes de miel par an. Ça a été le début du déclin, jusqu’à 10 000 tonnes en 2014 », raconte Henri Clément de l’UNAF. On imagine les pertes en termes de chiffre d’affaire et d’emploi, qui se poursuivent aujourd’hui. « Et puis les abeilles sont connues du grand public, et la production de miel a un côté sympathique, de proximité », ajoute-t-il. Cela dit, elles ne doivent pas être l’insecte qui cache la biodiversité. « Ce qu’on voit pour les abeilles est généralisable à tous les pollinisateurs », explique Jean-Marc Bonmatin. « Par ailleurs, il y a de moins en moins d’oiseaux, car ceux-ci ont de moins en moins d’insectes à manger ». Bonmatin fait partie d’une équipe de chercheurs, la « Task force on systemic pesticides », qui a effectué une revue exhaustive de la littérature scientifique sur le sujet pendant quatre ans. Leurs conclusions : « Les néonicotinoïdes affectent les abeilles ainsi que tous les invertébrés terrestres et aquatiques, qui sont la base de la chaîne alimentaire ».

« Ces produits toxiques sont lessivés par l’eau en raison de leur solubilité, et se retrouvent dans toute la biodiversité. Ils représentent donc une menace systémique, et on court à la catastrophe », nous explique le chercheur. D’après lui, seulement 5 % du produit enrobant les semences est intégré par la plante. Le reste ? Il se dépose sur le sol, puis est entraîné par l’eau vers le sous-sol ou les terres alentours. De plus, les molécules ont une durée de vie importante : la moitié de l’imidaclopride appliquée est toujours présente neuf mois plus tard. Dans le cas d’une rotation des cultures d’une année sur l’autre, les nouvelles cultures seront donc contaminées par l’insecticide ; si des semences enrobées de néonicotinoïdes sont réutilisées, la quantité de produit dans les sols s’accumulera. Comble de toute cette affaire, d’après Jean-Marc Bonmatin, il semblerait que les ravageurs se soient mis à résister : « Il y a une sélection naturelle, comme avec les antibiotiques. C’est dans la nature des ravageurs d’avoir des transformations génétiques très rapides, et donc de développer des résistances. » Eugénia Pommaret réfute cette possibilité : « Il faut avoir une palette de produits, 3 à 4 espèces chimiques différentes pour éviter les résistances, et faire face à d’éventuelles restrictions d’usage. » Mais les agriculteurs respectent-ils ces consignes ? Appliquent-ils « 3 à 4 » pesticides différents afin d’éviter les résistances ? Et même s’ils le faisaient, des ravageurs résistants à tous ces produits ne pourraient-ils pas se développer ?


~ Le nombre moyen d'interventions par culture et par ferme type)(p.9 du pdf)(Ministère de l'Agriculture)(2009) ~

Et nous dans tout ça ?

Par curiosité, nous avons jeté un œil sur la notice d’utilisation d’un de ces produits, le Proteus commercialisé par Bayer et contenant du thiaclopride. Il est étonnant de constater le nombre d’indications présentes, certaines pour encadrer l’usage des produits (pour telle culture, tel ravageur, utiliser telle dose tant de fois), d’autres pour prévenir les accidents (contact avec le corps humain, élimination des résidus de produit). Une chose est sûre, le produit à haute dose est extrêmement dangereux : « Nocif en cas d’ingestion, susceptible de provoquer le cancer », peut-on lire. Et particulièrement pour la biodiversité aquatique : « Très toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets néfastes à long terme ». Mais qu’en est-il des molécules présentes dans l’alimentation ? Risquons-nous quoi que ce soit en consommant des néonicotinoïdes ? Car oui, une partie des molécules est toujours présente dans les céréales, fruits et légumes que nous consommons et qui sont issus de ce type de cultures, comme le montrait en 2013 une étude de Générations Futures. Si l’on place la même confiance dans « la science » et les procédures de mise sur le marché européennes qu’Eugénia Pommaret, il n’y a rien à craindre. Sinon…

Régime sans thé ni fruits pour les Japonais intoxiqués

« Toutes les études confirment que les pesticides en général sont liés à la maladie de Parkinson et à l’autisme. Des publications japonaises observent également des liens avec les troubles neuro-comportementaux et l’hyperactivité, d’autant plus que l’exposition se fait jeune », rapporte Jean-Marc Bonmatin. Pour le reste, très peu d’études existent à l’heure actuelle. Néanmoins, « on sait que l’effet chronique compte plus que la dose, autrement dit plus l’exposition est longue et plus les effets sont graves », poursuit-il. Il nous raconte le cas du Japon : « Là-bas les gens boivent beaucoup de thé, cultivé de manière très productiviste, chargé en pesticides. Or faire du thé consiste à plonger des extraits de plantes dans de l’eau bouillante, et les néonicotinoïdes sont solubles dans l’eau. » Des études japonaises montreraient l’intoxication d’individus « qui ont des néonicotinoïdes partout ». Dans ces situations, dit M. Bonmatin, les médecins prescrivent « un anti-poison neurotoxique et la suppression de la consommation de thé et fruits pendant quelques temps ». Mais les effets à long terme des néonicotinoïdes ne seront connus que dans les années à venir. Et nous sommes tous cobayes. Depuis deux ans, trois molécules parmi les sept néonicotinoïdes sont interdites au niveau européen, sur les cultures mellifères uniquement. Cette interdiction doit prendre fin en mai prochain.

Lobbying, business, science et politique

Début février, une résolution déposée au Sénat par l’écologiste Joël Labbé et à l’Assemblée par le socialiste Germinal Peiro « invitait le gouvernement à agir auprès de l’Union européenne pour interdire l’ensemble des pesticides néonicotinoïdes tant qu’il n’est pas prouvé qu’ils ne présentent pas de risque pour la santé ni pour l’environnement ni pour la biodiversité », comme nous l’a expliqué le sénateur. Tout semblait bien parti, jusqu’à ce que le gouvernement annonce un avis défavorable : « Le Foll me dit qu’il a sa stratégie au niveau européen, que je veux aller trop vite, trop loin. » Pour Joël Labbé, le problème réside dans « le poids du business, et de la FNSEA qui ne veut pas remettre en question les pratiques agricoles. » Mais le 19 mars, l’Assemblée nationale a voté l’interdiction de l’usage de l’ensemble des néonicotinoïdes à partir du 1er janvier 2016, à l’initiative de Delphine Batho et Gérard Bapt, députés socialistes. Ce texte, ajouté au projet de loi sur la biodiversité, a été envoyé au Sénat, où il attend actuellement d’être étudié en commission, avant une discussion en séance. En 2014, Syngenta a dépensé entre 1 250 000 et 1 500 000 euros en lobbying, Bayer (qui comprend aussi une activité dans la pharmacie et le matériel médical) 2 500 000.

Dans le même temps, le ministre de l’Agriculture plaide, avec le plan Écophyto, pour une réduction de l’usage des pesticides. Dans la feuille de route 2015 issue de la conférence environnementale dévoilée début février par Ségolène Royal et Manuel Valls, on pouvait même lire que le gouvernement mènerait « une action volontariste au niveau européen » pour que l’interdiction des trois molécules soit « intégralement revue en 2015, au regard des risques pour la santé humaine, la santé animale et l’environnement », mais aussi « toutes les autres substances néonicotinoïdes ». Entre stratégie cachée, discours et bonnes intentions, difficile de prévoir l’action du gouvernement dans cette affaire. En attendant, les néonicotinoïdes sont toujours déversés dans la nature sans que l’on sache vraiment où s’arrête leur nocivité.

Baptiste Giraud

Source de l'article : Mortalité des abeilles : on connait maintenant le coupable (ReporTerre)(Mai 2015)

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MessageSujet: L'Europe et le sulfoxaflor : chronique d'une bataille annoncée...   Jeu 15 Oct - 6:27

L'Europe et le sulfoxaflor : chronique d'une bataille annoncée...

Le Sulfoxaflor, pesticide autorisé en Europe depuis Juillet,
vient d'être interdit dans une grande partie des Etats Unis suite à une plainte des associations
de protection de l'environnement et des pollinisateurs, à cause de ces dégats alarmants sur les abeilles...



~ Fiche technique du sulfoxaflor (pdf) ~

Les autorités sanitaires européennes laissent pourtant deux ans à l'agrochimie pour prouver le contraire ; deux ans pendant lesquels le produit sera commercialisé, et les les abeilles décimées. En juillet dernier, la Commission européenne autorisait l’utilisation d’un nouveau pesticide sur les cultures en Europe, le sulfoxaflor. Cette nouvelle substance active est un insecticide neurotoxique très similaire à l’action des pesticides néonicotinoïdes. Une autorisation étonnante compte tenu du moratoire en cours sur trois néonicotinoïdes (Clothianidine, Thiametoxame, et Imidaclopride), notoirement responsables de la disparition massive des abeilles en Europe et dans le monde. Autorisation encore plus surprenante au regard du rapport de l’EFSA, l’autorité sanitaire européenne chargée d’évaluer la toxicité des substances pour décider de leur mise sur le marché : l’institution émet un avis positif… tout en reconnaissant « un risque élevé pour les abeilles »…

Quand la porte se ferme, l’industrie agrochimique passe par la fenêtre. En 2013, trois substances sont rendues coupables par des centaines d’études scientifiques indépendantes de décimer les populations d’abeilles. Face à ce constat, et poussée par les associations et les citoyens, la Commission Européenne décide d’interdire partiellement et provisoirement ces substances : un moratoire qui prend fin en décembre prochain. Une fois encore, l’industrie a un coup d’avance. Elle obtient la mise sur le marché de nouvelles substances très proches des néonicotinoïdes, encore sous-étudiées par la communauté scientifique, mais dont même les autorités sanitaires reconnaissent la dangerosité pour les abeilles.



Francesco Panella, Président de Bee Life a écrit:

« C’est frustrant, les responsables politiques ayant la responsabilité d’assurer la sécurité de nos abeilles et de l’environnement ont toutes les cartes en mains pour mettre en place de bonnes mesures. Au lieu de cela, ils continuent à permettre l’application de produits dangereux dans les champs. Il est temps que les autorités européennes arrêtent d’autoriser librement l’inondation de notre environnement avec des molécules d’une telle toxicité biocide. Ce sont des venins qui contribuent de façon déterminante au déclin des pollinisateurs et de la biodiversité. Ces décisions posent non seulement un risque pour la chaine de la vie, mais aussi pour celle d’une économie durable ».

~ L’Europe autorise un nouvel insecticide tueur d’abeilles: stupeur et consternation ! (Bee Life)(Août 2015) ~

L’EFSA a annoncé qu’elle donnait deux ans à Dow AgroSciences, l’entreprise qui commercialise le sulfoxaflor, pour prouver son innocuité sur les abeilles. Il s’agit donc d’autoriser un produit, de le laisser faire des dégâts irréparables sur les pollinisateurs et l’environnement, et faire ce constat dans deux ans et le retirer du marché… Deux ans, c’est le temps qu’il a fallu aux organisations apicoles et citoyennes américaines pour faire reconnaître la dangerosité du sulfoxaflor, et faire annuler son autorisation de mise sur le marché. En 2013, l’EPA, l’autorité sanitaire américaine, autorisait cette substance sans en analyser l’impact sur les abeilles. Apiculteurs, citoyens, et défenseurs de l’environnement tirent la sonnette d’alarme, et s’organisent pour attaquer la décision de l’EPA en justice. Un procès qu’ils viennent de remporter, puisqu’une cour d’appel américaine vient de faire annuler l’autorisation de mise sur le marché du sulfoxaflor, en estimant que l’EPA avait violé la loi fédérale en autorisant cette substance sans disposer d’études sur son impact sur les abeilles.


~ It's time to take a stand for the bees (Chaîne YT de Sum of Us) ~

De toute évidence, la procédure suivie par l’EFSA en Europe est tout aussi irrégulière que celle de son homologue américaine l’EPA. A moins d’une mobilisation rapide et massive, le scénario américain laisse présumer de ce qu’il va se passer dans les deux prochaines années : le sulfoxaflor sera utilisé massivement sur les cultures, causant des dégâts irréparables sur les abeilles et autres pollinisateurs essentiels pour l’agriculture, les apiculteurs vont tirer la sonnette d’alarme, suivis par les citoyens, les scientifiques, les associations concernées… Il faudra se battre pour obtenir le retrait de ces pesticides, l’industrie agrochimique, qui aura engrangé des bénéfices sur un pesticide reconnu comme dangereux dès le départ, résistera avec la force qu’on lui connait et en 2017, lorsque l’EFSA demandera des comptes, s’engagera une bataille scientifique comme celle qui est actuellement en cours concernant les trois autres néonicotinoïdes en passe d’être interdits.

Polinis

Source de l'article : L’Europe autorise un nouveau pesticide toxique pour les abeilles (Polinis)(Septembre 2015)

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MessageSujet: Re: Les abeilles sont menacées de disparition de partout sur la planète...   

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Les abeilles sont menacées de disparition de partout sur la planète...

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