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 Le plan de la BCE pour sortir de la crise : La déflation et les chômeurs

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Golden Awaken
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MessageSujet: Le plan de la BCE pour sortir de la crise : La déflation et les chômeurs   Sam 21 Déc - 10:27

Le plan de la BCE pour sortir de la crise :
La déflation et les chômeurs


Benoit Cœuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne,
a sous-entendu jeudi 12 décembre devant un parterre d’investisseurs que le chômage de masse
dans les pays du sud de l’Europe ne représentait pas un problème
et était au contraire un moyen de juguler les différentiels d’inflation.


DSK a écrit:



« La faible croissance va conduire à des troubles sociaux, puis à des menaces contre la démocratie.
Concernant les timides signaux favorables en Europe, personne ne peut croire à cette image rose bonbon. Nous allons
avoir une faible croissance qui ne crée pas d’emplois, pendant de longues années, jusqu’à ce que cela crée
des problèmes sociaux et politiques. (Les dirigeants européens) se cachent tous derrière la BCE pour camoufler leur inaction. »


~ Quelle horreur, la déflation continue ! ~


Il existait jadis des limites aux pouvoirs des banquiers centraux. Une époque révolue où les taux d’intérêt et les prix des actions étaient déterminés par les marchés, où les Etats pouvaient conduire une politique budgétaire sans demander l’autorisation de Francfort, où les Traités étaient à peu près respectés, où l’industrie financière n’était pas un terrain d’expérimentations pour de nouveaux superviseurs incompétents, où l’esprit critique était encore suffisamment vivace pour que les provocations verbales et les OPA institutionnelles de personnes non élues et au bilan dramatiquement mauvais ne soient pas complètement impunies. Les choses ont changé. Dans un univers de banquiers centraux de plus en plus indépendants, les normes se sont déplacées, le pouvoir n’est plus là où on le situait et (chose très récente) les apparatchiks de la BCE ne prennent même plus le temps de cacher leurs chantages. Je ne sais pas si c’est une stratégie du type "lettre volée" à la Edgar Poe, mais la communication de la BCE de ses dernières semaines défie l’entendement, défie les normes démocratiques et défie toutes les règles de prudence élémentaire jusqu’ici à peu près en vigueur dans ce milieu ("Notre indépendance dépend de notre capacité à ne pas dépasser nos limites", Helmut Schlesinger, Président de la Bundesbank, 1992).

Devant des investisseurs (et si j’en crois un compte rendu de la Deutsche Bank), Benoit Coeuré a déclaré le 12 décembre, je cite : "La déflation dans le sud fait partie de l'ajustement et n'est pas en soi un problème", c’est-à-dire : la déflation des PIIGS n’est pas notre problème, le chômage de masse n’est pas un problème mais une solution, un moyen de juguler les différentiels d’inflation. Notons que ce processus d’ajustement (parfois baptisé "dévaluation interne" pour faire joli, si les gens savaient !!) prendra plusieurs décennies. Pas grave pour les 26 % de chômeurs : Weidmann de la Bundesbank a déjà prévenu l’année dernière que la crise serait longue, 10 ans au minimum, donc rien ne presse et tout est under control. Pour rappel, les chômeurs du Sud sont de vrais chômeurs, pas des travailleurs au black comme dans les années 80 ; faute de demande. Pour rappel, l’emploi fait partie des objectifs assignés à la BCE par le Traité européen (à condition de le lire). Et pour rappel l’agrégat monétaire M3 est à 1,4 % sur 12 mois en zone euro, contre une norme théorique BCE à 4,5 %… mais passons.
The European Central Bank a écrit:

L’UE poursuit de nombreux objectifs (article 3 du traité sur l’Union européenne), au nombre desquels figure le développement durable de l’Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix et une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social. Par conséquent, la stabilité des prix constitue non seulement l’objectif principal de la politique monétaire conduite par la BCE mais aussi un objectif de l’Union européenne dans son ensemble. Ainsi, le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et le traité sur l’Union européenne fixent une hiérarchie claire entre les objectifs de l’Eurosystème, le maintien de la stabilité des prix constituant la contribution la plus importante que la politique monétaire puisse apporter à la réalisation d’un environnement économique favorable et d'un niveau d’emploi élevé.

~ Missions et Objectifs de la BCE ~


Il faut une bonne dose de morgue aristocratique pour balancer benoîtement une formule pareille en public (est-ce un nouveau ballon d’essai ?). Au passage, Benoit Coeuré fait mine de croire en creux à l’inflation par les salaires, thèse réfutée depuis des décennies par la théorie comme par la pratique. On savait que l’œuvre de Milton Friedman était victime d’un autodafé permanent à Francfort, mais tout de même ; quand un de mes élèves me parle d’une inflation non monétaire je le saque impitoyablement et il doit repasser tous ses examens, un réflexe monétariste de base qui soit dit en passant a un peu sauvé la Bundesbank dans les années 70 comparativement aux autres banques centrales. Et dire que Benoit Coeuré est l’un des membres les plus "colombes" de la BCE, un des plus pragmatique, un des plus instruits, en un mot un des moins allemands. Que dirait-il aux investisseurs s’il faisait partie du clan des durs de durs ? Il proposerait un retour de l’esclavage en Espagne ou du droit du cuissage en Italie ?

~ Capitalisme et liberté, de Milton Friedman ~

Enfin, au sujet de la "forward guidance" sur les taux d’intérêt qui serait "data driven", voilà bien un concept oxymorique, comme "démocratie nord coréenne" ou "réforme de l’Etat en France" par exemple. Par définition une technologie de pré-engagement se moque des nouvelles conjoncturelles au jour le jour !! Certes B. Coeuré n’est pas le seul à s’engager dans ce travestissement des concepts, dans cette parodie de Kydland&Prescott. Mais parfois j’ai envie de crier : au secours, Orwell, reviens !

Mario Draghi fait encore plus fort (logique, c’est le boss de Benoit Coeuré) : il reconnait au détour d’une question, dans sa conférence de presse du 5 décembre, qu’à la BCE, au sein du comité de politique monétaire, là où en théorie "1 Etat = 1 voix" ou presque, ils ne votent "pas souvent" (ce qui, en langue BCE, signifie : "pratiquement jamais"). Silence radio de toute la presse. Aucune réaction des politiques. Aucun scandale. C’est pourtant : a/ une violation caractérisée du Traité européen (il est vrai que sa virginité n’est plus à ça près), et au passage ça fait 14 ans que ça dure : à quoi sert le million de juristes européens, je me le demande, b/ un aveu révélateur : on comprend mieux pourquoi la BCE est la dernière banque centrale du monde développé à refuser la diffusion des Minutes de son Comité, et surtout on comprend mieux pourquoi la Bundesbank ne risque pas d’être mise un jour en minorité sur un sujet important. Au passage, comment évaluer nos décideurs monétaires si on ne connait pas l’historique de leurs décisions ? Comment croire alors qu’ils apprendront de leurs erreurs ?

Sur sa lancée, Mario Draghi a réitéré : la BCE est prête à agir si nécessaire. Mais il n’a donné aucune indication à propos des instruments qui seraient utilisés. "Notre degré de préparation à toute éventualité est plutôt élevé", on doit se contenter de ça sur les marchés. Et il a ajouté ensuite, attention les yeux : "Quels outils nous utiliserions, et contre quelles éventualité ? Nous n’y avons pas vraiment réfléchi". Comme le note Scott Sumner : s’il vous plaît prenez tout votre temps avant de réfléchir aux solutions, il n’y a pas le feu au lac, ce n’est pas comme si la zone euro vivait une récession depuis 6 ans. La presse française est un peu moins ironique que Scott Sumner en ce jeudi 5 décembre 2013. Un journal bien connu ose le sous-titre suivant : la BCE "prend acte de la désinflation en zone euro". Fantastique.


Draghi n’en est pas à son premier coup de sonde pour tester la profondeur de l’indifférence des européens sur les questions sérieuses, la taille lilliputienne du débat monétaire en zone euro et la disparition du sens critique chez ses contemporains en général et chez les journalistes en particulier. Lors d’une interview au Wall Street Journal quelques jours avant le lancement de la seconde LTRO (Long term refinancing operations, ndlr) début 2012, l’homme n’avait pas hésité à déclarer que le "modèle social européen était déjà mort" (ce qui est certes exact mais de quoi il se mêle ?). Il présenta aussi le pacte budgétaire comme un moyen permettant aux gouvernements européens de commencer à "se libérer de la souveraineté nationale". Il faut dire que son prédécesseur a ouvert la voie, en grand. Le coup d’Etat contre Berlusconi de 2011 via les écarts de taux est un modèle ; les bolchéviks n’étaient que des amateurs. Selon la lettre adressée au gouvernement italien, publiée dans la presse, "une réforme constitutionnelle visant à durcir la législation fiscale serait également appropriée". Mario Draghi vient de confirmer dans sa conférence du 5 décembre que l’Espagne avait eu aussi droit à son ultimatum maison. Suite à l’enquête réalisée par le Médiateur européen à la demande d’un avocat espagnol, l’on sait que la lettre adressée au gouvernement espagnol n’exigeait pas l’intégration d’une "règle d’or" dans la Constitution, ce qui fut pourtant fait début septembre 2011 contre l’avis des syndicats qui demandaient l’organisation d’un référendum sur ce sujet. Mais le contenu de la lettre ne sera jamais diffusé au médiateur. Selon El Pais, "la BCE lui en a refusé l’accès, arguant qu’une telle divulgation porterait préjudice à l’intérêt public en ce qui concerne la politique économique et monétaire de l’Union européenne ou d’un État membre". Dois-je préciser que l’aveu tardif de Draghi n’a engendré aucune réaction politique ou médiatique ? Non ? Bravo, vous commencez à comprendre qui décide et comment. Et si vous comptiez encore vous déplacer pour les élections européennes de juin 2014, sachez que les officiels BCE précisent bien dans tous leurs road shows cet hiver devant les banquiers qu’ils sont très peu concernés par cet évènement.

Tandis que les précédents stress tests utilisaient la règlementation de Bâle, et donc la pondération risque zéro pour les actifs souverains, la BCE a suggéré que les banques devront provisionner le risque de certaines dettes souveraines. Etant donné les montants en jeu, le traitement de cette question aura des répercussions titanesques. Tout le monde sur les marchés technicise la question, ce qui évacue selon moi la dimension tragique : la BCE entérine le fait (impensable avant fin 2009 !) qu’un Etat de la zone euro émetteur d’une dette libellée en euros puisse faire faillite comme une vulgaire république bananière endettée en monnaie étrangère. Ce faisant la BCE ne joue pas seulement avec le feu. Elle trahit l’esprit du "whatever it takes" de l’été 2012, elle viole une nouvelle fois la notion de prêteur en dernier ressort, et en plus elle le fait avec des trémolos fédéralistes dans la voix.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a affirmé lundi dernier que Sabine Lautenschläger, actuelle vice-présidente de la Bundesbank, serait une bonne candidate pour succéder à Jörg Asmussen. Personne ne trouve à y redire. Sabine ne connaît pourtant rien à la politique monétaire, et tout le monde le sait. Le casting dysfonctionnel en zone euro se poursuit. Alors qu’il faut des diplômes et des expériences pour s’installer comme maçon ou comme réparateur de chaudières ou comme coiffeur, on considère que l’on peut devenir banquier central comme ça, au feeling. Pendant ce temps, les américains confirment Yellen et recrutent Fischer. Devinez quel coté de l’Atlantique va réduire le chômage dans les années à venir et quel coté va continuer à en faire une solution contre l’inflation (cette inflation qui potentiellement ressusciterait peut-être un jour via les salaires ou via le pétrole ou via d’autres trucs non monétaires qui seront agités pour la cause) ? J’ai un exemple tous les jours ces derniers temps. J’écris un bouquin sur le sujet. Pas sûr qu’il soit très lu dans un pays où on peut fin 2013 titrer sans rire, au 1er degré, dans un journal sérieux, que la BCE "prend acte de la désinflation en zone euro".

Les provocations vont continuer. Comment pourrait-il en aller autrement : elles fonctionnent. Le triangle d’impossibilité créé par la Bundesbank entre Francfort, Berlin et Karlsruhe fonctionne comme un triangle des Bermudes où les (rares) critiques se perdent comme dans un trou noir. La BCE va donc poursuivre son free riding vis-à-vis de la Fed, sa stratégie au bord du gouffre face aux Etats de la périphérie et son travail de sape pour ruiner l’employabilité d’un quart de la population afin de tuer dans l’œuf toute velléité (fantasmagorique) de revendication salariale. La vanité de l’Asset Quality Review et l’incohérence temporelle du grand bluff sur l’OMT ne seront pas exposées au grand public. Le représentant en France de Benoit Coeuré, un certain François Hollande, est plutôt mal barré tant qu’il perpétuera le complexe d’infériorité monétaire de la France vis-à-vis de l’Allemagne (un complexe que Milton Friedman il y a 20 ans jugeait infondé, indigne d’un grand pays comme le notre et à terme mortifère). Qu’il est loin le temps où Paul Volcker pouvait déclarer victoire sur l’hydre inflationniste arrivé à 4 %/an, où François Mitterrand pouvait déclarer à la télévision que les technocrates ne dirigeraient jamais la politique monétaire en Europe (‘Aujourd’hui l’Europe‘, TF1, 3 septembre 1992), où Helmut Schmidt pouvait déclarer dans la vertueuse RFA que le pays pouvait dans tous les cas tolérer 5 % d’inflation plus facilement que 5 % de chômage si tant est que le choix existe. Mais je vous parle d’un temps que les jeunes chômeurs européens de moins de 30 ans ne peuvent pas connaître.
Mathieu Mucherie
Source de l'article :
Quand la BCE admet entre les lignes qu’elle a un plan pour nous sortir de la crise : la déflation et les chômeurs via Réseau International

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MessageSujet: La BCE nous entrainerait-elle vers une suicide financier ?   Sam 7 Juin - 10:08

La BCE nous entrainerait-elle vers une suicide financier ?

Mario Draghi a annoncé comme convenu jeudi 05 juin une baisse du taux directeur
de la Banque Centrale Européenne de 0.25 à 0.15%, soit un nouveau plus bas historique



~ Les taux négatifs de la BCE donne des sueurs froides aux banques (Victoria Adam, Boursier.com) ~

Dans le même temps, il a annoncé la baisse de la rémunération des dépôts des liquidités auprès de la BCE à -0.10%, une première là aussi. Ces mesures étaient attendues et avaient déjà  été largement commentées par la presse économique. Qu’est-ce donc qui a poussé « super Mario » a prendre de si « énergiques » mesures alors que la commission se félicitait il y a peu du fait que la Grèce et le Portugal étaient retournés sur les marchés et que la vie repartait de plus belle en euroland ? La réalité tout simplement montre que la zone euro est au bord de la déflation, avec un taux d’inflation au plus bas depuis 2008 à 0.5% au moi de mai. Rappelons que le mandat de la BCE lui enjoint d’assurer un taux d’inflation d’environ 2%, jugé optimum pour l’activité économique. Alors que la déflation, ce n’est pas bon pour l’économie. La déflation vous pousse à attendre que les prix baissent au lieu de dépenser votre argent (pour ceux qui en ont encore), la déflation signifie aussi que le poids de la dette augmente, ce qui est précisément la pire nouvelle pour une économie surendettée.

Ces mesures sont-elles de nature à relancer l’inflation et l’activité économique ? La réponse est non. On voit mal comment une baisse de 0.10% du taux directeur pourrait d’un coup donner aux banques l’envie de prêter. Si elles ne le font pas à 0.25, elles ne le feront pas mieux à 0.15 parce qu’il n’y a tout simplement pas d’emprunteurs solvables, pas de demande, et pas d’investissement des entreprises. A quoi pourrait servir un taux de dépôt négatif ? A éviter que les banques de la zone euro continuent à planquer leur argent à la BCE. Ces dernières préfèrent en effet placer leurs liquidités en dépôt auprès de la Banque centrale plutôt que de se prêter de l’argent entre elle par peur de ne pas pouvoir le récupérer. Voyez à quel point la confiance règne entre les banksters. Le volume de ces dépôts était de plus de 520 milliards d’euros en 2012… Mario Draghi espère ainsi relancer le crédit, mais sans emprunteurs solvables, sans demande, et sans investissements, il n’y aura pas plus de demandes de crédit…

~ Philippe Béchade Bilan Hebdo au 06 Juin 2014 ~
Ajoutée le 6 juin 2014 par BusinessBourse

L’autre grande nouvelle annoncée par « Super Mario » c’est un prochain programme de prêts massifs aux banques, LTRO. Ce type de programme d’injection massif de liquidités quasi gratuites dans le secteur bancaire est sensé en théorie relancer le crédit, par afflux de monnaie, un peu comme lorsque vous collez un masque à oxygène à un patient victime d’une syncope… Ce type de programme a déjà été mis en oeuvre par la BCE à l’hiver 2011/2012 pour un montant de 1000 milliards d’euros. Ce qui a vachement relancé l’économie de la zone euro, notamment en Espagne ou en Italie, qui en ont été les premières bénéficiaires… Cette manne avait massivement été placée en dépôt auprès de la BCE, justement, et avait également permis aux banques de racheter des obligations souveraines de leur pays en empochant la différentiel d’intérêt au passage (ce qui n’était pas du tout dégueux sur des obligations espagnoles ou Italiennes à 5 ou 6% par exemple…). Ce qui les laisse également avec tout un tas d’obligations souveraines pourries (parce qu’elles ne seront probablement jamais remboursées) dans leur bilan, il y a une contre partie à tout…

Mais attention, cette fois-ci ce sera différent puisque ce LTRO sera « ciblé », c’est à dire que les crédits seront destinés à l’économie et seront soi disant « réservé aux banques qui prêtent à leur tour aux entreprises ». D’ailleurs il s’agira du T LTRO pour « Targeted », un peu comme si le mec tirait des missiles balistiques… Bah tiens, mais comme les entreprises ne souhaiterons pas plus emprunter faute de clients solvables et de demande, que vont-elles faire de tout ce pognon « ciblé » ? En tout cas Mario a prévenu que « cette fois, nous sommes déterminés à ce que ces sommes ne soient pas utilisées pour acheter des titres souverains. » Comme on dit, les promesses n’engagent que ceux qui les croient.

~ Pourquoi Mario Draghi n'a pas encore gagné (Romaric Godin , La Tribune) ~

La réaction la plus tangible, et la plus symptomatique de la direction que devrait prendre le pognon, a été celle des bourses européennes qui ont toutes clôturées en hausse. Le CAC grimpait jeudi de 1.6%, et la bourse de Milan de 2.2… ce qui faisait titrer le site challenges.fr : « Les bourses européennes boostées par les mesures de la BCE ». Il est à noter que ces liquidités devraient également permettre aux banques à la situation financière très précaire, de se renflouer de manière inespérée alors qu’elles vont passer sous l’autorité d’un régulateur unique dans le cadre du mécanisme de supervision bancaire européen (merci Michel Barnier). Ce superviseur devra précisément évaluer leur état financier et le risque systémique qu’elles représentent ainsi que leurs besoins de recapitalisation. Et comme par hasard, ce régulateur n’est autre que la BCE ! Et quand on sait que la BNP devra peut-être devoir lâcher 16 milliards de dollars à la justice américaine, le programme de refinancement tombe à pic…

~ Le Dollar : L'essence même des problèmes de BNP Paribas... (Follow Your Intuition) ~

L’exemple de la FED aux états-unis est pourtant là depuis des années pour montrer que les injections massives de liquidités dans le secteur bancaire ne profitaient qu’au secteur financier et absolument pas à l’économie réelle et aux classes moyennes. Le journal le Point titre ainsi aujourd’hui : « La BCE, amie des riches » et rappelle fort à propos que « les taux faibles font la joie des spéculateurs ». Alors que la bourse américaine surfe à des niveaux stratosphériques, la classe moyenne continue en effet de s’enfoncer dans la pauvreté et le ménage américain médian est 4 000 $ plus pauvre qu’il l’était en 2008… Mais puisque Mario l’a promis : cette fois ce sera différent, et il faut le croire sur parole…
Source de l'article : Pourquoi la baisse des taux d’intérêts par la BCE ne relancera pas l’économie (Les Moutons Enragés)

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