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 L’Amérique Latine se dirige vers une troisième transition Hégémonique...

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MessageSujet: L’Amérique Latine se dirige vers une troisième transition Hégémonique...   Dim 23 Mar - 10:17

L’Amérique Latine se dirige vers une troisième transition Hégémonique...

Il est probable que nous arrivions au noyau dur de la transition hégémonique,
tant à une échelle mondiale que dans la région latino-américaine.



~ Mensonges et omissions médiatiques sur le Venezuela ~

Les événements du Venezuela et de l’Ukraine, ajoutés à ceux de la Syrie et du Soudan, auxquels à chaque mois s’ajouteront d’autres, semblent indiquer que la transition vers un monde post US s’accélère en laissant dans son sillage des crises économiques, sociales et humanitaires. Une transition hégémonique ne peut se produire sans crise ni guerres, que cela nous plaise ou non. Il n’est pas facile d’expliquer les raisons pour lesquelles en ce moment la stratégie des États-Unis d’Amérique s’est endurcie en cherchant la chute de gouvernements comme celui de Nicolás Maduro. Il est certain que la simple marche du temps joue contre les intérêts de Washington. Ou peut-elle avoir influencé l’annonce du ministre de la Défense de la Russie, Serguei Shoigu, qu’ il négocie l’installation de bases militaires à Cuba, au Venezuela et au Nicaragua, quelque chose que le Pentagone doit savoir depuis un certain temps ?


~ Manifestations planétaires : Des droites au look de gauche ~

Il est certain que les amphitryons supposés des bases russes ont nié dans les jours suivants l’annonce cette éventualité, mais que pouvaient-ils dire d’autres ? Ce serait l’évolution raisonnable des liens importants politiques et militaires que ces trois pays maintiennent depuis des années de Moscou. Apparemment la Maison Blanche teste les réponses de ses alliés. C’est au moins la lecture faite par le Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (Leap) dans son bulletin mensuel (Geab), où il remarque que la crise autour de l’Ukraine est la manière d’éviter une alliance entre la Russie et l’Union Européenne avec laquelle l’Allemagne semblait coïncider. L’attitude maladroite US et de Bruxelles sur l’appui aux neonazis ukrainiens fait partie d’une stratégie consistant à « reconstruire le rideau de fer en 2014 et à isoler l’Europe de toutes les dynamiques en cours dans ces fameux pays émergents auxquels la Russie nous relie, comme l’Ukraine nous reliait à la Russie ». La crise européenne actuelle est le deuxième chapitre de l’attaque dont a souffert de l’euro depuis 2010, continuée par le projet TTIP (le Traité Transatlantique pour le Commerce et les Investissements) avec l’objectif de neutraliser la construction d’une Union Européenne autonome et, selon le think tank, « devoir acheter le gaz de schiste US » qui ne peut pas être vendu sans cet accord, ce qui fermerait le cercle de « l’annexion de l’Europe à la zone dollar ».

En Amérique Latine nous vivons la troisième transition hégémonique. Pour avoir une idée des cheminements que peut prendre l’actuelle transition, nous ne contons pas sur les manuels mais avec la riche expérience historique de nos peuples, jalonnée par autant de fortes participations populaires, indiens et noirs, que de trahisons, de massacres et génocides. Encore une fois, l’éclat du passé nous illumine. Récapitulons : la première transition survient entre 1810 et 1850, environ, et elle a scellé le sort de la domination espagnole et portugaise et elle a intronisé l’hégémonie britannique. Là où il y a eu des vice-royaumes de la couronne espagnole, des républiques sont nées, dominées par une oligarchie créole assise sur de grosses propriétés terriennes agro exportatrices et le libre-échange. Cette transition a écrasé les révolutions populaires : les révoltes de Túpac Amaru et de Túpac Katari à Cusco dans l’actuelle Bolivie (1780-1781), la révolution haïtienne (1804) et les luttes indépendantistes les plus radicales comme le fut celle menée par José Artigas au sud et Miguel Hidalgo et José Marie Morelos au nord, parmi beaucoup d’autres.


~ 1806-1830 : Les indépendances latino-américaines ~

La deuxième transition hégémonique, de la domination britannique vers l’étasunienne, entre le commencement de la Première Guerre mondiale (1914) et la fin de la Deuxième (1945) qui a été précédée par la Révolution Mexicaine (1910), a eu des jalons comme la révolution bolivienne (1952), l’insurrection du prolétariat argentin (le 17 octobre 1945) et l’assassinat de Jorge Eliécer Gaitán, qui a inauguré La Violence colombienne (1948-1958). Dans cette période sont nés de nouvelles institutions, partis de gauche ete syndicats en particulier, où se sont organisés les travailleurs et les paysans transformés en forces motrices du changement social, occupant la place des précédents montoneras des guerres pour l’indépendance. Malgré leurs victoires, ceux d’en bas se sont de nouveau trouvés déplacés, non pas par les Créoles arrachés du colonisateur, mais par l’alliance entre la bourgeoisie industrielle et l’État nation, avec des variantes selon les divers pays, qui se sont appuyés sur un certain développement industriel destiné à substituer les importations.

Il est probable que la transition actuelle ait déjà commencé, au sens large, avec le caracazo de 1989, à laquelle sans rougir nous pouvons lier, en ce qui concerne son importance historique, la révolte de Túpac Katari. L’enchaînement de soulèvements et de révoltes est bien connu ; entre le premier janvier 1994 et la marche en défense du TIPNIS (le Territoire Indigène et le Parc national Isiboro Sécure) en Bolivie (2011) on a enregistré deux dizaines de vagues populaires qui ont modifié le rapports de forces dans la région. Je n’ai pas le moindre doute de ce que ceux d’en bas soient en conditions de battre ceux d’en haut, bien que ceux-ci donnent la main à l’empire. Les derniers coups de butoir au Venezuela montrent deux nouveautés : un niveau élevé de violence et de participation paramilitaire depuis la Colombie à l’appui d’une droite qui dispose de l’appui des classes moyennes, en particulier de professionnels et de techniciens dont le mode de vie est de plus en plus proche de celui de la bourgeoisie.


~ IIème sommet de la CELAC à la Havane : Retour en force de “l’équilibre du monde” ~
~ Les relations entre les Etats-Unis et le reste du continent américain : de l’arrière-cour à une future relation « d’égal à égal » ? ~

Le principal problème que l’on peut scruter à l’horizon est que se répète la séquence des deux transitions précédentes : que le gaspillage de vies et les triomphes des ceux d’en bas sur le champ de bataille soient appropriés et utilisés par un « haut » reconfiguré pour perpétuer sa domination. Pour l’éviter, la première chose est de nous demander qui sont les Créoles et les bourgeois d’aujourd’hui, ceux qui, attrapés dans les raz de marée populaires, surfent sur la houle de ceux d’en bas, et qui sont en condition de devenir une nouvelle classe dominante.

Raúl Zibechi

~ Traduit de l’espagnol pour El Correo par Estelle et Carlos Debiasi ~

Source originale de l'article : América Latina en la transición hegemónica

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MessageSujet: Un nouveau "Plan Condor" menace l’Amérique du Sud...   Jeu 7 Jan - 12:32

Un nouveau "Plan Condor" menace l’Amérique du Sud...

L’aigle impérial survole le continent latino-américain,
accompagné de vautours et de condors ;
ils se lancent des regards et ne savent pas quand ils vont le dévorer...




Pierre Abramovici a écrit:

(...) C’est la découverte, par hasard, fin décembre 1992, de deux tonnes d’archives de la dictature Stroessner dans un commissariat de Lambaré, dans la banlieue d’Asunción (Paraguay), qui a permis de reconstituer les activités criminelles de ce réseau international. Le déclassement de documents de la CIA concernant le Chili, le 13 novembre 2000, a confirmé et précisé la teneur de ces « archives de la terreur ».

Dès la conférence panaméricaine de Chapultepec, au Mexique, en février 1945, les Etats-Unis mettent en garde les militaires sud-américains contre le communisme. Dans cette perspective, des accords bilatéraux d’assistance militaire seront effectivement signés en 1951 : approvisionnement en armes et financements américains, stationnement de conseillers militaires et entraînement des officiers latino-américains aux Etats-Unis et à l’Ecole des Amériques, dans la zone américaine du canal de Panamá. (...)


~ « Opération Condor », cauchemar de l’Amérique latine (Le Monde Dilpomatique)(Mai 2001) ~

Il y a quelques mois, lors de la dernière réunion du Mercosur, Cristina Fernandez a rappelé que cela faisait maintenant 40 ans que le « plan condor » existe et a fait remarquer que « ce plan avait été mis sur pieds afin de renverser les gouvernements démocratiques. Il se peut actuellement qu’un autre plan soit en phase d’élaboration, cette fois-ci plus utile et plus sophistiqué. Dans certains cas, il peut s’agir de vautours et non de condors, mais ce sont toujours quoiqu’il arrive des rapaces. Nous devons renforcer plus que jamais nos démocraties ».


~ Operation Condor: South American Genocide (Chaîne YT de Alltime Conspiracies) ~

Il faut se réveiller si nous ne voulons pas nous faire dévorer comme il y a 40 ans. Les États-Unis veulent tout dévaster, avec la puissance d’un ouragan ou d’une vague en pleine tempête. Il y a quelques semaines, le gouvernement américain a lancé une attaque médiatique contre le Venezuela : la DEA aurait intercepté une cargaison de drogues à Haïti qui se dirigeait vers les États-Unis, un trafic supposément mené par le cousin et filleul de Nicolas Maduro. En l’espace de quelques secondes, les médias, sous le joug de l’impérialisme, ont propagé l’info à travers le monde, et, le jour suivant, elle faisait la une de tous les journaux principaux dans le monde. Bien entendu, ce n’est qu’une stratégie pour accuser Maduro d’être un allié des narcotrafiquants. Le gouvernement vénézuélien a prouvé que cette accusation était fausse mais aucun des médias qui avaient publié l’information n’a pris la peine de s’excuser pour une telle diffamation, et encore moins le gouvernement américain et la DEA.

L'Obs avec AFP a écrit:

(...) Nicolas Maduro a averti que le narcotrafic disposait d'"un grand pouvoir", qui pourrait être utilisé " par ce secteur qui monte des dossiers contre le pays pour dire que (nous sommes) un narco-état ". " Un narco-état, le Venezuela ? Nous qui battons des records de capture de trafiquants, qui battons des records de saisies de drogue, qui avons rompu avec la DEA qui est une véritable multinationale du trafic de drogue ! " (...)

~ La DEA, impliquée dans le trafic de drogue d'Air France ? (L'Obs)(Octobre 2013) ~

Pourquoi avoir provoqué un buzz médiatique d’une telle envergure et pourquoi à ce moment précis ? Et bien tout simplement en raison des élections parlementaires qui allaient avoir lieu au Venezuela ce 6 décembre. L’assassinat de Luis Manuel Diaz, secrétaire du parti « Action démocratique », faisait également partie de ce plan ; M. Diaz avait ordonné à Lilian Tintori d’accuser le gouvernement de Nicolas Maduro de vouloir mettre fin à ses jours et de soutenir le « terrorisme d’État ». Rappelons que M. Diaz était aux côtés de Mauricio Macri dans son bunker lorsque celui-ci est sorti vainqueur des élections présidentielles en Argentine. Petite précision : M.Macri a gagné avec seulement 679 000 voix, c’est-à-dire que ceux qui ont voté pour lui étaient des politiciens fanatiques qui ne savent même pas compter jusque 10. Quelques heures après son élection, le président-crapule s’en est immédiatement pris au Venezuela pour tenter de l’éjecter du Mercosur.

Ainsi, on peut affirmer avec certitude que le président fera tout ce qui est en son pouvoir, avec l’argent du peuple argentin, pour renverser les gouvernements de Maduro et de Dilma. On peut également supposer qu’il fait partie de la coalition qui avait tenté une invasion dans le Cône sud et qu’il tentera d’instituer une directive similaire à celle d’Hitler (« Nuit et Brouillard ») : on serait de nouveau au temps des escadrons de la mort. Macri a le soutien de l’oligarchie latino-américaine, du secteur des entreprises et des anciens et actuels présidents droitistes. Réveillons-nous si on ne veut pas se faire dévorer.


~ En Argentine, bonne pioche : le nouveau Président Mauricio Macri aime Israël (Israel Valley)(Novembre 2015) ~

L’aigle impérial, les vautours et les condors avancent côte à côte avec les larbins afin de vendre le pays. Ils profitent du Mexique, de l’Amérique centrale et des Caraïbes (toutes des colonies américaines), du Pérou, du Paraguay et de la Colombie, en y implantant leurs bases militaires afin d’être le plus proche possible des gouvernements progressistes et assurer la réussite d’une éventuelle invasion militaire. Pour preuve : ils se sont emparés de l’Argentine récemment et ils trament un coup d’État contre Dilma. Ils s’attaquent maintenant au Brésil et veulent l’exclure du BRICS. Pour quelle raison ? C’est très simple : ce groupe est formé par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, des pays unis qui constituent une menace pour le capitalisme.


~ Les Etats Unis se prépare activement à une guerre totale contre les BRICS... (Pepe Escobar via FYI)(Novembre 2014) ~

Les gouvernements dirigés par Lula et Dilma sont les seuls qui ont lutté pour éradiquer la misère sociale. Les États-Unis convoitent le pétrole du Brésil, du Venezuela, de la Syrie, et c’est cette soif de pétrole qui explique les bombardements et les invasions militaires dans ce pays. Comme ils ont réussi à s’accaparer le pétrole irakien (le pétrole du Mexique leur a été remis par Enrique Peña Nieto, qui a cédé au chantage comme un lâche), ils supposent qu’ils pourront également s’emparer du pétrole qui se trouve en Amérique du Sud. Réveillons-nous ! Le président du Congrès national du Brésil a autorisé la poursuite contre Dilma. Qui est donc cette crapule ? Il figure parmi les hommes politiques de droite les plus puissants du Brésil. Il a fait l’objet d’une enquête pénale pour avoir accepté un pot-de-vin de cinq millions de dollars et est accusé de faire partie d’un système de corruption qui vise à faire tomber Petrobras. La présidente Dilma s’est opposée à ces vautours qui voulaient dévorer l’entreprise étatique et, en réponse, ce freluquet tente de l’amener en justice en l’accusant d’être corrompue. Son objectif est en fait de fomenter un coup d’État contre l’actuel gouvernement progressiste et ainsi mettre un terme au progrès de la région. Réveillons-nous ou on se fera dévorer.

Ce détracteur, à l’instar de Lilian Tintori, Leopoldo Lopez et Henrique Capriles au Venezuela, est responsable d’un grand nombre de marches pour la destitution du gouvernement de Dilma. La situation est semblable à celle de l’Argentine, où les journaux « Clarin » et « la Nacion » ont attaqué le gouvernement de Cristina Kirchner et ont organisé des marches qui ont causé la mort du procureur Nisman. Face à une telle puissance capitaliste et oligarchique, plusieurs questions me viennent à l’esprit : quand allons-nous enfin être unis ? Quand va-t-on accepter que l’Amérique latine est notre patrie unique et unie, indépendamment de notre pays de naissance, et que nous devons défendre la liberté et la plus-value de nos peuples ? Quand allons-nous nous unir pour ne former qu’un et ainsi mettre un terme à cette fissure qui ne cesse de croître ? Que faut-il de plus que tous les problèmes qui nous accablent pour réagir ? Faut-il qu’ils nous abattent avec un autre plan condor ? Ou qu’une invasion militaire nous ramène à l’époque des dictatures ? Comment allons-nous nous réveiller ? Comment peut-on justifier que nous laissions ces puissances impérialistes nous dominer ? Où est passée la dignité, l’identité et l’héritage historique de l’Amérique latine ? Nous devons empêcher l’élaboration d’un autre plan condor qui pourrait être un frein au progrès de nos nations. Disons stop au sang versé, stop aux disparitions forcées, stop aux tortures, stop aux génocides, stop aux dictatures. L’Amérique latine a besoin de nous, mais quand allons-nous nous relever et défendre notre patrie ? Que les traîtres soient jugés et punis !

Ilka Oliva Corado

Source de l'article : Un nouveau "Plan Condor" menace l’Amérique du Sud (Investig'Action)(Janvier 2016)

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MessageSujet: Argentine, Brésil, Uruguay, Pérou, Vénézuela : les USA à la manœuvre...   Mar 7 Juin - 11:29

Argentine, Brésil, Uruguay, Pérou, Vénézuéla :
les USA à la manœuvre...


L’Amérique Latine est en pleine recomposition.
De l’Argentine au Vénézuela en passant par le Brésil et le Pérou,
la contre-offensive du néo-libéralisme bancaire est en marche...




Eric Draitser a écrit:

(...) On ne peut évidemment point passer sous silence l'influence considérable que des sociétés comme Goldman Sachs exercent, au-delà de leurs avoirs réels, dans le pays. Par exemple, le capital financier de Wall Street entretient de très bonnes relations avec le plus riche des Brésiliens, Jorge Paulo Lemann, un multimilliardaire qui possède Heinz Ketchup et Burger King, qui est l'actionnaire majoritaire de Anheuser-Busch et Budweiser, et qui est un proche associé de Warren Buffett. Avec son pedigree financier, il n'est pas surprenant que Lemann et les intérêts qu'il représente soutiennent financièrement les groupes impliqués dans les manifestations de rue réclamant la destitution de Dilma Rousseff. Parmi eux, le très visible VemPraRua (descend dans la rue). Il n'est pas non plus surprenant que d'autres groupes essentiels engagés dans ces manifestations soient directement financés par d'autres intérêts de Wall Street, en particulier les Koch Brothers, tristement célèbres. Charles et David Koch sont les financiers clés derrière le Mouvement Brésil Libre (MBL) et les Etudiants pour la Liberté (EPL), à travers l'Atlas Economic Research Foundation et l'Atlas Leadership Academy, toutes deux ayant engendré quelques-uns des principaux leaders des manifestants. (...)

~ Hillary Clinton et la guerre néolibérale de Wall Street contre l'Amérique Latine (TeleSur via Questions Critiques)(Mai 2016) ~

Dans un contexte marqué par la récession et la crise des matières premières, les États-Unis tentent de reconquérir par tous les moyens leur ancien « pré-carré » latino-américain. Lors de ses cent premiers jours au pouvoir, le président argentin Mauricio Macri a reçu le premier ministre italien Mateo Renzi, le président français François Hollande et enfin le président Barack Obama. Tous trois sont les premiers serviteurs du gouvernement mondial. Le Président argentin a satisfait ce beau monde occidental : il a abandonné aussitôt les efforts du gouvernement précédent pour promouvoir l’intégration régionale. Il y a un changement, une inflexion pro-américaine très nette de la politique extérieure de l’Argentine même si le gouvernement Kirchner n’était pas sans défaut dans son instinct de prédation populaire et de corruption oligarchique. Les gouvernements Kirchner avaient pourtant toujours entretenu de très bonnes relations avec le Venezuela, avec Cuba, avec la Bolivie, avec  la gauche populiste d’Amérique latine. La politique extérieure argentine a donc aujourd’hui profondément changé. Lors de la conférence de presse à la Casa Rosada, le Palais Présidentiel argentin, les présidents Obama et Macri ont clairement évoqué la possibilité de signer un accord de libre-échange entre le Mercosur et les États-Unis, anticipant déjà un nouvel ALCA (Zone de libre échange des amériques) et ce, alors que le pays va certainement finir par rejoindre l’Alliance pour le Pacifique.


~ En Argentine, la stratégie du choc (Tarik Bouafia, Investig'Action)(Mai 2016) ~

En Europe, la Commission européenne vient de faire pression la semaine dernière sur Paris pour signer le traité transatlantique. Alors que la Russie s’embourbe un peu en Syrie, les États-Unis avancent leurs pions et profitent du ralentissement chinois pour avancer en Amérique latine, reprendre le dessus et faire pression sur les gouvernements locaux pour qu’ils adoptent des mesures de libre-échangisme radical. L’Uruguay et son gouvernement qualifié par la communauté internationale de « « progressiste » » est lui-aussi en train de signer ces traités, tout comme le Chili de Michelle Bachelet. Restait donc l’os brésilien. Il était nécessaire et urgent de déloger Dilma Rousseff, la seule maintenant rétive à signer les grands traités de la grande reconfiguration libérale du monde en cours. Mais comment pouvait-on faire tomber une Présidente élue dans le modèle démocratique du consensus de Washington ? Par la République des Juges. Avec le Brésil, on sait ainsi que les coups d’état du vingtième siècle ne seront plus militaires mais judiciaires et l’ambassade des États-Unis au Brésil n’a pas cessé de recevoir les visites des opposants à Dilma dans le processus d’impeachment (destitution). On raconte au Brésil qu’aujourd’hui, cette ambassade  ressemble à celle aux temps d’Allende au Chili. C’est le lieu où se sont préparés tous les projets de déstabilisation visant la chute programmée de Dilma Rousseff.



Pepe Escobar a écrit:

(...) Les fonds prêtés par le Trésor à BNDES, l'une des plus grandes banques de développement au monde, et modèle pour la banque des BRICS, se sont également révélés être vingt fois moindre que ce qui était dû à la banque. Les arguments accusateurs contre Rousseff s'effondrent totalement lorsque l'on apprend que durant l'année fiscale 2015, la seule que l'on pourrait prendre en compte dans une procédure de destitution, l'administration a pourvu à un fonds de prévoyance de près de 19 milliards de dollars ; c'est plus que de la prévoyance que de jouer avec les finances publiques. Le résultat est que Rousseff, qui n'a pas été officiellement accusée de malversations, sera « jugée » par une bande d'escrocs au Congrès, emmenés par un détenteur de compte suisse illégal qui se trouve être le président de la Chambre basse, avec un acolyte douteux en la personne du propagateur initial de la soi-disant mauvaise conduite de Rousseff. Ce duo louche, pour sa part, pourrait devoir répondre à de graves accusations de corruption parfaitement documentées. (...)

~ Que cache réellement la crise Brésilienne... (FYI)(Mars 2016) ~

Ainsi, en s’emparant de l’Argentine, du Brésil, de l’Uruguay, du Chili et du Paraguay, demain peut-être du Pérou avec Kuczynski, les États-Unis sont en passe de réaliser le grand schlem, la prise en main complète du Cône Sud. Rafael Correa, le Président équatorien a réagi sur les événements au Brésil et a parlé d’un nouveau Plan Condor (alliance des armées des pays du Cône Sud pour éliminer à l’époque la subversion communiste et maoïste) qui serait en train de frapper le continent, un Plan Condor non plus strictement militaire mais avant tout économique et judiciaire, piloté en quelque sorte par les multinationales mondiales. Le 17 avril 2016 marquera l’histoire politique. Pour la première fois, une démocratie est entachée par un procès politique sans fondement juridique qui viole le précepte constitutionnel. C’est un coup d’État juridique sans respect de la souveraineté populaire, le point de départ d’une période de chaos et de violence par la seule volonté des puissants. La Chambre des députés du Brésil n’a ainsi pas tenu compte de l’accusation de la présidente de crime de responsabilité, l’argument de « pédalage fiscal » a été laissé de côté. A aucun moment ce sujet n’a été abordé par les députés qui ont voté « oui à la destitution ». Dans ce contexte, il est parfaitement naturel de dire qu’il y a bien eu un coup d’état parlementaire au Brésil. On a ainsi vu le Président de la chambre des députés Eduardo Cunha, un véritable gangster politique présider la session alors que lui-même était mis en examen pour corruption passive et blanchiment d’argent et cité dans la liste des Panama Papers, en tant que propriétaire d’une société off-shore suspectée d’évasion fiscale. Tous les députés en croisade contre Dilma Rousseff ont été élus avec l’argent de la corruption politique, soutenue par les grandes entreprises. C’est une alliance médiatico-politico-juridique qui est à l’origine du chaos politique et économique du  Brésil. La presse a construit et développé un discours ultra partisan contre les gouvernements du Parti des Travailleurs désigné comme le seul responsable de la corruption au Brésil, alors mêmes que les scandales de corruption touchaient l’ensemble des partis politiques de droite. Les secteurs juridiques conservateurs ont transformé les affaires juridiques de l’opération « Lave-Jato » (l’opération « mains propres » brésilienne) en opération de règlements de compte politique avec le soutien médiatique des grands journaux conservateurs comme « Estadao », « Folha de Sao Paulo ».


~ La contre-offensive bolivarienne et la course contre la montre... (Franco Vielma via Global Research)(Mai 2016) ~

Au Venezuela, le bras de fer entre le président Maduro et l’opposition qui avait remporté les élections législatives de décembre continue. Le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a pris position pour l’amnistie des opposants politiques emprisonnés. La situation est très délicate comme le révèlent le surprenant plan d’économie d’énergie, dans un pays pétrolier qui sur le papier dispose d’importantes réserves dans le delta de l’Orénoque, et qui se retrouve pourtant contraint de rationner l’électricité dans la partie la plus densément peuplée du pays. A Caracas, ce sont maintenant des queues interminables de plusieurs heures pour acheter les denrées alimentaires de base (farine, riz…) et tous les rayons des supermarchés sont vides. La situation sociale est explosive alors qu’il faut se souvenir qu’avant le bolivarisme, le Venezuela était l’un des pays les plus industrialisés du continent latino-américain. Le président Maduro pourrait donc être l’objet d’une révocation pour incapacité à diriger le pays à l’issue d’un reférendum que souhaite organiser au plus tôt l’opposition qui affirme avoir déjà collecté pour ce faire environ un million de signatures. En attendant, faute de ressources, les députés ne seront plus payés. Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA) Luis Almagro a réclamé lundi 30 mai une réunion urgente de ses États membres pour évoquer la « crise institutionnelle » au Venezuela. Dans une lettre de 132 pages au président du Conseil permanent de l’OEA, M. Almagro affirme que le Venezuela connaît une « altération de son ordre constitutionnel » qui affecte la démocratie dans le pays. Il demande une réunion des 34 États membres de l’OEA du 10 au 20 juin, affirmant que « la crise institutionnelle au Venezuela exige des changements immédiats dans les agissements de l’exécutif » et soulignant que le pays « risque de tomber immédiatement dans une situation d’illégitimité ».  Luis Almagro avait déjà accusé ces derniers mois le président vénézuélien Nicolas Maduro de devenir un « dictateur », fin inéluctable de tout le processus révolutionnaire bolivarien.


~ Comment la CIA fabrique des informations contre le gouvernement du Venezuela (José Manuel Martín Medem via Le Grand Soir)(Décembre 2015) ~

Début mai, une coalition d’opposition a déjà réuni 1,85 million de signatures réclamant un référendum sur le départ de Maduro que celui-ci conteste, l’accusant de fraudes. Il paraît donc évident que la population excédée par une crise économique qui la prive d’électricité plusieurs heures par jour, entraîne la fermeture des services publics cinq jours par semaine, et vide les rayons des supermarchés sortira très prochainement dans la rue à moins que le Venezuela ne décide de se couper définitivement du monde par la force  ce qui est peu probable. Le Vénézuela n’est pas la Birmanie ! On risque donc d’entendre parler du Venezuela ce mois de juin même si pour Cuba, Maduro reste le modèle parfait du bon démocrate populaire.

Michel Lhomme

Source de l'article : Argentine, Brésil, Uruguay, Pérou, Vénézuela : les USA à la manœuvre (Métamag)(Juin 2016)

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