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 Des pétrodollars aux petrowars : les dessous de la politique étrangère US

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Golden Awaken
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MessageSujet: Des pétrodollars aux petrowars : les dessous de la politique étrangère US   Jeu 28 Nov - 13:25

Des pétrodollars aux petrowars :
les dessous de la politique étrangère US


Alors que l’issue de la guerre civile en Syrie semble suspendue au bon déroulement
des opérations de démantèlement de l’arsenal chimique de Bachar el-Assad,
les Russes se félicitent de leur victoire diplomatique
et de l’accord Kerry-Lavrov obtenu en septembre dernier qui a empêché in extremis
une intervention militaire pourtant ardemment souhaitée par Londres, Paris et Washington.




Devant la complexité des rapports de force des différents acteurs impliqués, il convient d’analyser les enjeux géopolitiques qui sous-tendent ce conflit, en éclairant en particulier les motivations profondes de la politique étrangère des États-Unis au Moyen-Orient.
Un Nobel de la Paix va-t-en guerre



George W. Bush, président des États-Unis de 2001 à 2008, et son administration de néoconservateurs resteront dans l’histoire pour avoir présidé à deux guerres majeures du début du XXIème siècle : la guerre d’Afghanistan contre le régime taliban débutée en 2001 et toujours en cours aujourd’hui, et la guerre d’Irak débutée en 2003 et officiellement achevée en 2011. Son successeur Barack Obama, élu en 2008 puis réélu en 2012, s’est démarqué de son prédécesseur en opérant un retrait progressif des troupes d’Irak (mais en augmentant celles présentes en Afghanistan) et en lançant une campagne d’assassinats ciblés par l’intermédiaire de drones au Yémen et au Pakistan (en particulier dans la région du Waziristan). Selon le rapport The Year of the Drone publié en 2010 par la New America Foundation, 32 % des victimes des attaques de drones au Pakistan sont des civils. Le 10 décembre 2009, soit dix jours après avoir annoncé l’envoi de 30.000 soldats supplémentaires en Afghanistan, Barack Obama reçoit le prix Nobel de la Paix à Oslo, démontrant si besoin était que la realpolitik ne craint pas les contradictions.

~ Résistance mondiale à la realpolitik… De Kissinger à Obama ~

En 2011, les Etats-Unis ont appuyé l’intervention militaire en Libye à travers les résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies qui mirent en place un embargo sur les armes et une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Ces résolutions furent suivies d’un intense bombardement de l’OTAN lors de l’opération Unified Protector, qui mena in fine à la mort de Mouammar Kadhafi le 20 octobre 2011. En parallèle, les Etats-Unis ont soutenu (médiatiquement, diplomatiquement et financièrement comme nous le verrons plus loin) le camp des autoproclamés « rebelles » lors de la guerre en Syrie. La révolte populaire anti-Assad de mars 2011 s’est rapidement transformée en guerre civile meurtrière, impliquant de nombreux acteurs extérieurs aux intérêts propres aux premiers rangs desquels les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Royaume-Uni et la France, et de l’autre côté la Russie, la Chine, l’Iran et le Liban. Cette « guerre géostratégique par procuration » a fait à ce jour plus de cent mille morts selon l’ONU, dont plusieurs dizaines de milliers de civils.

Au-delà de ces indications préliminaires d’ordre factuel, il faut bien comprendre une chose : le « printemps arabe » qui embrase l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient depuis la fin de l’année 2010 sert de combustible à un cocktail explosif dont la mèche a été préparée de longue date par les Etats-Unis et leurs alliés. La cible et l’objectif de ce jeu macabre : appliquer à leur profit l’adage latin maintes fois vérifié dans l’histoire : divide ut regnes, “diviser pour régner”. Rappelons ce que rapporte Wesley Clark (ancien général quatre étoiles des United States Armed Forces et Commandant du Supreme Headquarters Allied Powers Europe de l’OTAN de 1997 à 2000, ayant dirigé le bombardement du Kosovo lors de l’opération Allied Force en 1999) lors de son discours au Commonwealth Club of California le 3 octobre 2007. Wesley Clark a été informé en 1991 par l’ancien président de la Banque mondiale Paul Wolfowitz (alors sous-secrétaire à la politique de Défense) que les États-Unis avaient « environ cinq ou dix ans devant [eux] pour nettoyer ces vieux régimes clients des soviétiques, la Syrie, l’Iran, l’Irak, avant que la prochaine superpuissance ne vienne [les] défier ». Dix ans plus tard, en novembre 2001, Wesley Clark apprend au Pentagone que des plans pour attaquer l’Irak sont « en discussion dans le cadre d’un plan quinquennal, [...] débutant avec l’Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, l’Iran, la Somalie et le Soudan ».

~ Le Général Wesley Clark et la politique étasunienne au Moyen Orient (effarant!) ~
Publiée le 1 juin 2012 par GoldenAwaken

La realpolitik au service des pétrodollars

Pour comprendre les orientations et les stratégies mises en place aujourd’hui par les États-Unis au Moyen-Orient, il convient de se placer dans l’étude historique de leur politique étrangère. Un petit retour à l’époque de l’après-guerre nous permet de mettre à jour les mécanismes économiques par lesquels les Etats-Unis se sont assurés une hégémonie planétaire (qu’ils entendent bien conserver) au cours de la seconde moitié du XXème siècle.


À la sortie de la deuxième guerre mondiale, les États-Unis disposent de la plus grande partie des capitaux mondiaux. Ils produisent la moitié du charbon, les deux tiers du pétrole, plus de la moitié de l’électricité au niveau mondial, et détiennent deux tiers des réserves mondiales d’or. Les accords de Bretton Woods signés en 1944 mettent en place un système d’étalon change-or (Gold-Exchange Standard) fondé sur le dollar US : toutes les monnaies sont définies en dollar, et seul le dollar est défini en or. Le taux de change des différentes monnaies est établi par rapport au dollar, et les réserves des banques centrales doivent être constituées de devises et non plus d’or.

Du dollar dépendent désormais la croissance et l’inflation mondiales, au service des Trente glorieuses présidant l’essor économique et l’opulence du « monde occidental ». En revanche, le gouvernement américain est censé, à travers la Federal Reserve System, ou FED, garantir la valeur « réelle » du dollar et s’interdire d’imprimer trop de monnaie. Les accords de Bretton Woods donnent aussi naissance à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international, dont le rôle officiel est « de promouvoir la coopération monétaire internationale, de garantir la stabilité financière, de faciliter les échanges internationaux, de contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et de faire reculer la pauvreté ».

Dans les années 1960, la guerre du Viêtnam et la course à l’espace conduisent le gouvernement américain à multiplier les dépenses et à créer une immense liquidité internationale de dollars. Voyant se déséquilibrer la balance des paiements des États-Unis, la France et d’autres pays européens réclament la contrepartie en or d’une forte proportion des dollars qu’ils possèdent. Les États-Unis ne s’y soumettent pas, souhaitant conserver leur encaisse-or. Pour éviter ce remboursement en or, le président des États-Unis RichardNixon décide le 15 août 1971 de mettre fin à la convertibilité du dollar en or (décision officialisée le 8 janvier 1976 suite aux Accords de la Jamaïque).

Le système des taux de change fixes s’écroule définitivement le 19 mars 1973 et est remplacé par un système moins régulé de changes flottants (ou régime de changes flexibles). La création monétaire est ainsi libérée des contraintes d’un étalon monétaire mondial fixe existant en quantités finies, mais cela affecte désormais la demande globale de dollars US, et menace directement l’économie états-unienne. Le gouvernement des Etats-Unis, aidé par des compagnies aux lobbies tout-puissants, trouve alors une ressource de rechange pour conserver la suprématie du dollar : le pétrole. En 1973, le secrétaire d’État des États-Unis Henry Kissinger passe des accords secrets avec la famille royale d’Arabie Saoudite : les États-Unis lui offrent une protection militaire et un approvisionnement en armement, contre l’assurance que l’Arabie Saoudite vendra désormais son pétrole contre des dollars US uniquement, et investira les profits excédentaires dans les bons du Trésor et les billets américains. D’autres accords passés en 1971 et 1973 obligent l’ensemble des pays de l’OPEC à vendre leur pétrole en dollars US, ce qui créé une demande permanente de dollars sur le marché international des échanges. La plupart des pays du monde étant dépendants des importations de pétrole, le pétrodollar devient la monnaie de réserve dominante dans le monde, remplaçant l’or comme monnaie étalon. Depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, les pays importateurs et exportateurs se voient donc dans l’obligation d’acheter des dollars US auprès de la FED, la réserve fédérale des États-Unis, qui est la seule institution autorisée à émettre cette monnaie.


Après quarante ans d’inflation et deux (voire trois) chocs pétroliers, les prix du pétrole s’envolent : en 1972 le baril de pétrole est à 1,90 USD, en 1981 à 34 USD, et en 2008 à plus de 140 USD. En conséquence, les bénéfices des pays producteurs de pétrole, ainsi que des États-Unis qui profitent des transactions en dollars US, explosent. Ainsi le dollar US, monnaie d’un État fédéral qui accuse en 2012 une dette totale de plus de 16.000 milliards de dollars soit 103% du PIB, tient bon grâce à son adossement au pétrole et à la dépendance de la plupart des pays industrialisés à cette ressource.
Les guerres des hydrocarbures,
au nom de la paix et de la démocratie


Le fait que l’euro et le yen soient des monnaies fortes a amené certains pays exportateurs de pétrole à souhaiter être payés dans une autre monnaie que le dollar US. S’ils y parvenaient, la valeur du dollar US diminuerait fortement par rapport aux autres monnaies, ce qui augmenterait le prix des importations aux Etats-Unis et ruinerait leur économie. On comprend dès lors que tous les pays qui annoncent publiquement vouloir vendre leur pétrole dans une autre monnaie que le dollar se retrouvent dans une ligne de mire qui tourne souvent au désastre humanitaire.
(...)

Source et suite de l'article :
Des pétrodollars aux petrowars : les dessous de la politique étrangère US via Blogapares

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